Après 18 mois de joutes oratoires, le procès du putsch de septembre 2015 a connu son épilogue le 2 septembre 2019, avec, à la clé des condamnations allant de un à 30 ans de prison. En attendant les éventuels jugements en appel, l’on retient que c’est une des rares procédures judiciaires de cette envergure conduite au pays des Hommes intègres du début à la fin sans couac majeur.

Ce qui n’était pas évident dans un climat national marqué par le terrorisme et un front social en permanente ébullition. D’ailleurs, au Burkina Faso comme à l’extérieur, ils n’étaient pas nombreux ceux-là qui croyaient à l’aboutissement de ce procès. Mais la confiance et l’abnégation nous ont guidés jusqu’au bout. Et c’est tout le peuple qui sort gagnant.

Il y a donc lieu de saluer les acteurs de la chaine judiciaire qui n’ont cédé à aucune tentation. Aussi, il faut reconnaître le mérite de l’Etat burkinabè qui, malgré toutes les adversités urgences, a pu dégager les moyens humains, matériels et financiers nécessaires pour l’organisation de ce procès historique. Autre fait marquant, les parents des victimes de ce putsch insensé ont su garder leur sang-froid. Ils l’ont fait malgré la douleur qui les rongeait et l’impatience légitime qui les animait.

De ce fait, ils méritent aussi d’être félicités parce qu’ils ont incarné l’image d’hommes intègres reconnue aux Burkinabè depuis belle lurette. Les avocats de la partie civile comme ceux de la défense ont su, tous dans leur position, jouer leur rôle ; toute chose qui a contribué au bon déroulement des débats.

En effet, ce jugement est exemplaire à plusieurs titres. Il a enseigné aux Burkinabè que dans un Etat de droit, nul n’est au-dessus de la loi et que toute personne, physique ou morale, reconnue auteur d’un fait est susceptible de le payer à la hauteur de son acte. C’est aussi un procès qui met en garde ceux qui seraient tentés de prendre le pouvoir par les armes. Ceux-ci devraient réfléchir par deux fois avant de s’engager. Il a par ailleurs rappelé au Burkinabè qu’ils peuvent désormais faire confiance à leur justice, quelque peu décriée dans un passé récent.

Ainsi donc, la réconciliation tant attendue ne devrait plus être une vue d’esprit ni une profession de foi. Elle doit connaître un début de matérialisation par des actes concrets. Ce qui favorisera sans nul doute la reconstruction de la nation.

Osons croire que le processus enclenché va se poursuivre avec les autres dossiers judiciaires emblématiques qui retiennent toujours l’attention des Burkinabè. Osons croire que la même célérité et la même efficacité prévaudront dans leur traitement afin de convaincre ceux qui sont encore sceptiques.
Osons croire que cet exploit sera à même d’étouffer toute sorte de velléité pouvant mettre à mal le vivre-ensemble, d’où qu’elle vienne.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

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