Après Tahirou Barry (MCR), Gilbert Noël Ouédraogo (ADF/RDA) et le Pr Abdoulaye Soma (Soleil d’avenir), c’est au tour de Kadré Désiré Ouédraogo (KDO) de déclarer officiellement sa candidature à la présidentielle de 2020, sous la bannière d’un parti politique.

En effet, le samedi 7 septembre 2019, le « Mouvement Agir ensemble pour le Burkina Faso » qui porte désormais sa candidature a été porté sur les fonts baptismaux à la suite de la fusion du parti « Les Républicains » et de deux mouvements associatifs, Initiative KDO et Mouvement pour la candidature et l’élection de Kadré Désiré Ouédraogo (MKDO-2020). A ces quatre candidats déjà officiels, s’ajoutent de « sérieux » prétendants dont l’entrée en lice n’est qu’une question de mois, le temps d’un congrès.

Il s’agit de l’actuel Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré qui devra défendre son fauteuil sous l’effigie du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), soutenu par de nombreux autres partis de la majorité. Comme lui, Zéphirin Diabré de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) ne devrait se faire conter la présidentielle, au même titre que le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo. Sans occulter Ablassé Ouédraogo, de « Le Faso autrement » et l’ancien Premier ministre, Yacouba Isaac Zida qui, dans une interview accordée à une télévision française en mars 2019, dit ne pas exclure la possibilité d’être candidat (du MPS du Pr Augustin Loada ?), il faut compter également avec des candidatures indépendantes.

Peut-être même plus qu’en 2015 (14 candidats), la présidentielle de 2020 mettra donc aux prises une bonne brochette de prétendants, avec autant de programmes pour
« sauver » le Burkina Faso des griffes de la pauvreté, du chômage et surtout, des terroristes. Même si la quantité des candidats n’est pas toujours synonyme de la qualité de leurs offres politiques, la campagne électorale augure de belles empoignades, qui, espérons-le, enrichiront la démocratie au pays des Hommes intègres et permettront par conséquent aux Burkinabè d’opérer en toute lucidité, le choix de celui qui va présider à leur destinée durant les cinq années à venir.

Sur le terrain politique, la campagne n’a pas encore démarré, mais qui veut aller loin prépare sa monture. A coup de reboisements, de renouvellement de structures de base, d’assemblées générales, de dons de vivres … chaque parti tisse sa toile. La tâche semble rude pour les jeunes partis, parce que le terrain politique est déjà quadrillé par leurs devanciers comme le CDP, très instable du fait de ses inimitiés internes, l’UPC, quelque peu affaibli par le départ d’une partie de ses 13 députés et le MPP et alliés qui contrôlent la grande majorité des mairies et 100% des 13 conseils régionaux. 2020, c’est tout de même une autre réalité et rien n’est gagné d’avance.

Situation sécuritaire oblige, le candidat Roch Kaboré devra défendre sa réponse à « l’invasion terroriste », alors que les autres candidats s’évertueront à mettre à nu ses faiblesses. Au regard des forces en présence, la lutte sera âpre, mais le dernier mot reviendra aux Burkinabè de l’intérieur comme de la diaspora. En attendant, les états-majors des partis et formations politiques gagneraient à s’investir sur le terrain de la mobilisation des populations à participer à la mise prochaine à jour du fichier électoral, en espérant que la crise sécuritaire, qui a déjà fait près de 300 000 déplacés internes, ne s’aggrave.

Jean-Marie TOE

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