Le Centre d’information, de formation et d’étude sur le budget (CIFOEB) a réalisé une étude sur l’analyse budgétaire globale sur le secteur de la sécurité et de la défense dont la restitution a eu lieu le mardi 17 septembre 2019, à Ouagadougou. Il ressort que de 2010 à 2019, les ressources publiques allouées audit secteur connaissent une constante hausse.

Evolution de la part des dépenses de personnel et des investissements dans le budget de la défense par période (2010-2018). Source : DGB, juin 2019

Les dépenses budgétaires destinées au secteur de la défense ont connu une hausse d’environ 25% sur la période 2016-2019 contre une augmentation de 12% pour la sécurité sur la même période. Tel est l’un des résultats de l’étude sur l’analyse budgétaire globale sur le secteur de la sécurité et de la défense de 2010 à 2019, réalisée par le Centre d’information, de formation et d’étude sur le budget (CIFOEB). La validation de ladite étude a eu lieu, le mardi 17 septembre 2019, à Ouagadougou.
D’une manière générale, les ressources publiques allouées à la défense et à la sécurisation du territoire burkinabè se sont accrues. « La forte hausse des allocations au profit du ministère en charge de la défense s’explique par la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense pour faire face au terrorisme qui menace l’intégrité du territoire », note le rapport d’étude. Alors qu’elles ont progressé de 2% et de 12%, respectivement sur les périodes 2013-2015 et 2010-2012, les dépenses budgétaires allouées à la défense nationale ont connu une augmentation d’environ 25% en 2016-2019. La part du budget de la défense dans le budget global de l’Etat est passée de 2,96% en 2016 à 3,25% en 2018, soit une part moyenne de 3,08%.

Part du budget national allouée à la défense dans les pays du G5 Sahel en 2018. Source : countryeconomy.com

Des dépenses de personnel supérieures aux investissements

L’analyse comparative des différents postes de dépenses montre qu’une part importante consacrée aux dépenses de personnel au détriment des dépenses d’investissements, au cours de la période d’étude, bien qu’elles soient en baisse. En 2010-2012, elles représentaient 77% des dépenses totales de la défense contre 72% en 2013-2015 et 61% en 2016-2018 ; elles chuteraient à 56% en 2019. Quant aux dépenses d’investissements, qui connaissent une progression constante, elles représentaient 14%, 16%, 21% des dépenses totales de la défense, respectivement sur les périodes 2010-2012, 2013-2015 et 2016-2018 ; elles seraient de 33% en 2019. Cette tendance à la hausse des dépenses d’investissements traduit la volonté politique de doter le ministère de la Défense, des moyens pour mieux faire face à l’hydre terroriste, indique l’étude. Toutefois, il importe que les dépenses d’investissements en matière de défense prennent une proportion conséquente.
L’état d’exécution de la loi de programmation militaire 2018-2022, fait ressortir un taux de réalisation de 52%, après seulement deux années (2018-2019) de mise en œuvre.
Si les parts budgétaires réservées à la défense sont en perpétuelle hausse, elles restent faibles, comparées à celles des autres pays du G5 Sahel. Alors que, selon les données de countryeconomy.com, la part budgétaire des dépenses de la défense dans le budget de l’Etat burkinabè en 2018 est de 8%, elle est estimée à 14% pour le Tchad et le Mali, 11% pour la Mauritanie et 9% pour le Niger.

Evolution des dépenses de personnel et des investissements de la sécurité sur la période 2016-2019. Source : DGB, juin 2019

Faible maillage sécuritaire du territoire national

Contrairement à ce qui est observé au niveau de la défense, la part des dépenses de personnel du ministère de la Sécurité a augmenté pendant que celle allouée aux investissements connaît une baisse continue sur la période d’étude. La part des dépenses de personnel sécuritaire est évaluée à 53% en 2016, 70% en 2017, 68% en 2018, et pourrait atteindre 70% en 2019. Quant aux dépenses d’investissements dans le domaine sécuritaire, leur part dans le budget de la sécurité est de 33%, 20%, 19%, 16% sur la même période. Cette situation ne permet pas de doter les forces de sécurité de moyens conséquents, dans un contexte sécuritaire difficile.
L’un des résultats de l’étude aussi est le faible maillage du territoire national en services de sécurité, suivant les projections de la Stratégie nationale de sécurité intérieure (SNSI) 2011-2020. L’engagement de réaliser en cinq ans 156 postes de sécurité dans les communes qui n’en disposent pas n’a pas été tenu. Car neuf ans après, ce sont 36 communes sur les 156 qui sont pourvues en postes de sécurité. Face à cette donne, les consultants préconisent une augmentation des allocations aux secteurs de la défense et de sécurité en vue de renforcer le maillage sécuritaire du territoire national. Selon le vice-président du conseil d’administration du CIFOEB, l’étude vise à donner des éléments d’appréciation de l’évolution des ressources publiques destinées à la défense et à la sécurité, ainsi que l’efficacité et l’efficience de leur allocation, dans un contexte sécuritaire des plus difficiles. Elle a été réalisée en partenariat avec OXFAM et DANIDA (Agence danoise de coopération).

Mahamadi SEBOGO
windmad76@gmail.com

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