G5-Sahel : Passons aux actions !

La communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) veut-elle prendre les devants de la lutte contre le terrorisme dans la sous-région? C’est la question que se posent bon nombre de citoyens de l’espace, depuis la décision des chefs d’Etat d’allouer une enveloppe d’un milliard FCFA à la lutte contre le phénomène au terme du Sommet extraordinaire, tenue le 14 septembre 2019 à Ouagadougou. Cette contribution financière est destinée à la mise en œuvre d’un plan d’actions quinquennal, dont l’objectif est de renforcer la lutte contre le terrorisme dans les pays du Sahel. Si ceux qui s’interrogent sur une probable prise en main de la question sécuritaire en Afrique de l’Ouest peuvent avoir raison au regard des conclusions de la rencontre, ils devraient cependant attendre le prochain Sommet ordinaire de l’instance régionale prévu en décembre 2019 pour être définitivement situés. Puisque c’est à cette occasion que les modalités du plan d’actions prioritaires de cinq ans seront entérinées par la Conférence des chefs d’Etat. Toute chose qui inquiète certains citoyens de l’espace, notamment ceux des pays membres du G5-Sahel, qui ne cessent de subir les conséquences des attaques des groupes djihadistes qui écument la région. Leur inquiétude est justifiée, vu la dégradation de la situation sécuritaire dans leurs pays respectifs (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) et surtout le drame humanitaire provoqué par les déplacements massifs de populations. Ces déplacés fuyant les horreurs des attaques terroristes se retrouvent dans des camps créés pour la circonstance ou au pire des cas, dans des habitats précaires érigés par les intéressés eux-mêmes. C’est certainement cette réalité qui a fait dire à certains analystes que pendant que nous multiplions les rencontres, les filières djihadistes gagnent progressivement du terrain, amenant des populations à la fuite. A analyser les propos de ces spécialistes en questions sécuritaires, il est plus que jamais urgent pour nos Etats de passer du discours à l’étape des actions concrètes sur le terrain. Et cela doit commencer nécessairement par une véritable mutualisation des moyens de lutte, quand on connaît les maigres ressources de nos pays. Depuis la création du G5-Sahel, sa force conjointe peine à se déployer véritablement sur le terrain, du fait d’un manque de moyens qui ne permet pas d’engager des opérations permanentes jugées très coûteuses par la coordination des Etats-majors des pays membres. Certaines sources font état de plus de 2000 attaques terroristes enregistrées ces cinq dernières années en Afrique de l’Ouest. Ce qui a coûté la vie à environ 11500 personnes. Les dirigeants du G5-Sahel avec à la tête, le président en exercice, le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, ont appelé de tous leurs vœux, à l’inscription de l’Armée conjointe sous le chapitre n°7 des Nations unies en vue de lui conférer un statut et un mandat plus robuste. Malheureusement ce plaidoyer qui allait permettre du même coup de résoudre la question du financement semble passer difficilement auprès de certaines chancelleries influentes. Le sommet extraordinaire de la CEDAO s’est penché sur la question des ressources en vue de l’opérationnalisation rapide de la force conjointe. Ce qui est une alternative salutaire face à l’attitude de la communauté internationale qui tarde à répondre à l’appel des dirigeants du G5-Sahel. Au regard des difficultés rencontrées, il n’est pas exclu qu’on se retrouve avec une armée élargie à tous les 15 pays de la CEDEAO qui engloutirait celle du G5-Sahel. Mais faut-il encore que les Etats tiennent leurs promesses de financements !

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromainj@yahoo.fr

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