Lutte contre le terrorisme : Le G5 Sahel en quête de solutions durables

Les chefs d’Etat des pays du G5 Sahel mettront une fois de plus, la communauté internationale à contribution dans la lutte contre le terrorisme.

Le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, président en exercice du G5 Sahel, présidera ce jeudi 26 septembre 2019 à New York, un événement de haut niveau, sous le thème : «Quelles solutions durables contre le terrorisme dans le Sahel». Il s’agit ainsi d’explorer, avec la communauté internationale, des solutions pérennes à l’hydre terroriste.

Une dizaine de jours après le sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), élargi aux pays membres du G5 Sahel, le 14 septembre dernier à Ouagadougou, la question de la lutte contre le terrorisme est de nouveau sur la table de leaders et dirigeants du monde à New York aux USA, en marge de la 74e Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU).

En effet, dans le cadre de la présidence du G5 Sahel pour l’année 2019 assurée par le Burkina Faso, le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré et ses pairs des quatre autres pays de l’Espace G5 Sahel veulent explorer des solutions durables au phénomène du terrorisme dans la région du Sahel.

Cela, parce que, même si elle a été longtemps considérée compte le carrefour de plusieurs phénomènes, dont la migration, les contraintes climatiques et les trafics de tout genre avec leurs corollaires de criminalités transfrontalières, la bande sahélo saharienne s’est davantage fragilisée avec la crise libyenne et l’arrivée de nouveaux groupes terroristes comme Daech, faisant désormais du Sahel, un terreau fertile des groupes terroristes. Ainsi, les attaques ont fortement détérioré les situations sécuritaires du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Tchad et de la Mauritanie.

Face à cette menace «sérieuse», les chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad ont porté sur les fonts baptismaux, le 14 février 2014, le G5 Sahel, un cadre de coordination et de coopération régionale, en vue de mutualiser leurs efforts et de relever les défis sécuritaires et de développement. Pour faire face à leur destin, les cinq Etats membres ont consenti d’énormes sacrifices à travers la création de la Force conjointe et l’adoption du Programme d’investissement prioritaire (PIP), avec l’accompagnement de partenaires bilatéraux et multilatéraux.

Malgré tout, la situation dans la zone semble préoccupante, en raison de la recrudescence des attaques induisant une augmentation du nombre de victimes (plus de 11 538 personnes tuées dans la région entre 2014 à 2019, selon la CEDEAO), de la crise humanitaire sans précédent et des conflits intercommunautaires et interreligieux entre des populations qui ont toujours vécu ensemble de manière pacifique.

Réponse urgente

Pour le président en exercice du G5 Sahel, et ses homologues, il importe donc de trouver avec les leaders et dirigeants du monde entier, une réponse urgente, efficace et globale à cette menace persistante, d’où l’organisation de cet événement de haut niveau, en marge de la 74e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Déjà, le 14 septembre 2019 à Ouagadougou, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont pris plusieurs décisions reposant sur huit axes pour venir à bout de cette guerre asymétrique.

Il s’agit du renforcement du niveau de capacités des renseignements, l’adoption d’un plan d’actions 2020-2024 avec pour objectifs la mobilisation des finances et la promotion du dialogue intercommunautaire. A cela, s’ajoutent la formation des forces de défense et de sécurité des zones sous menaces terroristes, l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel et la mise de la MINUSMA sous un mandat offensif. Ils ont également décidé de contribuer à hauteur d’un milliard de dollars US (soit près de 600 milliards F CFA) pour le financement du plan d’actions. Convaincus que sécurité et développement sont intimement liés, les chefs d’Etat de l’espace veulent donc créer des opportunités d’emplois pour les jeunes, réaliser des infrastructures et raffermir l’Etat de droit.

Jean-Marie TOE

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