Sommet action climat 2019 : Un élan mondial pour «agir maintenant» !

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré (droite) et ses pairs africains ont relevé l’inaccessibilité des Fonds verts, notamment le Fonds vert climat.

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a participé au Sommet action climat, le lundi 23 septembre 2019 au siège des Nations unies à New York, aux côtés d’une soixantaine de chefs d’Etats et de gouvernements. L’objectif de cette rencontre était de concrétiser et accélérer les actions visant à mettre en œuvre l’Accord de Paris.

La planète est à la limite du seuil fatidique où elle ne pourra plus endiguer le changement climatique au-dessous de la base des 1,5°, ni même des 2°C, selon le secrétariat exécutif de la Convention des Nations unies pour la lutte contre la désertification (CNULCD). Et pour cause, le dérèglement climatique se fait ressentir partout dans le monde, avec des conséquences (humaines, économiques, de perte de biodiversité) réelles sur la vie quotidienne des populations.

Pour obtenir des résultats durables dans tous les secteurs de la société, le Secrétaire général (SG) de l’ONU, Antonio Guteress, a convié les dirigeants mondiaux, les acteurs de la finance, des entreprises, et de la société civile au Sommet action climat, le 23 septembre 2019, pour concrétiser et accélérer les actions visant à mettre en œuvre l’Accord de Paris.

Toutefois, ce sommet organisé lors de la 74e édition de son Assemblée générale s’est tenu, le lundi 23 septembre 2019 au siège des Nations unies, en l’absence du président américain, Donald Trump à la tête du 3e pays le plus peuplé du monde avec 328 286 400 habitants (après la Chine et l’Inde) et qui s’est retiré de l’Accord de Paris de 2015. Pour Antonio Guteress, la nature riposte de la plus forte manière.

De 2015 à 2019, a-t-il dit, la planète a enregistré ses cinq années les plus chaudes. «Si nous ne changeons pas notre mode de vie, si nous n’agissons pas maintenant, c’est une augmentation de 3°C qui nous attend d’ici la fin de ce siècle. Nous ne devons pas être acteurs et témoins de ce crime contre les générations de nos fils et petits fils», a-t-il lancé aux dirigeants du monde. Le SG de l’ONU estime que le monde a assez parlé, parce qu’on ne négocie pas avec la nature.

«Ce sommet est celui de l’action pour le climat. Il faut améliorer les actions de vos gouvernements et entreprises. Les entreprises doivent travailler de manière novatrice pour nous approcher à l’horizon 2050 d’un monde à carbone neutre. Les jeunes nous proposent des solutions et exigent que nous leur rendions des comptes et ils ont raison», a-t-il clamé. Antonio Guteress a reconnu que sa génération a manqué son devoir de protéger la planète et doit par conséquent trouver des solutions.

«Ne détournez pas le regard»

Limiter le réchauffement à 1,5°C est encore possible selon les scientifiques, a-t-il poursuivi. Tout a un coût et celui le plus élevé est l’inaction, a insisté le SG de l’ONU pour qui le moment est venu de taxer le carbone et de donner une forte accélération au financement des actions climat à travers le Fonds vert climat. C’est aussi l’avis de jeunes activistes en faveur du climat comme la Suédoise de 15 ans, Greta Thunberg.

«Je ne devrais pas être ici mais sur les bancs de l’école. Vous m’avez dérobé mes rêves. Des personnes souffrent et meurent de par le monde. Nous sommes au début d’une extinction de masse alors que vous ne parlez que de croissance économique éternelle. Ne détournez pas le regard», a-t-elle alerté. Dans un message personnel diffusé, le pape François a attiré l’attention des dirigeants du monde sur l’un des plus grands défis de l’humanité.

Pour lui, les trois grandes qualités morales qu’il faut aux dirigeants du monde sont l’honnêteté, la responsabilité et le courage. «Quatre ans après l’Accord de Paris de décembre 2015, les engagements contractés restent encore faibles, loin de réaliser les résultats escomptés. Nous devons nous interroger s’il existe une réelle volonté politique pour atténuer les effets du changement climatique», a-t-il lancé.

A tour de rôle, des chefs d’Etat et de gouvernement du monde se sont succédé à la tribune pour donner leur lecture de la lutte contre le réchauffement climatique et surtout dévoiler les actions engagées par leurs gouvernements respectifs en faveur du climat.

Jean-Marie TOE
Depuis New York


Cinq projets climatiques burkinabè à financer

Comme la plupart des pays en voie de développement, le Burkina Faso subit de plein fouet les effets du changement climatique. Signataire de l’Accord de Paris, le pays a engagé des réformes pour renforcer la résilience de ses populations.

Dans les pays sahéliens, des initiatives sont déjà en cours en vue de l’atténuation des effets du changement climatique et surtout, la résilience des populations. Ainsi, le sommet extraordinaire des chefs d’Etats et de gouvernements du G5 Sahel sur l’énergie, présidé à Ouagadougou par le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a adopté le 13 septembre 2019, l’initiative «Desert to Power», de concert avec la Banque africaine de développement (BAD), visant à exploiter l’énergie solaire pour le développement socioéconomique des pays du G5 Sahel en vue de développer des systèmes de production de près de 10 000 MW de source solaire afin de fournir de l’électricité à 60 millions de personnes d’ici à 2030.

Le Burkina Faso, en abritant le 15 juin 2017, la commémoration au niveau international de la Journée mondiale de lutte contre la désertification, a soutenu l’adoption de l’«Appel à l’action de Ouagadougou pour la création d’emplois verts liés à la terre», porté par l’Initiative 3S (Soutenabilité, Stabilité et Sécurité). A cela, s’ajoute l’adoption en février dernier par les chefs d’Etat de 18 pays africains, d’un Plan d’investissement climat pour la Région du Sahel (PIC-RS).

Classé parmi les pays les moins avancés et enclavés, donc vulnérable au changement climatique, le Burkina Faso, signataire de l’Accord de Paris, endure déjà les vagues de chaleur plus fréquentes et plus longues, la raréfaction de la ressource en eau, le risque prononcé de déficit alimentaire et l’amplification des migrations.

Pour y faire face, le pays a engagé des réformes, dont la transition vers les énergies renouvelables avec la construction d’une centrale solaire (la plus grande de l’Afrique de l’Ouest d’une capacité de 33,7 Méga Watt), le lancement d’un programme national biodigesteur qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour la production et l’utilisation de méthane comme énergie de cuisson en remplacement du bois en milieu rural, l’institutionnalisation d’une Journée nationale de l’arbre, dont la première édition a eu lieu le 10 août 2019 à Tenkodogo qui a permis la mise en terre de plus de 10 millions de plants pour lutter contre l’avancée du désert.

Le pays des Hommes intègres dispose également de projets en quête de financement, notamment la création de 2 000 écovillages d’un coût de 130 millions de dollars, le projet de construction d’une centrale thermique à biomasse de déchets, d’un coût estimé à 25 millions de dollars US, le projet de construction d’une centrale hydroélectrique Bagré-Aval d’un coût estimatif de 110 millions de dollars US, le projet de construction d’une unité de Bioéthanol (pour substituer 10% de la consommation de super en 2030) d’un coût estimatif de 94 millions de dollars US et le projet de Gestion décentralisée des forêts et des espaces boisés, évalué à 54 millions de dollars US.

JMT

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