Au fil des ans, les moyens de transport se sont aussi dégradés.

Le centre d’éducation artistique et technique «Ecole du Wamdé», ouvert en 1988 au quartier Wayalghin (arrondissement n°10 de Ouagadougou), avait pour objectif d’offrir aux enfants défavorisés, un cadre d’éducation formelle et artistique. Confronté à de nombreuses difficultés, l’établissement est depuis quelques années, tombé dans une profonde léthargie au grand désespoir de sa fondatrice, la comédienne, Moussognouma Kouyaté.

Créé en 1988, le centre d’éducation artistique et technique «Ecole du Wamdé», situé au quartier Wayalghin (Arrondissement n°10 de Ouagadougou), est aujourd’hui dans un état de délabrement très avancé. Des bâtiments aux toitures fissurées, les murs lézardés, le sol envahi par de hautes herbes; des carcasses d’autobus qui servaient, autrefois au transport des pensionnaires, trônent à divers endroits du centre…

C’est un établissement désert qui frise la désolation que nous découvrons, ce samedi 21 septembre 2019, sous le regard impuissant de la responsable des lieux, la dramaturge, et comédienne, Moussognouma Kouyaté. «Wamdé faisait la fierté de tous les amateurs d’art de notre pays. A présent, l’école n’est plus qu’un champ de ruines. Elle est littéralement à plat ventre», se lamente-t-elle. Pour « Ma Kouyaté », c’est le sacrifice de toute une vie qui disparaît petit à petit. Quelques années après l’ouverture des portes du centre artistique et technique, relate-t-elle, de nombreuses difficultés ont vu le jour.

Les yeux embués de larmes, elle égrène alors un chapelet de difficultés (absence de financements, de soutien matériel, etc.). « La rareté des tournées internationales a été le point de départ de nos problèmes. Car, les retombées financières de nos différentes sorties nous permettaient de faire face aux dépenses, notamment la prise en charge des 150 enfants défavorisés que nous avions recueillis », affirme-t-elle. Au fil des ans, les locaux de la maternelle, et les différents ateliers de formation (teinture, tissage, couture, batik et broderie) fermeront ainsi tour à tour avec en toile de fond, une dégradation continue du matériel et des bus offerts par des partenaires, dont des « amis » de la ville de Fougères, en France.

La fondatrice du centre, « Ma » Kouyaté : « J’appelle les autorités, les mécènes et les bonnes volontés à venir à notre secours ».

Désespérée, Moussognouma Kouyaté lancera des cris du cœur à l’endroit de plusieurs autorités de la place. Ses appels à l’aide resteront vains. Amère, la comédienne fustige le « mutisme » général des Burkinabè par rapport à la descente aux enfers du centre d’éducation artistique et technique «Ecole du Wamdé» où de nombreux artistes-musiciens burkinabè ont fait leurs armes (Djata Ilébou, Ahmed Smani, etc.). A son avis, la situation sécuritaire du pays, et l’économie morose, ont aussi contribué à l’enlisement de son école, pourtant déclarée « association d’utilité publique ».

Ces moments pénibles n’altèrent pas cependant les souvenirs de sa première résidence dans le quartier Koulouba. « Ce fut une expérience enrichissante. Et je suis encore reconnaissante aux responsables de la base aérienne qui m’ont beaucoup soutenu dans la prise en charge de « mes » enfants », soutient-elle, étouffant à peine un sourire. Selon l’épouse du défunt acteur Sotigui Kouyaté, la ville de Callerup (Danemark) font également partie, ajoute-t-elle, de ses soutiens au tout début de l’aventure. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Moussognouma Kouyaté dit garder l’espoir que l’ « Ecole du Wamdé » fera « tôt ou tard » peau neuve, grâce au concours de mécènes, de bonnes volontés et de défenseurs de la culture africaine, et burkinabè en particulier.

Achille ZIGANI
(Collaborateur)

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