Installation d’une base militaire française à Djibo : le gouvernement dément

Le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Remis Fulgance Dandjnou et celui de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Alkassoum Maïga, ont animé, le jeudi 3 octobre 2019 à Ouagadougou, le traditionnel point de presse du gouvernement.

«Lorsque que les populations connaissent un tel émoi, sont soumises à une telle violence, on ne peut qu’accepter leur réaction et les appeler à des attitudes moins violentes. On ne peut pas leur en vouloir pour cela, car elles sont choquées et ont besoin que l’Etat soit plus présent à leurs côtés ». Telle est la déclaration du ministre en charge de la communication, Remis Fulgance Dandjnou, au sujet de la manifestation de déplacés, le mercredi 2 octobre dernier à Kongoussi. C’était hier, jeudi 3 octobre 2019 à Ouagadougou, au cours du point de presse où le porte-parole du gouvernement a aussi mentionné que l’ensemble des autorités locales travaillent à renforcer la présence étatique auprès desdites populations. L’objectif final étant le retour des déplacés dans leurs foyers habituels pour une vie normale. Le rapport du REN-LAC a été l’un des points de l’actualité abordé à l’entame des échanges. La publication est saluée par le ministre Dandjinou comme une « interpellation à améliorer la gouvernance ».

Le gouvernement n’est jamais opposé au traitement judiciaire des cas de malversations financières ou de détournements, a laissé entendre, le porte-parole qui en a voulu pour preuve, entre autres, la plainte du ministère des Finances contre deux agents de la trésorerie régionale de Bobo-Dioulasso pour malversation. M. Dandjinou a aussi salué la performance de l’athlète burkinabè, Hugues Fabrice Zango, médaillé de bronze aux jeux mondiaux de Doha au Qatar. Il a « rassuré » les participants à la 32e édition du Tour du Faso que tout sera mis en œuvre pour que la fête de la petite reine se passe bien. La présence de base militaire française à Djibo a été réfutée par le ministre en charge des relations avec le Parlement. Il a indiqué, au sujet des causes du mouvement d’humeur en perspective à l’aéroport de Ouagadougou, qu’un acteur intervenant dans le projet a manqué d’associer des syndicats, ce qui pose problème. Et de confier que l’Etat n’est pas dans la logique de fermer des aéroports au profit de celui à venir de Donsin. « Il y a des choix nécessaires de souveraineté à faire. Mais il y a aussi des éléments de rentabilité à prendre en compte pour un aéroport exploité par un opérateur privé », a-t-il signifié. Concernant le chef de corps de Dédougou relevé de ses fonctions, il a rappelé que la sanction est intervenue à la suite des dysfonctionnements relevant du ressort de l’officier concerné, officier non « incriminé sur quoi que ce soit par les rapports des forces armées nationales ».

L’enquête étant toujours en cours. Au sujet de la grève « faisant des morts » dans les hôpitaux publics, il a dit être surpris d’entendre que les organisations de défense ne se soient pas prononcées. « Ce qui se passe est extrêmement grave. J’attends leur communiqué sur ces questions », a-t-il lancé. S’agissant de l’application des dispositions du nouveau Code pénal relatives à la démoralisation des forces de défense et de sécurité, le conférencier a laissé entendre que, réticente au départ, la presse a compris, par la suite, que le texte ne la vise pas. Il a toutefois fait savoir que des actions judicaires sont en cours contre les auteurs de certaines publications.

Accroissement de l’offre universitaire en vue

Quant au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Alkassoum Maïga, il est revenu sur les résultats du baccalauréat 2019, déplorant le taux national de succès de 36,69%, en baisse par rapport à l’année dernière. Pour l’année académique 2019-2020, l’offre de formation universitaire va s’accroître avec l’ouverture des Centres universitaires (CU) de Ziniaré et de Manga. Cela après l’ouverture des CU de Tenkodogo, de Dori et de Banfora en 2018-2019 et ceux de Gaoua et Kaya en 2017-2018, selon le Pr de sociologie. Cette année académique connaîtra, aux dires de M. Maïga, la transformation des CU de Ouahigouya, de Dédougou et de Fada N’Gourma, chacun en université pleine. L’Université virtuelle, la 8e publique du pays, va commencer à fonctionner en 2019-2020 à partir de l’Institut de formation, ouverte à distance en attendant l’achèvement de ses infrastructures et des espaces numériques ouverts. L’autre information livrée à la presse est le résultat du suivi de 114 instituts et universités dont neuf de « mauvaise qualité » seront accompagnés pour être redressés, un devant fermé.
« L’Université de Ouaga II va ouvrir cette année. L’inauguration des locaux aura lieu en novembre », a rassuré Alkassoum Maïga qui a ajouté que du personnel est déjà recruté pour les nouveaux CU. Les universités privées seront, comme l’an dernier, accompagnées par les enseignants du public autorisés à y enseigner et à participer à leur gestion. L’orientation des étudiants dans le privé, l’octroi à eux de bourses ou de l’aide FONER va se poursuivre, aux dires du ministre Maïga.

Jean Philibert SOME

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