Tiendra, ne tiendra pas ? C’est la grosse incertitude qui anime les Burkinabè et l’opinion internationale actuellement au sujet de l’élection présidentielle de 2020. La vague hypothèse de départ est en passe de devenir une préoccupation prégnante vu la situation sécuritaire du pays et humanitaire.

Depuis 2016, les attaques terroristes n’ont laissé aucun répit aux gouvernants. Elles sont même devenues quasi quotidiennes ces derniers mois et années avec, à la clé, de nombreuses victimes civiles et militaires ainsi que plusieurs dizaines de « déplacés internes ». Au point que vouloir organiser aujourd’hui une élection sur l’ensemble du territoire national pourrait relever, à s’y méprendre, d’une discussion sur le sexe des anges.

En parler pourrait même confiner à « l’immoralité politique » d’un certain point de vue,En effet, l’omniprésence de la menace terroriste dans certaines zones, notamment au Sahel et à l’Est, a exigé un déploiement massif des Forces de défense et de sécurité (FDS) vers ces zones. Avec des effectifs sous tension qui se battent nuit et jour pour assurer la quiétude aux populations. La sécurisation d’environ 20 mille bureaux de vote pourrait davantage complexifier la donne sécuritaire.

La tâche est donc immense et demande beaucoup d’anticipation. Face à cette situation sous observation, les avis sont tout de même divergents. A côté de ceux qui pensent que le scrutin est difficilement tenable, du moins sur toute l’étendue du territoire, il y a ceux pour qui ces élections doivent à tout prix être organisées en novembre 2020. La deuxième approche est, de loin, la plus porteuse d’espoir pour les populations.

Pour la simple raison que la fonction première des élections est de permettre aux citoyens de choisir leurs gouvernants, qui doivent conduire leur destinée et leurs représentants, qui rédigeront et voteront la loi en leur nom au Parlement. Aussi, que d’en rajouter comme certains ont tendance à le croire, elles peuvent même constituer une « soupape de sécurité », une solution a une crise a travers la possibilité pour les citoyens de pouvoir régulièrement donner un nouveau mandat au pouvoir sortant ou exprimer une alternance.

Évitant ainsi que les désaccords politiques majeurs ne trouvent un autre terrain d’expression et d’autres modalités comme c’est souvent le cas sur le continent.Dans tous les cas, l’équation de 2020 est posée. Et la grande inconnue reste la situation sécuritaire. Le Burkina Faso se trouve donc face à un dilemme où chaque citoyen est appelé à apporter sa contribution pour dénouer l’écheveau.

Ici, les intérêts personnels ou claniques doivent être mis de côté au profit de ceux de la nation. Ainsi, il y a encore lieux que majorité et opposition, organisations de la société civile s’asseyent rapidement autour d’une table pour entamer les discussions qui vont aboutir à une décision consensuelle.

Il serait préjudiciable à tous que l’opposition se mette de côté, croise les bras pour observer comment le pouvoir qui fait face à une adversité sans précèdent, se débattre pour se démêler les pinceaux, espérant tirer ses marrons du feu. Malgré les incertitudes sur les joutes électorales, les états-majors s’activent en interne comme à l’extérieur chacun, pour vendre son projet de société à ses compatriotes vivant au Burkina Faso et à l’étranger.

Par Mahamadi TIEGNA

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