Le Fonds d’équipement des Nations unies (UNCDF en anglais) en partenariat avec l’organisation luxembourgeoise Appui au développement autonome (ADA) a organisé, le lundi 21 octobre 2019 à Ouagadougou, une formation d’une vingtaine d’incubateurs.

Le rôle bénéfique de l’accompagnement des incubateurs dans la réussite des entreprises émergentes est certain pour le Fonds d’équipement des Nations unies (UNCDF). Toutefois, il estime que le business model des incubateurs n’est pas toujours en mesure d’assurer leur pérennité ainsi que celle des entreprises appuyées. De ce fait, en partenariat avec l’organisation luxembourgeoise Appui au développement autonome (ADA), l’UNCDF a organisé, le 21 octobre 2019 à Ouagadougou, dans le cadre de la Semaine africaine de la microfinance, une formation au profit d’une vingtaine d’incubateurs du Burkina Faso et de pays de la sous-région. Ainsi, des experts du domaine ont donné aux participants, des outils et méthodologies pour d’une part, renforcer les compétences des incubateurs (business model, accompagnement pour la levée de fonds…) et d’autre part, mesurer le rapport qualité prix des services proposés. Pour le chargé de projets à ADA, Dominique Owekisa, beaucoup de personnes créent des incubateurs mais ne sont pas regardant sur la valeur ajoutée qu’elles doivent apporter à l’entrepreneur. Or, a-t-il soutenu, il est primordial que les entrepreneurs puissent avoir accès à des appuis, une expertise durable. «Nous voulons donc partager l’expérience des challenges que des incubateurs ont rencontrée partout. Nous évoquerons également des modèles économiques qui permettent d’apporter à un coût moindre des services de qualité aux entrepreneurs. Ce, afin de voir émerger des entreprises viables qui peuvent avoir un accès aux financements», a-t-il détaillé. Abondant dans le même sens, le coordonnateur terrain à l’UNCDF, Salifo Ouédraogo, a soutenu qu’à l’issue de la formation, son institution retiendra des incubateurs qui interviendront dans la mise en œuvre du Programme d’appui à la résilience économique et climatique des populations au Burkina Faso, à travers les innovations financières et digitales (PARI).

«Plus de 80% des entreprises meurent avant deux ans»

En attendant cela, la promotrice de l’incubateur, CréaHub Bintou Diallo, a relevé que cette formation vient à point nommée, car la plupart des incubateurs sont confrontés à des soucis de durabilité et de modèle économique. «On assiste aujourd’hui à une prolifération des incubateurs au Burkina Faso. C’est à la mode mais il faut qu’on réfléchisse à comment rendre cela durable aussi bien pour les incubateurs que les incubés», a-t-elle souligné. A l’écouter, les premiers cinq ans sont les plus difficiles pour les entreprises et plus de 80% d’entre elles meurent au pays des Hommes intègres avant deux ans. «Les structures qui les accompagnent, qui créent un environnement favorable autour des jeunes entrepreneurs doivent être consolidées pour qu’elles soient indépendantes, techniquement et financièrement durables», a-t-elle avancé. Ce n’est qu’ainsi, a-t-elle déclaré, que les incubateurs continueront à donner aux jeunes entreprises les appuis dont elles ont besoin.

Eliane SOME
elianesome4@gmail.com

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