La seule atmosphère doit être protégée pour espérer remporter la course contre le changement climatique.

Les Conférences des parties des Nations unies sur le changement climatique dénommées COP, ont lieu chaque année dans un pays du monde. A l’occasion, des rappels importants sont faits sur la nécessité de préserver durablement le climat. Mais, il y a urgence d’être encore plus objectif pour « crier victoire ».

L’humanité tout entière est rappelée chaque année sur l’impérieuse nécessité de préserver le climat avec en date, la dernière Conférence des parties des Nations unies sur le changement climatique (COP), en décembre 2018, à Katowice (Pologne). Ce, conformément à la Déclaration de Rio de Janeiro (Brésil) en 1992 qui a consacré une convention sur le climat avec à la clé, la réduction des émissions de Gaz à effets de serre (GES) et de son impact sur l’homme.

Au fil des ans, les COP se succèdent sur fond d’accords et d’objectifs souvent contraignants. En effet, le monde entier se souvient du Protocole de Kyoto (Japon), en 1997, relatif à la réduction globale de 5,2% des GES entre 2008 et 2012 (par rapport en 1990), l’Accord de Marrakech (Maroc), en 2001, pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique. Sur cette liste, se trouvent également, l’Accord de Copenhague (Danemark), en 2009, visant une limitation du changement climatique à la température de 2 °C et une aide des pays développés portée à 100 milliards de dollars par an en 2020, l’Accord de Paris (France), en 2015, dans le but de contenir la hausse des températures en deçà de 2 °C et de la limiter à 1,5 °C, etc.

Ces accords, faut-il le rappeler, certes, passent comme une lettre à la poste au moment de leur création, mais posent problème quand il s’agit de les mettre sur selle par les pays signataires. Et pour cause, des pays qui menacent de se retirer de certains consensus, le cas de l’Accord de Paris « boudé » par les Etats unis et qui peine à être appliqué.

C’est d’ailleurs un consentement qui cristallise les regards de nos jours, en ce sens qu’il vise la réduction significative de la température mondiale. Mais, ses limites sont inimaginables, car le désengagement du deuxième pays le plus pollueur de la planète (Les Etats-Unis), selon des statistiques, serait un véritable coup dur dans l’organisation de l’équipe mondiale de lutte contre le changement du climat.

De plus, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les engagements des Etats ne peuvent assurer qu’un tiers des réductions nécessaires pour limiter la hausse des températures repartie de plus belle (avec plus de 2% de rejet de GES entre 2016 et 2017). Aussi, le financement des pays en développement reste une équation à résoudre, couplée aux actions limitatives de l’Accord de Paris comme, entre autres, la subvention de la production et de la consommation des énergies fossiles et le développement insuffisant des Energies renouvelables (ER).

Face à ces défis, la responsabilité des pays de la planète est entièrement engagée. Chaque pays devrait faire des efforts pour résoudre la question du changement climatique à l’échelon local. En attendant un «consensus planétaire», les Etats doivent, de ce fait, mettre les bouchées doubles pour épouser des comportements et mettre en place de réelles stratégies pour lutter efficacement contre le «dérèglement» climatique.

Prendre la mesure des faits

Car, c’est difficile pour les grands pollueurs du monde, compte tenu de leurs intérêts géopolitiques, géostratégiques et économiques, de céder facilement. En d’autres termes, les pays africains n’ayant pratiquement rien à voir dans le changement climatique mondial, aux dires du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, doivent rapidement prendre la mesure des faits.

En effet, il sera question, pour eux, d’investir considérablement dans les ER pour une économie verte sans carbone au détriment des énergies fossiles comme le pétrole. Là aussi, au regard des enjeux de l’or noir, il n’est pas pensable que d’autres contrées, en plus du Pays de l’Oncle Sam, acceptent cette donne qui va troubler leurs intérêts.

Par ailleurs, la Russie et les pays scandinaves pourraient applaudir une éventuelle hausse de la température mondiale, légère soit-elle, sans réfléchir tout de suite au réchauffement excessif de la Terre pouvant entraîner, entre autres, la fonte des glaciers et des inondations dans les terres intérieures.

Ainsi, ils pourraient se moquer éperdument de la baisse de température souhaitée par les nations, espérant, quelque part, obtenir un peu de chaleur devant l’excessivité du froid. Les parties du monde, quant à elles, qui vivent du pétrodollar (argent issu de la vente du pétrole) ne seraient pas aussi prêtes à étouffer leurs dividendes pétroliers au profit des ER pour une diminution drastique des émissions de GES. Face à cette situation double, il y a lieu que les COP se penchent sérieusement sur l’acceptation réelle des pays à lutter véritablement contre les «variations» climatiques.

De façon objective, dans de telles conditions, il ne serait pas superflu de se demander s’il faut toujours continuer à tenir les COP. La question est d’autant plus pertinente que des pays africains participent chaque année à ces «ballets diplomatiques» sans réelle satisfaction.

C’est fort de ce questionnement que le Pr titulaire de Géographie et climatologue, Jean Marie Dipama, a laissé entendre, dans une des interviews accordées par le quotidien Sidwaya, que ce n’est pas le Burkina Faso, qui va se lever avec quelques techniciens pour aller discuter du devenir du climat. «Quand on quitte ces rencontres, chacun retourne à ses réalités, faisant ainsi la marche du monde», avait-il déclaré.

Parmi les grandes résolutions qui se sont donc dégagées des réunions précédentes sur le climat, figure en bonne facture le Fonds vert pour le climat qui mérite d’être opérationnalisé. Au finish, c’est bien de faire des rappels annuels sur la grande nécessité de voler au secours du climat, mais soyons plus objectifs. Et, vivement que de nouvelles orientations soient données, par les différentes parties, au prochain sommet sur le climat (COP 25), à Santiago (Chili), en décembre 2019.

Boukary BONKOUNGOU

bbonkoungou@gmail.com

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