Concertation Etat-OSC : mise en place recommandée de comités de défense du Faso

La quatrième session du Cadre de concertation Etat-Organisation de la société civile (OSC) a pris fin, le vendredi 8 novembre 2019 à Ouagadougou. Au sortir des travaux sur le thème : « Consolidation de la cohésion sociale dans un contexte d’insécurité et de terrorisme : rôles et responsabilités de l’Etat et des OSC », les participants ont formulé huit recommandations dont le rétablissement du service militaire obligatoire pour les Burkinabè âgés d’au moins 18 ans.

Au terme de leur quatrième session de concertation les 7 et 8 novembre derniers, les deux cents représentants de l’Etat et des Organisations de la société civile (OSC) ont recommandé à l’Etat de mettre en place dans chaque village un Comité de défense du Faso et de réinstaurer le service militaire obligatoire pour les Burkinabè âgés d’au moins dix-huit ans. C’est ce qui ressort de la cérémonie de clôture de la rencontre, consacrée à la lecture du rapport de synthèse, des recommandations et résolutions prises. Le rapport demande également aux syndicats un engagement patriotique favorable à une trêve sociale. Mobiliser une contribution financière populaire pour soutenir l’effort de guerre, équiper conséquemment les forces de défense et de sécurité sont aussi des suggestions des participants. Pour éviter que l’exploitation minière soit source de menace pour la paix sociale, ceux-ci ont proposé que soit adopté un référentiel unique en matière d’indemnisation des personnes affectées par les projets miniers.

L’Etat est, par ailleurs, invité à vulgariser et à veiller à l’application intégrale des textes régissant le secteur minier. Les représentants ont pris le «ferme et indéfectible engagement» de soutenir toutes les initiatives du gouvernement dans la lutte contre le terrorisme et la promotion de la cohésion sociale. Leurs deuxième et troisième résolutions consistent respectivement à accompagner l’Etat pour la tenue, à bonne date, des scrutins à venir et à mener un débat citoyen sur la gouvernance du secteur minier.

Après la lecture des différents documents, le président du Conseil national des OSC, Jonas Hien, a rappelé le « climat lourd » dans lequel a eu lieu la rencontre, climat dû à l’attaque très meurtrière du convoi de la société minière SEMAFO dans la région de l’Est, la veille de l’ouverture de la session, soit le 6 novembre. «Le deuil national décrété subséquemment à l’attaque est la raison de sursis aux échanges entre le président du Faso et les OSC. La rencontre aura lieu plus tard», a-t-il expliqué. Avant cela, a-t-il confié, une délégation des OSC ira encourager le président du Faso et le rassurer que la société civile est à ses côtés en ces moments difficiles. Quant au ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Siméon Sawadogo, il a dit prendre acte des recommandations qu’il transmettra au Premier ministre et au chef de l’Etat pour que des mesures idoines soient prises. Il a salué « l’importante résolution » des OSC de contribuer à la tenue, à bonne date, des scrutins de 2020.

Jean Philibert SOME

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