Le ministre de la Communication, Rémis Dandjinou, a animé samedi 16 octobre 2910, à Koudougou, la première conférence régionale de la communication du Centre-Ouest. A l’occasion, il a échangé avec les forces vives de la région sur l’actualité nationale.

Echanger à bâtons rompus et sans à priori. C’est l’exercice auquel le porte-parole du gouvernement s’est livré, samedi 16 octobre 2019, à Koudougou, à l’occasion de la première conférence régionale de la communication du Centre-Ouest. Face aux autorités coutumières et religieuses, politiques et administrateurs, acteurs de la société civile…, Rémis Dandjinou a d’abord expliqué la nécessité pour le gouvernement de bien communiquer. C’est pourquoi, il a assigné au Service d’information du gouvernement (SIG) de nouvelles missions centrées essentiellement sur la communication gouvernementale et mis à sa disposition des moyens conséquents. Il est aussi formé des communicateurs à l’Institut supérieur des technologies de l’information et de la communication (ISTIC). Le ministère de la Communication est aussi en cours de décentralisation. « La question de la communication est une question importante. C’est un enjeu de développement (…). Nous avons besoin de vrais communicants », a fait noter le ministre. Malgré le contexte de sécurité actuel, beaucoup de choses ont été faites au bénéfice des populations, mais les regards sont tournés vers la lutte contre le terrorisme plutôt que les réalisations socioéconomiques. A cet effet, le ministre Dandjinou a annoncé une campagne nationale d’informations pour « apporter aux populations le message du président du Faso et montrer effectivement ce qui est fait ». Il a ensuite fustigé ceux qui se sont inscrits dans une logique de désinformation notamment à travers les réseaux sociaux, devenus une source d’instauration de la peur et de la psychose. Les interlocuteurs du jour ont loué l’initiative du gouvernement qui a décidé de s’ouvrir aux populations. Mais, ils ont dit ne pas comprendre que l’exécutif dise une chose et d’autres personnes apportent la preuve contraire.

La nécessité d’une éducation aux médias

Pour Rémis Dandjinou, la contradiction, la critique et la liberté d’expression sont une richesse pour le Burkina. Il a déploré une situation dans laquelle l’on cherche à décrédibiliser les uns les autres. A titre d’exemple, il est revenu sur la « guerre des chiffres » après l’attaque de Boungou. Pendant que l’exécutif dressait un bilan de 38 morts, plusieurs sources sur les réseaux sociaux évoquaient près de la centaine de victimes. « Vous avez le droit de ne pas croire au gouvernement, mais est-ce qu’on peut cacher 50 morts ? », a demandé le ministre. Il a plutôt invité les populations à apporter son soutien aux soldats qui sont au front, et à éviter de porter atteinte à l’unité nationale. Aussi, il a les exhortés à faire un bon usage des réseaux sociaux. Ce qui passe nécessairement par une éducation aux médias. « On ne pourra jamais contrôler ces espaces. C’est un droit que les Burkinabè ont acquis. Il n’y a que notre culture et respect des choses qui peuvent nous en sortir », a souligné Rémis Dandjinou. La liberté d’expression et l’indépendance de la justice sont le socle du développement du pays des Hommes intègres. Chacun doit pouvoir dire ce qu’il veut sans être inquiété, a estimé le ministre. Il a souligné l’importance des activistes dans une société démocratique comme celle du Burkina. Le ministre s’est aussi exprimé sur l’interpellation récente de Naïm Touré. Selon lui, il fait des choses utiles et d’autres en excès. Mais, c’est à la justice de trancher. La preuve est que l’activiste a été aussitôt relâché sur décision du juge. « Il n’y a pas d’acharnement contre Naïm Touré », a affirmé Rémis Dandjinou.
Qu’en est-il du recrutement des volontaires, annoncé par le président du Faso ? Le ministre de la Communication a indiqué qu’il s’agit d’un processus qui sera dirigé et encadré par les Forces de défense et de sécurité. Le décret présidentiel précisera le contenu dudit processus. Pour lutter contre le terrorisme, « on a besoin que tout le monde participe, cela va être encadré. Mais, on ne se lève pas pour être volontaire, il y aura des enquêtes de moralité, des visites médicales… », a expliqué le porte-parole du gouvernement. Il a invité les participants à être des «relais positifs» d’informations, car personne n’a intérêt à mettre le feu au Burkina Faso.

Djakaridia SIRIBIE

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