Les activités du 5eSalon des banques et des petites et moyennes entreprises (SBPME) de l’Union économique et monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) se sont poursuivies le 8 novembre 2019, à Korhogo, en République de Côte-d’Ivoire, à travers trois panels  sur le financement du développement local, la médiation en matière de litiges commerciaux et la finance islamique.

« Financement et développement de l’économie locale », « la médiation, un outil adapté et efficace au service des PME pour la résolution des litiges commerciaux dans l’espace communautaire OHADA et UEMOA », « la finance islamique en marche pour des PME plus compétitives au service du développement local ». Ces différentes thématiques ont font l’objet de trois panels, dans le cadre de la 5e édition du Salon des banques et des petites et moyennes entreprises (SBPME) de l’Union économique et monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA), le 8 novembre 2019, à Korhogo, en République de Côte-d’Ivoire. Le panel consacré au financement de l’économie locale a été animé par sept panelistes sous la modération du conseilleur spécial du Premier ministre du Burkina Faso, Parbignalé Arsène Yoda.

Selon le panéliste Honoré Kietyeta, directeur général de l’Agence de promotion et de financement des PME (AFP/PME) du Burkina Faso, ce qui freine l’accès des PME aux financements, c’est plutôt le manque d’encadrement. C’est pourquoi, il a préconisé qu’un accent particulier soit mis sur le renforcement des capacités des promoteurs des PME. Les collectivités territoriales doivent se doter de stratégies endogènes de développement et d’appui aux PME, a-t-il ajouté. M. Kietyeta a également suggéré que les organisateurs du SBPME inscrivent la question de la sensibilisation des PME à l’intelligence économique au programme des prochaines éditions afin de leur donner les outils pour faire face à l’impitoyable guerre économique.

La BOAD finance les PME et les collectivités

Ismaïla Cissé de l’agence Côte-d’Ivoire PME a laissé entendre que les PME ivoiriennes n’ont pas de problèmes de financement mais plutôt un problème d’accès aux ressources disponibles. Pour preuve, sur 3 milliards de FCFA mis à leur disposition, elles n’ont pu consommer que seulement 40%.

Le directeur du département des financements privés de la Banque Ouest- africaine de développement (BOAD), Oumar Tembely, a pour sa part, indiqué que la BOAD dispose de mécanisme de financement des PME et des collectivités locales, suivant des critères de rentabilité économique et/ou financière des projets présentés. Et la mairie de Dakar à déjà bénéficié de ses appuis financiers, a-t-il confié.

Les PME peuvent voir leurs projets d’au moins 3 milliards de FCFA financés à hauteur de 50% par cette institution mais seulement par l’entremise d’une banque commerciale, a expliqué M. Tembely. Mais ce qui handicape l’accès des PME aux produits de la banque communautaire, c’est leur faiblesse organisationnelle, l’insuffisance de leurs fonds propres, ainsi que le plancher  de la banque d’au moins 3 milliards de F CFA. Quant aux communes, elles sont limitées par leur cadre juridique, leur manque d’autonomie financière, a-t-il poursuivi.

Pour l’expert en stratégie et intelligence économique, Armand Toé, les municipalités souffrent de deux maux majeurs : celui de la méconnaissance de leur potentiel économique et celui de faible capacité  de la mobilisation des ressources propres. Des maux qu’elles doivent impérativement soigner.

Pour faciliter l’accès aux financements bancaires, les communes, les PME et les banques doivent se parler davantage, foi du directeur générale adjoint de Coris Bank International Côte-d’Ivoire. Et d’ajouter que les PME doivent accepter se former et de fournir des états financiers fiables.

Respectueuse de la justice contractuelle

Pour ce qui est de la médiation pour les règlements des litiges commerciaux, le professeur Alfred Bama de l’Université Ouaga 2, a fait savoir qu’elle est un outil incontournable pour les PME. Car pour prospérer dans son environnement, la petite et moyenne entreprise doit savoir gérer au mieux les conflits qui naitront de ses rapports avec des partenaires que sont les banques, les collectivités, les investisseurs, etc., a-t-il insisté. La médiation est adaptée aux PME, en ce qu’elle lui évite les procès judiciaires, longs et coûteux, avec le risque imminent de foutre ses relations d’affaires en l’air.

Le dernier panel sur les finances islamiques a  été l’affaire de quatre experts du domaine. Pour camper le décor, le consultant en finance islamique, Yaya Touré, a défini la  finance islamique comme étant une technique d’intermédiation financière respectueuse de la jurisprudence islamique.Elle proscrit l’intérêt, et se contente du partage du profit ; elle se fonde sur la justice contractuelle et prend en compte les intérêts des deux parties, et ceux de leur milieu social, a-t-il expliqué. Loin d’être une finance pour musulmans, la finance islamique a l’avantage d’être plus résiliente face aux crises financières exogènes ; elle a également le mérite de disposer de divers produits financiers adaptés à toutes les couches sociales, ont relevé les panelistes. Seulement la finance islamique doit relever de la communication pour s’affranchir des préjugés qui l’entourent et se faire mieux connaître, a conclu le spécialiste Abass Cherif.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

(Depuis Korhogo, RCI)

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