Consolidation de la cohésion sociale : un appel national au patriotisme

Le Premier ministre, Christophe Dabiré, a patronné une conférence provinciale, en prélude à la célébration du cinquante neuvième anniversaire de la fête de l’indépendance, le samedi 23 novembre 2019, à Tenkodogo, dans le Centre-Est.

Le 59e anniversaire de la fête de l’indépendance est célébré, cette année, à Tenkodogo, dans la région du Centre-Est sous le thème : « Cent ans de création du Burkina Faso : devoir de mémoire et engagement patriotique en vue de la consolidation de l’Etat-Nation ». Autour de cette thématique principale, s’articulent trois sous-thèmes à savoir : « La lutte des élites voltaïques en vue de la naissance de l’Etat postcolonial : leçons et perspectives », « La contribution des mécanismes traditionnels de gestion des conflits à la consolidation de la cohésion sociale » et « La consolidation de l’Etat-Nation burkinabè à l’épreuve des défis sociaux et sécuritaires : leçons et perspectives ».

Ils ont été développés, le samedi 23 novembre 2019, à Tenkodogo, par « d’éminents » professeurs d’université burkinabè, au cours d’une conférence provinciale patronnée par le Premier ministre, Christophe Dabiré. Les présentations des différents sujets évoqués, ont été modérées par le consultant international en communication, Pr Serge Théophile Balima. Le premier communicateur, Pr Magloire Somé, spécialiste en Histoire religieuse contemporaine, a rappelé l’évolution du Burkina Faso depuis la création de la Haute-Volta en 1919 jusqu’à son indépendance dans les années 1960.

Une intégrité légendaire

Pour lui, les élites voltaïques ont toujours manifesté le sentiment d’attachement à la patrie, de respect de la chose publique, d’intégrité et de sauvegarde de l’Etat et de son administration. Le deuxième exposant, Pr Albert Ouédraogo, spécialiste de littérature orale africaine, a d’emblée déclaré que : « La tradition est à la culture ce qu’est l’oxygène à la vie ». Selon lui, l’on ne peut pas construire une nation en faisant fi des religions endogènes. Il faut, donc, à son avis, valoriser les méthodes traditionnelles à l’image de la parenté à plaisanterie, pour construire des liens solides afin d’éviter les querelles et les conflits. Une culture malade est au service du mal et va devenir mortifère, a-t-il prévenu, avant de proposer, entre autres, le combat de toutes les formes d’injustice à travers un Etat capable et la connaissance des régions du Burkina Faso dans les établissements scolaires.

« La cohésion ne s’obtient que lorsque chaque individu prend conscience de sa citoyenneté », a ajouté Pr Albert Ouédraogo. La situation sociopolitique actuelle, prend sa source, aux dires du Pr Luc Marius Ibriga, spécialiste de droit public, à la fin des années 1990. Elle a, a-t-il relaté, atteint son point culminant avec l’insurrection populaire en 2014 et se caractérise aujourd’hui par l’insécurité et la défiance de l’autorité de l’Etat. Face à ce qu’il a qualifié de faiblesse du sens de l’Etat, de cohésion sociale malmenée, l’affaiblissement du sens civique, etc., il faut, a-t-il proposé, investir « massivement » dans la construction de la nation burkinabè sur la base de la tolérance, la justice et la vérité. Car, a-t-il expliqué, la solution fondée sur le triptyque vérité-justice-réconciliation n’est pas une fin en soi mais un processus.

Ce panel, pour le président du comité d’organisation du 11-Décembre 2019, Siméon Sawadogo, est une « véritable » occasion de réflexion et de partage d’expériences pour la consolidation de l’Etat-Nation. Quant au maire de la commune de Tenkodogo, Harouna Ouélogo, il a salué la tenue de cette conférence provinciale qui honore sa cité. A la fin des communications, aux forces vives du Centre-Est, le Premier ministre a lancé un appel, au nom du Président du Faso, à faire des valeurs ancestrales de courage, de patriotisme, d’intégrité, de pardon, de solidarité, du vivre-ensemble notamment, des boussoles en ces temps difficiles. « Nous devons y puiser les éléments essentiels à la reconstitution de notre tissu social et travailler à faire en sorte que le climat social soit apaisé », a-t-il soutenu.

C’est une lutte, a avisé le Premier ministre, qui incombe à tous les Burkinabè d’où cette déclaration du Chef de l’Etat relayée à partir de Tenkodogo qui doit abriter les festivités du 11-Décembre 2019. Il a, en outre, invité les gouverneurs à en être des relais dans leurs régions respectives. A l’entame de la rencontre jalonnée par des sketchs de sensibilisation au respect des valeurs patriotiques, une minute de silence a été observée en mémoire des victimes de l’insécurité au Burkina Faso.

Boukary BONKOUNGOU

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