Projet de loi portant fixation de quota : des organisations dénoncent l’absence de mesures dissuasives

Le cadre de concertation des organisations intervenant sur le genre et la participation politique des femmes a organisé une conférence de presse, le samedi 23 novembre 2019, à Ouagadougou pour dénoncer des insuffisances sur le projet de loi portant fixation de quota.

Le projet de loi portant fixation de quota et modalités de positionnement des candidates et candidats aux élections législatives et municipales au Burkina Faso, après son adoption en conseil des ministres le 11 octobre 2019, sera examiné le 5 décembre prochain. Après analyse, le cadre de concertation des organisations intervenant sur le genre et la participation politique des femmes dit avoir relevé des insuffisances qu’il a dénoncées au cours d’une conférence de presse, le samedi 23 novembre 2019 à Ouagadougou. « Nous avons noté l’absence de mesures dissuasives », a révélé la porte-parole du cadre, Martine Yabré. Pour elle, aucune sanction n’est prévue pour les partis politiques ou regroupement de partis ou d’indépendants qui ne respectent pas le quota.
La loi dispose, selon elle, que seuls ceux qui le respectent auront un surplus dans le financement de la campagne.

« Tout parti ou regroupement de partis ou d’indépendants pourrait, alors, faire le choix de ne pas respecter la loi sur le quota et avoir la subvention », a-t-elle regretté, ajoutant que la disposition est incomplète et ne garantit pas l’application des articles contenus dans ledit projet de loi. Pour Mme Yabré, le gouvernement est en train de mettre à mal la jeune démocratie burkinabè et de nuire au renforcement de la cohésion sociale. Soutenues par les jeunes et toutes les personnes éprises de paix, les femmes du Burkina Faso, selon les propos de la porte-parole du cadre, dénoncent « l’hypocrisie, la malhonnêteté de certains hommes politiques et l’absence de volonté politique de l’exécutif à respecter ses propres engagements ». En dernier recours, elle a appelé à la responsabilité historique de l’Assemblée nationale. Martine Yabré propose à la Représentation nationale comme sanctions que toute liste de candidature présentée dans une circonscription électorale et sur la liste nationale lors des législatives et municipales qui ne respecte pas la loi perde la totalité du financement au titre de la campagne pour la liste incriminée. Elle a suggéré également qu’un parti dont les listes de candidature présentées sur l’ensemble des circonscriptions électorales ne comportent pas en tête de liste titulaire au moins 30% de l’un ou l’autre sexe, perde le tiers du financement global au titre de la campagne.

Par ailleurs, La porte-parole du cadre a précisé que même ce qui est proposé pour renforcer l’actuel projet de loi ne règle pas le problème de représentation minimale de 30% de l’un ou l’autre sexe à l’AN ou des conseils municipaux, l’esprit de la loi étant de garantir la représentation minimale de 30%.

Tielmè Innocent KAMBIRE

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