Les communications de la 11e édition des UACO du mercredi 27 novembre 2019 ont porté sur les entreprises de presse face au défi de la mondialisation.

Avec l’avènement des réseaux sociaux, la multiplication des canaux de communication et des supports de l’information, les participants aux Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) ont porté la réflexion sur le thème : « Les entreprises de presse face au défi de la mondialisation ». L’enseignant à l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication, Ismaël Bicaba, a axé son intervention sur « Le journalisme et la démocratisation de l’information : la mutation des moyens de transmission traditionnelle au Burkina Faso ». De son avis, la presse écrite et l’édition numérique d’informations sont au cœur de la mutation des moyens de communication. «  L’imprimé de presse a été digitalisé et prend forme  sur la tablette, le smartphone, l’ordinateur du bureau. Sidwaya Quotidien, Le Pays, L’Observateur Paalga, Courrier Confidentiel, d’un canal respectif, sont devenus deux voire trois canaux d’informations de façon simultanée », a-t-il dit. C’est pourquoi, selon lui, il est nécessaire pour les médias publics de se réinventer pour répondre aux attentes des citoyens. Il a aussi montré l’importance des newsletters pour faire face à la mondialisation. « Cela permet d’informer les clients de l’actualité de l’entreprise, maintenir un contact régulier avec ses clients et augmenter le trafic sur le site en incitant les abonnés à le visiter », a-t-il dit. M. Bicaba a signifié que la presse au futur se conjugue avec l’innovation et l’audace. Pour cela, a-t-il ajouté, quatre facteurs sont importants.

Il s’agit du recrutement et la conservation des talents en vue de faire bouger les lignes, du temps pour aller vite, de la veille pour être au courant de tout. Une autre communication portant sur « Médias publics africains et défis de la mondialisation : la problématique de l’efficacité managériale: cas de la RTB/Télé » a été animée par le journaliste des Editions Sidwaya, Mahamadi Sebogo. Il a, dans la même veine, indiqué que dans un contexte de mondialisation marqué de profondes et incessantes mutations et par une offre médiatique plurielle et diversifiée, les médias publics sont « condamnés à se réinventer », comme l’a souligné Dr Régis Balima, dans son article Les médias publics face au défi du pluralisme et de la convergence. Il a suggéré, qu’ils soient performants. « Les médias publics africains sont obligés de sortir de leur confort du passé et reconsidérer les vieux codes et modes de gestion », a-t-il dit.

S’intéresser à l’information de proximité

L’Afrique doit reprendre de l’initiative dans sa communication sur elle-même, par elle-même et pour elle-même, a argué M. Sebogo. En sus, il a affirmé que pour relever les défis, les acteurs du top management, du middle management et du management opérationnel doivent véritablement s’impliquer. A ce niveau, il a précisé que comme particularisme du management des médias, il y a la complexité de la tâche de planification. « L’autre élément caractéristique du management des médias est le difficile équilibre qu’il faut trouver entre rentabilité économique et succès éditorial. Cette situation engendre souvent des tensions entre la direction commerciale et les services de la rédaction », a-t-il souligné. A ses dires, il y a des contraintes qui impactent négativement l’efficacité du management des médias. Il s’agit notamment du faible financement de la télévision publique qui l’empêche de remplir ses obligations en termes d’offre informationnelle plurielle. Aussi, il a déclaré que sans une ressource humaine qualifiée, il est impossible de répondre à l’obligation faite à la télé publique de créer, d’innover.

Le dispositif communicationnel doit aussi être renforcé et les conditions de vie et de travail des professionnels de l’information améliorées, a lancé le journaliste. Le secrétaire général du Forum des éditeurs africains, Makan Koné, lui, a présenté sur le thème : « Quel avenir pour la presse écrite ? Cas du Mali ». Il a laissé entendre que la mévente est un véritable problème pour la presse écrite. « Le Malien s’informe sur le Net ou photocopie les journaux au lieu d’en acheter », a-t-il déploré. Pour lui, les sites d’information impactent négativement la presse écrite. C’est la raison pour laquelle, il a interpellé les journalistes à plus de crédibilité. Les médias, a-t-il soutenu, doivent assurer la création et l’animation de diverses rubriques, s’intéresser à l’information de proximité.

Mariam SOMDA

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