Le DG de la CNAMU, Dr Yves Kinda : «Les besoins sont immenses en matière de santé au profit des indigents. Nous sommes donc obligés d’aller dans la progressivité. Mais le programme sera par la suite étendu à toutes les autres régions».

La Caisse nationale d’assurance maladie universelle (CNAMU), a initié une tournée de sensibilisation dans la région de la Boucle du Mouhoun, les 28 et 29 novembre 2019. Il s’est agi pour le directeur général, Yves Kinda et sa délégation, d’aller au contact des leaders religieux, coutumiers et l’ensemble des populations pour leur expliquer les enjeux de cette mesure.

Le Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) est en phase de mise en œuvre au Burkina Faso. Et deux régions ont été choisies comme zones- pilotes. Il s’agit des régions de la Boucle du Mouhoun et des Hauts-Bassins. La Caisse nationale d’assurance maladie universelle (CNAMU) a la lourde tâche de permettre une bonne exécution de cette mesure voulue par l’exécutif. Ainsi, les 28 et 29 novembre 2019, une forte délégation conduite par le directeur général de la CNAMU, Dr Yves Kinda, a séjourné à Dédougou.

Après avoir présenté la CNAMU et le RAMU aux habitants de la localité, le DG de la caisse s’est rendu chez le grand imam de Dédougou, le chef de canton et chez les autorités protestantes et catholiques de la province. Partout, le message a été clair : «L’Etat dans sa politique de solidarité a pris l’engagement de prendre en charge les populations les plus pauvres de notre pays que nous appelons dans notre jargon technique les indigents. Le président du Faso a donné instruction qu’ils soient pris en charge exclusivement par le budget de l’Etat, comme c’est le cas de la gratuité pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans».

Il a fait comprendre aux participants venus nombreux à la salle de conférence de la mairie de Dédougou, que ce sont 44 084 personnes dans la Boucle du Mouhoun qui seront pris en charge gratuitement. «En principe, au cours du mois de décembre, les soins seront disponibles immédiatement pour ces personnes sous présentation de leur carte d’indigent», a annoncé Dr Yves Kinda. Il a précisé que la notion de personne indigente désigne la personne démunie, qui n’a pas de ressources propres pour assurer la prise en charge de sa santé et qui n’a aucun soutien exogène de la famille, d’une association, etc.

Les consultations, l’hospitalisation, la chirurgie, le transport médicalisé, les examens médicaux et les médicaments sont pris en charge à 100% par l’Etat au niveau des Centre de santé et de promotion sociale (CSPS), les Centre hospitaliers régionaux (CHR), les Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA). «Les soins sont illimités. Autant de fois que vous êtes malades, autant de fois que vous serez pris en charge», a affirmé Dr Yves Kinda.

Satisfecit des bénéficiaires

Dans la Boucle du Mouhoun, les populations se sont mobilisées, preuve de leur intérêt pour l’AMU. 

Le grand imam a promis d’accompagner la mesure et de sensibiliser ses pairs de sorte à ce qu’ils adhèrent à la mesure. «La solidarité est prônée dans les livres saints. Toute initiative visant à aider les plus pauvres est à saluer. De notre côté, nous allons nous mobiliser pour que l’AMU soit un succès dans notre région», a-t-il dit. Du côté des bénéficiaires directs, le système est à saluer.

C’est le cas d’Idrissa Bikienga, responsable régional du syndicat des chauffeurs routiers. Pour lui, l’Etat doit accélérer l’exécution de l’AMU et son élargissement à l’ensemble de la population. Même son de cloche chez Fadima Amane Sangaré, présidente de la coopérative simplifiée d’emboucheurs de bovins de Dédougou. Elle a promis être un relais auprès des membres de son association pour une meilleure compréhension de l’AMU et surtout une mobilisation pour adhérer.

Dans la région de la Boucle du Mouhoun, le travail de terrain sera fait par l’Association Songui Manégré/Aide au développement endogène(ASMD), une structure partenaire de la CNAMU. C’est cette ONG qui a été retenue pour procéder à l’identification des personnes indigentes, sur la base de critères définis par la CNAMU dans la région. Selon la Secrétaire permanente de l’ONG ASMADE, Juliette Compaoré, leur mission se passera en trois phases. La première étape consistera à l’enrôlement des personnes indigentes.

Une étape nécessaire qui leur permettra d’avoir des cartes. Ces cartes leur permettront une fois dans un centre de santé, de se faire prendre en charge. La deuxième phase est l’organisation de tout le travail de mobilisation sociale, d’information, de communication sur le terrain. «On peut être retenu sur la liste des personnes indigentes et ne pas être informé des bienfaits de ce programme», a souligné Mme Compaoré.

La troisième et dernière étape de l’intervention de l’ONG ASMADE est de faciliter l’accès aux services dans les centres de santé, en informant et en travaillant avec les directions régionales de la santé, les districts, les différents CSPS pour mettre à disposition l’information et la documentation pour faciliter la prise en charge des personnes qui sont enrôlées. «Nous allons aussi coordonner la concertation entre les acteurs pour pouvoir déceler les problèmes qui se poseront pour faciliter l’accès aux soins de santé», a soutenu Juliette Compaoré.

Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

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