L’examen des intérêts civils dans le cadre du procès du putsch 2015 a repris, hier jeudi 26 décembre 2019, au tribunal militaire de Ouagadougou. Après les plaidoiries des parties prenantes au dossier, le délibéré du jugement a été renvoyé au lundi 13 janvier 2020.

Le procès du putsch manqué de 2015 tire vers sa fin, en ce qui concerne l’examen des intérêts civils. C’est ce qui ressort des débats qui ont repris, le jeudi 26 décembre 2019 au tribunal militaire de Ouagadougou. En effet, les avocats des parties civiles et de la défense, après avoir pris connaissance des écritures formulées par les uns et les autres, ont fait, chacun en ce qui le concerne, leurs plaidoiries en faveur de leurs clients. Les avocats de la partie civile, eux, ont indiqué s’en tenir aux écritures formulées dans les différents dossiers espérant que le droit soit dit en faveur du dédommagement de leurs clients ayant été victimes au cours du 16 septembre 2015 et jours suivants. Par contre, du côté de la défense, les avocats ont réitéré leur demande de la garantie de l’Etat burkinabè qu’ils jugent « civilement responsable » de tous les dommages enregistrés pendant le putsch. Ils ont soutenu que c’est l’Etat qui était l’employeur de leurs clients au moment des faits pour lesquels ils ont été condamnés. « C’est une faute de service. L’administration, c’est l’Etat. Par conséquent, c’est lui qui doit réparer », a martelé Me Mamadou Sombié. Bien plus, certains d’entre eux ont fait savoir que certaines réclamations produites par la partie civile ne sont pas en conformité avec les faits pour lesquels des accusés ont été condamnés. « Des victimes ont formulé aveuglement leurs réclamations sans avoir en tête les infractions pour lesquelles nos clients ont été condamnés », ont-ils martelé. En conséquence, ils ont demandé au président du tribunal d’avoir des preuves tangibles qui démontrent la cohérence entre le préjudice subi et les dommages et intérêts réclamés. Toutefois, les conseils de la défense ont indiqué qu’au cas où le tribunal trouverait leurs plaidoiries infondées, qu’ils condamnent solidairement l’Etat car, responsable de tout ce qui est arrivé. Les mis en cause, eux, n’ont rien trouvé à redire dans les discussions et s’en tiendront aux propos de leurs avocats. Pour les appels en garantie de l’Etat répétés de la défense, le parquet a estimé qu’ils sont sans fondements. En cause, l’Etat ne saurait être, pour le parquet, responsable car n’ayant pas été appelé au moment des débats de l’action publique, dans le cadre du procès. A l’issue des échanges, le président du tribunal a renvoyé le délibéré du jugement pour le lundi 13 janvier 2020.

Soumaïla BONKOUNGOU

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