Projet de développement intégré communal pour la REDD+

Des journalistes ont visité du 16 au 21 décembre 2019 dans la région de la Boucle du Mouhoun, des réalisations entrant dans le cadre de la mise en œuvre du projet de développement intégral des communes. La visite a concerné les communes de Dédougou, Tchériba, Douroula et Boromo.

Dans le cadre du Programme d’investissement forestier(PIF), le Projet de développement intégré communal pour la REDD+ (PDIC/REDD+), a été mis en place au profit de 32 communes du Burkina Faso. Ainsi, elles ont bénéficié chacune d’une enveloppe de 140 000 000 FCFA pour la réalisation des investissements pour contrer les actions négatives de l’homme sur la forêt. Pour constater les différentes réalisations, des journalistes ont sillonné les communes de Dédougou, Douroula, Tchériba, Boromo dans la région de la Boucle du Mouhoun du 16 au 21 décembre 2019. La première étape de la caravane a concerné la commune de Dédougou. Là, les journalistes ont visité une fourrière dans le village de Kari. Selon le point focal du PDIC, Alpha Sidibé, la fourrière, bâtie sur une superficie de 100 m2 a pour objectif de diminuer un tant soit peu, la divagation des animaux tout en sauvegardant la forêt. « Cette infrastructure permet aussi d’engranger des ressources pour la commune, car pour une tête (de bœuf ou de chèvre) mis en fourrière, le propriétaire doit payer 2500 F CFA ou 750 F CFA selon le type d’animal, avant de rentrer en possession de son ruminant. Cela évite également la perte des troupeaux dans la localité », a soutenu le président du comité de gestion de la fourrière, Lota Fofana. Dans la forêt communale de Kari, (1025 ha), des actions de renforcement ont été menées à savoir la plantation de 12 500 arbres, la construction d’un puits à grand diamètre réalisé à l’intérieur de la forêt pour arroser les plants en cas de stress hydrique. « Un comité de surveillance a été mis en place et les membres ont été dotés de vélos pour faciliter leur mobilité », a relevé Alpha Sidibé. Pour le maire de commune de Dédougou, Karim Kondé, les investissements du PDIC, en plus du village de Kari ont concerné aussi les villages de Sokoura, de Koré et de Ouétina. « Ce sont donc des fourrières, des puits à grands diamètres et un périmètre maraichers qui ont été construits. Cela va certainement redonner vie aux forêts. Car, nous y tirons une partie de nos ressources naturelles. Aussi, toutes ces actions de résilience participent à l’éveil des consciences et ces réalisations pourront être dupliquées dans d’autres localités », a-t-il relevé.

« Nous ne coupons plus les arbres »

Et Elisabeth Ily, une habitante de Kari d’indiquer que la population a compris le bien-fondé de la sauvegarde des forêts. « La preuve, nous ne coupons plus les arbres grâce à cette forêt, nous avons accès facilement aux produits forestiers non ligneux et au bois mort pour faire la cuisine », a-t-elle précisé. De la commune de Dédougou, les journalistes se sont rendus dans la commune de Douroula, située à une vingtaine de kilomètres pour « inspecter » un magasin de warrantage dans la commune de Douroula. Il peut contenir 60 tonnes de vivres. A entendre le chef de zone de l’agriculture de la commune de Douroula, Jules Aziz Ouattara, cette infrastructure permet à plus d’une centaine de personnes de garantir leurs produits afin de faire face au besoin et mener d’autres activités génératrices de revenus. Ce qui réduit la pression de la population sur la forêt. « Ce système permet aux producteurs de mettre en garantie leurs produits et avoir de l’argent pour faire face aux besoins. Au moment, opportun ils peuvent les revendre pour solder la dette et bénéficier du surplus » a souligné, le producteur Blahima Konaté. La plus-value, de l’avis du maire de la commune de Douroula, Blamami Koté, est de pouvoir vendre au moment opportun pour avoir la possibilité de récupérer sa production une fois la dette soldée. « Tout cela pour réduire la pression anthropique sur la foret », a-t-il mentionné. Selon lui, un autre magasin a été réalisé dans le village de Tchérébé. En plus, il y a la réalisation des puits à grands diamètres, un jardin maraicher, le don des équipements pour le fourrage des animaux, la formation en technique de compostage de 200 personnes et le reboisement de 3125 plants dans la forêt communale et 3125 dans celle du village de Tchérébé.

Des infrastructures qui protègent les forêts

Dans la commune de Tchériba, les caravaniers ont visité un parc de vaccination pour bétail dans le village de Banouba d’une capacité de 200 têtes de bovins. «Cette infrastructure vient diminuer le nombre de parcs de vaccination en bois. Du même coup, elle réduit la coupe abusive du bois pour les constructions de ces types d’infrastructures. En sus, au lieu de mobiliser dix personnes pour effectuer le travail dans un parc en bois, il suffit de deux personnes avec le parc moderne. Ce qui réduit le temps de travail. Il est très bénéfique pour nous, et pour la population », a expliqué l’agent d’élevage de la commune de Tchériba, Enok Tamini. Pour une gestion durable de l’enclos, un comité de gestion a été mis en place. Et le président du comité, Toahou Bailou de renchérir qu’il est prélevé la somme de 25 FCFA par tête d’animal pour son entretien. A l’issue de cela, les journalistes ont visité une zone de conservation, détruite. Grace à la plantation de 28 000 plants, cet espace est en passe de redevenir une forêt. A cela s’ajoute les techniques de récupération de la terre par les cordons. Pour le 1er adjoint au maire de la commune de Tchériba, Yacouba Dissa, ces fonds ont permis également de réaliser des forêts villageoises, des forages pastoraux et des parcs dans les villages de Tierkou et Douroukou. « Ainsi, nous avons pu récupérer plus de 95 ha de terrains dénudés », a-t-il indiqué. La dernière étape de la caravane a concerné la commune de Boromo. Dans cette commune, l’aménagement de verger, des reboisements, des réalisations de parc de vaccination, de forages pastoraux, des pistes à bétail et des formations des membres du Comité de gestion (COGES) ont été les activités menées. Les villages de Virou, Lapara et Wako dans la commune de Boromo ont été retenus pour bénéficier de ces réalisations. « La réalisation d’un verger et la réhabilitation d’un bosquet vont permettre non seulement d’absorber un taux important de carbone, mais aussi ont un avantage pour les populations, car elles pourront cueillir plus tard les fruits de ces arbres », a confié le 1er adjoint au maire de Boromo, Souleymane Guira. En effet, ce sont des manguiers, goyaviers qui ont été plantés. En rappel, Le PDIC pour la REDD+ est une approche innovante et décentralisée pour une gestion durable des forêts et espaces boisés dans le contexte de la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la déforestation et à la dégradation des forets(REDD+). Elle consacre la commune comme maître d’œuvre des projets d’investissements. C’est l’un des principaux projets du Programme d’investissement forestier (PIF). Il est financé par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne et le Fonds de partenariat pour le carbone forestier à hauteur de 42 800 000 US (environ 21 400 000 000 F CFA).

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

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