De l’espoir

Yirgou pour commencer. Arbinda pour boucler… ou du moins, espérons-le vivement. L’année 2019 s’achève comme elle a commencé. Sous les coups de boutoir de l’hydre terroriste et des affrontements intercommunautaires. Touché, le 3 janvier 2019, par l’un des pires massacres de son histoire à Yirgou dans le Centre-Nord, le pays a eu de la peine à s’en remettre, tant le rythme quasi quotidien des attaques avec leurs lots, de victimes militaires et civils, de blessés, de déplacés internes et d’écoles fermées, aura été particulièrement intense.

Depuis que le Burkina Faso est passé en 2015 dans le viseur des narco-djihadistes, 2019 est à l’image grossie des trois précédentes années passées sous une menace terroriste diffuse, difficile à endiguer. Cela, dans des dimensions inversement proportionnelles aux importants efforts consentis dans le domaine de la sécurité. Si l’évolution en dents de scie de la situation sécuritaire a de quoi tourmenter, ce qu’il nous a été donné de voir et d’entendre ces 12 derniers mois permet d’espérer une reprise en main totale de la situation et la réduction des attaques.

L’horizon se dégage, pour la simple raison que l’armée burkinabè est à l’offensive au point que les IANI (Individus armés non identifiés) chercheraient, coûte que coûte, à laver l’affront subi à Arbinda, le 24 décembre 2019, où 80 terroristes ont péri. Il y a lieu aussi d’espérer, vu la détermination des « boys », l’acquisition de moyens logistiques conséquents notamment aériens et le renforcement de la cohésion entre les différentes composantes des Forces de défense et de sécurité (FDS).

En effet, de sources sécuritaires, plus qu’une montée en puissance des FDS en 2019, on assiste à une meilleure adaptation à cette guerre asymétrique et à une plus grande synergie entre elles. En témoigne la visite, le 29 octobre 2019, du Chef d’Etat-major général des armées (CEMGA), le général de brigade, Moïse Miningou, à la Direction générale de la police nationale (DGPN). Une visite nécessaire, car les jours qui ont suivi, policiers et militaires se sont donné la main pour faciliter le ravitaillement de la ville de Djibo en carburant. Cela participe de l’amélioration des rapports entre les forces armées et les corps paramilitaires.

En attendant une nouvelle année porteuse d’espoir, il va falloir continuer à faire face à la menace terroriste avec les moyens du bord. En dépit de cette menace et des tensions sociales, les perspectives économiques du Burkina Faso sont restées plutôt bonne en 2019. En atteste le franc succès du dernier emprunt obligataire du pays qui a réussi à maintenir sa note souveraine. Cependant, la production céréalière de la campagne agricole 2019/2020 accuse une baisse de 2,92% par rapport à la précédente, pendant que la production des cultures de rente (le coton essentiellement) s’apprécie de 25,38%.

Il faut donc croire que l’excédent de la production céréalière nationale (204 626 tonnes) permettra à chaque Burkinabè non seulement de boire et de manger, mais aussi de subvenir aux besoins vitaux des milliers de déplacés. L’inauguration du 3e plus grand barrage du pays, celui de Samendéni dans les Hauts-Bassins, de deux banques commerciales et autres actions, insuffleront un nouveau dynamisme à l’économie nationale. Comme si de rien n’était, la situation nationale et les incessants appels présidentiels à la trêve sociale n’ont aucunement calmé les ardeurs revendicatives des travailleurs du secteur public.

Une nouvelle forme de lutte a été expérimentée en 2019. Il s’agit des mouvements d’humeur qui ont, quelque peu tempéré la relance de l’économie tant attendue. Pour la nouvelle année, l’annonce de l’élargissement de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) aux primes et indemnités des fonctionnaires pèsera certainement dans les relations entre les travailleurs et le gouvernement.

Pourvu que le souci d’équité et l’esprit de concertation prévalent, en lieu et place des bras de fer préjudiciables à l’activité économique et à la productivité dans l’administration publique. Après le procès à rebondissements du coup d’Etat manqué de septembre 2015, les gages de réconciliation donnés çà et là, 2020 ne devrait pas sacrifier les bonnes intentions exprimées à l’autel des ambitions électorales et des guerres de positionnements. La paix, la cohésion sociale et le développement socio-économique en dépendent.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

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