L’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) tient, du 6 au 10 janvier 2020, à Koudougou, sa session 2019 du cadre de concertation des organes de contrôle de l’ordre administratif.

De plus en plus sollicitée, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) veut exécuter ses missions avec « plus de rigueur et de professionnalisme », surtout dans un contexte de raréfaction des ressources. A Koudougou, les organes de contrôle de l’ordre administratif échangent, du 6 au 10 janvier 2020, en vue de faire le point des meilleures pratiques de l’année écoulée et définir le programme d’activités de 2020. Outre les conséquences d’ordre économique des attaques terroristes, l’Etat doit assurer ses obligations traditionnelles de répondre aux besoins essentiels de la population. C’est pourquoi, selon le contrôleur général d’Etat, Luc Marius Ibriga, l’utilisation rationnelle et efficace des ressources publiques s’avère un impératif de survie, si l’on veut réhabiliter le sens de l’Etat et du bien commun. C’est là que les organes de contrôle de l’ordre administratif ont une grande responsabilité, a-t-il estimé. « Une rigueur sans complaisance et un professionnalisme respectueux des procédures sont le gage d’un contrôle de qualité qui ne peut que produire de bons résultats », a dit le contrôleur général d’Etat. Pour lui, il faut plus de rigueur en ce qui concerne l’utilisation de l’argent public. A titre illustratif, l’ASCE-LC a ouvert le débat sur la question du secret-défense, dans le but, qu’une réflexion soit menée sur le contenu du secret-défense afin qu’il ne soit pas un alibi de dissipations de deniers publics. « En cette période, nous devons être très intransigeants sur l’utilisation de l’argent public et lutter suffisamment contre la corruption », a dit M. Ibriga. Au titre de l’année 2019, l’institution a enregistré plus d’une trentaine de dénonciations (faites par la population) et de nombreuses révélations dans la presse écrite et sur les chaines de radio, à travers les émissions interactives. Elle a pu explorer une vingtaine de cas de dénonciations, dont plus d’une quinzaine fondée. « Certains ont été avérés, et d’autres se sont révélés non fondés. Ce qui nous réconforte, c’est de voir que les citoyens font confiance à l’ASCE-LC et participent ainsi à la défense du bien public », a expliqué le contrôleur général d’Etat, Luc Marius Ibriga. Avec le capital de confiance acquis, l’institution outille ses membres pour améliorer ses prestations. Le cadre de concertation des organes de contrôle de l’ordre administratif se veut une occasion d’identifier les difficultés liées à l’exécution des missions et au fonctionnement de la « maison », pour rectifier le tir avec efficacité. L’ASCE-LC est toujours en attente de ses textes d’application pour lui permettre d’étoffer son personnel. « Nous devons recruter des enquêteurs et des assistants de vérification, afin d’être encore plus réactifs vis-à-vis de la demande sociale, en terme de transparence et de bonne gestion des biens publics », a soutenu M. Ibriga.

– Djakaridia SIRIBIE


Luc Marius Ibriga, à propos
de l’élargissement de l’IUTS
« Plus la gestion est vertueuse, plus les citoyens sont disposés à contribuer»

« L’ASCE-LC n’a pas de position. Nous ne sommes pas des initiateurs de la loi. Nous veillons à son application. La question de l’impôt est un élément fondamental. L’impôt ne poserait pas de problèmes si les citoyens avaient conscience que leur argent était très bien utilisé. Ils seraient même prêts à ce que l’on en retienne davantage (…).C’est pourquoi, il faut un contrôle rigoureux et professionnel pour que les citoyens aient confiance que leur argent va où il devrait aller. Dans les pays nordiques, par exemple, les citoyens ont des impôts de 40 à 45% de leur salaire. En retour, leurs enfants sont soignés et scolarisés gratuitement dès la naissance jusqu’à l’université… La conscience de la préservation de l’argent public est telle que même les gouvernants sont très réticents à l’utiliser, si ce n’est pour des besoins indispensables. Plus nous aurons une gestion vertueuse et rationnelle, plus les citoyens seront disposés à contribuer (…).

Par exemple, lors du concours Commune d’Or, j’ai découvert une commune dans le Nord qui a été attributaire d’une ambulance. Le maire a proposé aux populations qui ont accepté que chaque ménage donne 300 F CFA par an pour l’entretien de l’ambulance. Ils ont mis en place un comité de gestion qui a travaillé si bien qu’aujourd’hui, non seulement l’ambulance fonctionne toujours, mais ils ont recruté un assistant de santé qui accompagne les malades. Et ils sont en passe d’acheter une nouvelle ambulance. Les citoyens sont prêts à donner l’argent, si celui-ci est bien géré. La question de l’IUTS se pose dans ce sens-là. Il faut une bonne gestion pour dégager les ressources et éviter que nous allions nous endetter. Nous devons être les premiers acteurs de notre développement. L’argent qui vient d’ailleurs, c’est aussi l’argent d’autres contribuables. Mais nous devons, en tant que gouvernants, montrer que l’argent est bien géré et les contribuables vont contribuer, parce qu’ils verront les résultats sur leurs vies quotidiennes ».

Propos recueillis par
Djakaridia SIRIBIE

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