Volontaires pour la défense de la patrie : La loi adoptée à l’unanimité par les députés

Pour le PAN, Alassane Bala Sakandé, à travers ce vote, les députés ont su faire corps et âme avec les FDS.

L’Assemblée nationale a adopté, le mardi 21 janvier 2020, à l’unanimité, la loi portant institution de volontaires pour la défense de la patrie.

La décision du président du Faso de recruter des volontaires pour la défense de la patrie connaîtra un début de mise en œuvre dans les jours à venir. En effet, les députés ont adopté la loi portant institution de Volontaires pour la défense de la partie (VDP), mardi 21 janvier 2020 à Ouagadougou à l’unanimité des 124 votants du jour.

Composé de 23 articles, le texte définit, entre autres, les conditions et les modalités de recrutement des volontaires ainsi que leurs droits et obligations. Concernant le recrutement, il se fait au niveau du village ou du secteur de résidence de l’intéressé sur la base du volontariat, subordonné à l’approbation des populations locales, en assemblée générale. L’engagement du VDP se traduit par la signature d’un contrat dont la durée est de 12 mois renouvelable. Un décret pris en conseil des ministres sur proposition du ministre de la Défense nationale et des anciens combattants viendra préciser les autres conditions et modalités du recrutement du volontaire de la défense de la patrie, selon l’article 5 de la loi. S’agissant des obligations du VDP, l’article 7 indique que le groupe de volontaires, au sein du village ou secteur, bénéficie d’un appui financier de l’Etat pour son fonctionnement ainsi que des dons en nature ou en espèces provenant de personnes physiques ou morales dans les conditions précisées par voie réglementaire.

Pour le PAN, Alassane Bala Sakandé, à travers ce vote, les députés ont su faire corps et âme avec les FDS.

« Les VDP auront droit à une couverture sanitaire en cas de blessure dans l’exercice de leur mission, et d’une prime forfaitaire unique en cas d’invalidité permanente ainsi que d’un équipement spécifique à l’issue d’une formation de 14 jours », lit-on dans le document. Toujours, selon la loi, en cas de décès du volontaire en exercice, les frais d’inhumation seront à la charge de l’Etat burkinabè et ses ayants droit bénéficieront d’une assistance financière. Pour ce qui est des obligations, le volontaire est appelé à servir en tout temps et est tenu de résider dans son village ou secteur. « Il est astreint à collaborer avec les autres forces de défense et de sécurité et doit obéir à l’autorité militaire. Les actes contraires aux lois, aux règlements, aux us et coutumes de la guerre ainsi qu’aux conventions internationales auxquelles le Burkina Faso a adhéré sont proscrits », note l’article 15. Des sanctions disciplinaires ou statutaires peuvent être appliquées aux VDP.

Pendant le débat général, les députés ont soulevé des préoccupations en lien avec la loi. Peut-on vraiment former des civils aptes à défendre la patrie en seulement 14 jours ? Répondant à cette question, le ministre d’Etat en charge de la défense nationale et des anciens combattants, Moumina Chériff Sy, a laissé entendre que la situation sur le terrain est très préoccupante et le pays est dans l’urgence. « Connaissez-vous la durée de formation de ceux qui viennent nous attaquer chaque jour » ? a-t-il interrogé, en retour. A la question de savoir la relation entre la police de proximité et le volontaire pour la défense de la patrie, il a répondu : « La police de proximité a pour objectif principal de faire participer le citoyen à la résolution des problèmes de sécurité, à côté des forces de sécurité intérieure, sans dotation d’armes. Tandis que le volontariat pour la défense de la patrie consiste à doter le citoyen d’armes, pour contribuer à défendre la patrie contre les attaques terroristes, au besoin, par la force de celles-ci ».

Les VDP ne sont pas non plus assimilables aux groupes d’autodéfense. Cependant, il n’est pas exclu que les membres de ces groupes puissent être recrutés comme VDP dans les conditions prévues par la présente loi et ses textes d’application, foi de M. Sy Quelles sont les dispositions prises par le gouvernement pour parer aux éventuelles revendications des VDP, notamment leur recrutement et reversement dans les effectifs des corps des FDS ? Réagissant à cette interrogation des députés, le ministre en charge de la défense a fait savoir que la loi interdit aux VDP de se syndiquer.

« En plus, on a bien précisé que c’est un volontaire et à la fin de son contrat, il n’a pas à faire des revendications », a-t-il ajouté. Le président de l’Assemblée nationale a salué les députés qui, selon lui, à travers ce vote ont su faire corps et âme avec les FDS. « Quand il s’agit de la survie de la nation, nous savons toujours nous accorder malgré nos divergences politiques », a déclaré Bala Sakandé.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

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