La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a organisé un atelier de restitution d’une étude sur le vote des déplacés internes, le lundi 27 janvier 2020
à Ouagadougou.

Comment permettre aux déplacés internes, engendrés par les attaques terroristes d’être enrôlés afin de pouvoir accomplir leurs devoirs civiques lors des échéances électorales de 2020, comme l’a recommandé le dialogue politique national ? C’est à cette question, que tente de répondre une étude menée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Un atelier de restitution de ladite étude a eu lieu, le lundi 27 janvier 2020 à Ouagadougou et a réuni les acteurs étatiques, politiques et non-étatiques du processus électoral. L’étude s’est déroulée dans cinq régions du Burkina Faso, à savoir la Boucle du Mouhoun, le Centre-Nord, l’Est, le Nord et le Sahel, dans l’objectif général d’élaborer, à partir des données statistiques sociologiques et démographiques récoltées, les stratégies de prise en compte de la situation des déplacés internes dans le processus électoral. Cela, dans une approche flexible, selon la CENI. Spécifiquement, elle vise à établir une cartographie précise des villages désertés par les populations et les nouveaux lieux de résidence des déplacés, à faire une estimation du nombre d’électeurs déjà inscrits sur le fichier électoral et des électeurs potentiels déplacés. De plus, l’étude vise à élaborer des stratégies et des dispositifs opérationnels possibles pour l’enrôlement des personnes déplacées internes.
Pour ce qui est de l’enrôlement, l’étude prévoit deux scénarii. « Le premier scénario prévoit le maintien de circonscriptions électorales pour que le fait sécuritaire ne puisse pas dicter la transformation desdites circonscriptions. Mais il a le désavantage de n’avoir aucune disposition dans le Code électoral aussi bien l’ancien que le nouveau. Tout simplement parce que ce n’est pas un scénario prévu », a déclaré le président de la CENI, Newton Ahmed Barry. Il a précisé que le deuxième scénario est en quelque sorte réglé par le Code électoral, notamment la prise en compte du changement de résidence. Les personnes déplacées sont considérées comme ayant changé de résidence. « Mais ce sont des déplacements massifs, ces changements de résidence provoquent des conséquences politiques comme la modification substantielle de la cartographie électorale. Cela veut dire que du point de vue des pouvoirs publics et du pouvoir électif, il y a l’impossibilité d’élire un certain nombre de représentants », a indiqué M. Barry. C’est pourquoi, il a invité l’ensemble des participants à apporter les contributions nécessaires en vue d’une prise en compte adéquate des personnes déplacées dans le processus électoral.

Karim BADOLO

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