Une étape symbolique

Les élections présidentielle et législatives au Burkina Faso avancent à grands pas. Pour ce deuxième scrutin de l’ère post-insurrectionnelle, un potentiel d’environ dix millions d’électeurs est attendu. En effet, pour la toute première fois dans l’histoire du pays, les compatriotes vivant à l’étranger vont participer au choix de leur dirigeant. Un pas de géant avec cependant des défis à relever.

Dans les 22 pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie où l’enrôlement a eu lieu du 4 au 26 janvier 2020, entre 1,5 et 2 millions d’électeurs étaient espérés. A la date du 20 janvier, 14 185 personnes étaient enregistrées.

Les chiffres ont certainement évolué depuis lors. Si l’on s’en tient à ce bilan à mi-parcours, l’objectif de départ est, certes, loin d’être atteint, mais on peut déjà se réjouir que ce rêve longtemps caressé par la diaspora burkinabè soit en passe d’être une réalité.

Cette faible mobilisation n’est d’ailleurs pas véritablement une surprise. Pour un début, il fallait s’attendre à des erreurs de jeunesse comme dans toute œuvre humaine. En plus, l’opération qui s’est déroulée conformément aux dispositions du Code électoral ne pouvait pas l’être dans des lieux autres que les ambassades et consulats généraux du Burkina Faso. Or, il est connu de tous qu’une seule ambassade peut couvrir à la fois plusieurs pays.

Celle du Royaume de Belgique qui s’étend sur quatre autres pays, à savoir l’Irlande, le Royaume- Uni et d’Irlande du Nord, les Pays-Bas et le Grand-Duché de Luxembourg en est un exemple.

C’est dire que pour le moment, toutes les conditions ne sont pas réunies afin de faciliter l’enrôlement, vu notamment les distances que certains doivent parcourir pour atteindre le lieu de l’opération d’enrôlement et de délivrance des cartes d’électeurs.

Mais il est évident que le processus va s’améliorer avec le temps. Déjà, dans cette dynamique, l’Assemblée nationale a procédé à une légère mais importante modification du Code électoral.

Si bien que les bureaux de vote qui devraient s’ouvrir uniquement dans les ambassades et consulats généraux s’étendent désormais à tout autre lieu nécessaire, en accord avec le pays-hôte. Mais déjà, il importe que les compatriotes de l’étranger, qui en ont la possibilité, fassent de leur participation aux futurs scrutins, une priorité. Car, comme le dit l’adage populaire : « Quand on veut, on peut ».

Que ce soit au niveau de la diaspora comme à l’interne, le principal défi reste la mobilisation. Et chaque Burkinabè, où qu’il soit, doit y travailler en se départissant de tout calcul et de toute critique non constructive. Les dix millions d’électeurs que vise la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne doit pas être une simple volonté mais du concret sur le terrain.

C’est en cela qu’il est important de participer massivement à la révision des listes électorales biométriques sur le plan national, qui débute le 3 février 2020. Il faut avoir à l’esprit que le vote est un devoir et une occasion rare de participer à la désignation des
gouvernants.

Pour sa part, le gouvernement a montré sa volonté d’organiser des élections claires et ouvertes, avec un consensus au sein de la classe politique. Cela se constate à travers, entre autres, la révision du Code électoral et l’adoption du quota genre.

Ce dernier point qui exige au moins 30% d’hommes et de femmes sur les listes électorales, avec un positionnement alterné, permettra à l’autre moitié du ciel d’être suffisamment représentée dans les instances de décision. A condition qu’elle-même ait la volonté de mener des activités politiques.

La balle est donc dans le camp des populations. Elles ont la possibilité de faire des élections de 2020, tout comme celles de 2015, une référence dans l’histoire du pays.

Par Mahamadi TIEGNA

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