Prise en charge des personnes déplacées: le patron du HCR à Kosyam

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience, le mardi 4 février 2020 au palais de Kosyam, le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

Une délégation du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), conduite par son premier responsable, Filippo Grandi, s’est rendue le 4 février 2020 à Kosyam pour une audience avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Après un huis clos d’une quarantaine de minutes, le fonctionnaire onusien s’est confié à la presse sur l’objet de la visite. « Nous avons discuté de la situation humanitaire avec le chef de l’Etat et nous nous sommes focalisés sur le cas des déplacés internes qui vivent dans des conditions précaires. Cela interpelle aussi bien le HCR que l’ensemble du système des Nations unies », a déclaré M. Grandi. Au terme de sa visite effectuée, le lundi 3 février 2020, à Kaya dans la région du Centre-Nord et à Dori dans le Sahel, a expliqué le patron du HCR, il est plus qu’urgent d’apporter un appui rapide. « Nous avons pu nous rendre compte de la gravité de la situation avec des chiffres faisant état de plus de 600 000 personnes qui ont fui les attaques terroristes dans leurs régions d’origine pour se réfugier dans les zones plus sécurisées, ce qui est un fardeau pour le Burkina Faso qui n’a jamais connu ce type de phénomène », a-t-il ajouté. Selon l’émissaire des Nations unies, les déplacés rencontrés dans les camps lors de sa sortie sur le terrain ont relaté des cas de violences barbares dirigées directement contre des civils avec notamment des femmes violées, des enfants brutalisés et des chefs de famille assassinés. De l’avis de Filippo Grandi, ce ne sont pas seulement les déplacés qui ont besoin d’aide mais aussi ceux qui les ont hébergés parce les ressources sont très limitées pour couvrir les besoins des familles qui se sont subitement élargies. Face à l’urgence, il dit avoir approuvé sur place au bureau du HCR à Dori des projets pour la réalisation de forages au profit des populations. « Le HCR travaille en concertation avec l’ensemble de ses partenaires du système des Nations unies afin de trouver des réponses aux besoins pressants des personnes déplacées surtout en matière d’hébergement, de protection de la personne humaine », a précisé le chef de délégation. La situation demande plus d’efforts au gouvernement du Burkina Faso, a-t-il fait savoir. M. Grandi a saisi l’occasion pour lancer un appel à l’ensemble de la communauté humanitaire, à revoir ses appuis à la hausse afin d’aider l’Etat burkinabè à faire face à la situation. Le Burkina Faso a hébergé près de 25 000 réfugiés maliens venus majoritairement du Nord Mali sous occupation des groupes terroristes. Ils sont repartis dans deux camps que sont Mentao près de Djibo et Goudebou, à quelques encablures de Dori, mais, malheureusement celui de Mentao, selon le HCR, se trouve aujourd’hui dans la zone sous une forte menace sécuritaire et il faut rétablir l’autorité de l’Etat dans cette partie du pays. « Mon séjour au Burkina Faso marque la fin d’un voyage qui m’a conduit en Mauritanie et au Niger. Il avait pour objectif de constater la réalité des populations contraintes à l’exil et voir comment mobiliser davantage de ressources pour aider les gouvernements dans le domaine de l’humanitaire en impliquant les partenaires », a-t-il indiqué. Pour le fonctionnaire onusien, la lutte contre le terrorisme ne doit pas faire abandonner les chantiers de développement, car le terrorisme avance là où il n’y a pas d’éducation et où sévit la pauvreté.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

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