Burkina Faso : Difficile intégration de l’éducation complète à la sexualité

L’éducation complète à la sexualité (ECS) est primordiale pour préparer les jeunes à une vie sûre, productive et épanouissante. Cependant, au Burkina Faso, son intégration dans les curricula se heurte à des blocages culturels et religieux. Ce concept, fait l’objet de débats au sein des acteurs.

L’éducation complète à la sexualité (ECS) permet aux jeunes de prendre des décisions éclairées sur leur sexualité, leur bien-être et leur santé.

Elle contribue également à faire progresser la société vers l’égalité des sexes et l’autonomisation des jeunes lorsqu’elle est respectueuse des droits humains.

L’éducation sexuelle complète  joue un rôle central en aidant les jeunes, en particulier les filles, à prendre des décisions éclairées sur  la sexualité. En effet, selon la Secrétaire technique de l’accélération de la transition démographique, Dr Ida Kagoné, l’éducation complète à la sexualité est un paquet d’enseignements pour permettre aux adolescents et jeunes, d’éviter les comportements malsains qui vont compromettre  leur avenir. « Les concepteurs de cette approche affirment que l’éducation complète à la sexualité va permettre de prévenir les mariages forcés et  les grossesses non désirées», indique le directeur général de la recherche, de l’éducation et de l’innovation, François Compaoré.

Cependant, il fait savoir qu’au Burkina Faso, il n’est pas envisagé pour le moment,  d’introduire l’éducation complète à la sexualité telle qu’il a été conçu par l’OMS dans les curricula. « Nous étions dans un concept auparavant, avant qu’on parle de l’éducation complète à la sexualité et nous y restons », dit-il.  Il affirme qu’au niveau du ministère en charge de l’Education,  c’est plutôt, le concept de l’éducation en matière population, de santé sexuelle et reproductive qui est mise en œuvre.

Il avertit que le concept d’éducation complète à la sexualité est un tout. Cela suppose selon lui, que l’on ne peut pas choisir des éléments et laisser d’autres. « Nous pensons que l’un des rôles de l’école, c’est la transmission de la culture. Le Burkina Faso a une double culture dont une culture moderne venue de l’occident et des cultures nationales des différents peuples du Burkina Faso qui ont leurs pratiques religieuses et  culturelles. Et ces cultures ont leurs exigences. Nous n’allons pas décider parce que nous voulons être modernes, d’abandonner tout ce qui relève de nos traditions », dit-il.

La culture et la religion constituent aujourd’hui, un blocage à la mise en œuvre de l’éducation complète à la sexualité. Ainsi, le directeur général de la recherche, de l’éducation et l’innovation affirme que ce concept se heurte aux valeurs culturelles et religieuses du Burkina. De ce  fait,  il serait donc difficile selon lui de l’inclure dans les curricula. « Nous ne pouvons pas enseigner la contraception à l’école, ce que le programme officiel prévoit pour le moment dans notre dispositif scolaire, est d’expliquer à l’enfant, les moyens d’éviter le vih/sida », prévient-il.  Mais le Coordonnateur du RAJS, Belélé Joseph Ido pense qu’à la puberté il faut commencer à enseigner aux adolescents pourquoi le changement au niveau de leur corps et ce qui peut arriver s’ils s’engagent à la sexualité.  « Notre problème de plaidoyer est lié à la volonté politique. Lorsque le décideur n’a pas encore compris le concept, il est difficile pour lui de laisser faire. Ce problème de compréhension cause un blocage à la mise en œuvre du concept », souligne-t-il

Quant à la Secrétaire technique de l’accélération de la transition démographique, elle pense qu’il convient de repenser le concept de l’éducation complète à la  sexualité au niveau pays. Les acteurs doivent adopter des programmes adaptés aux réalités du pays et qui ne mettent pas en porte à faux ses valeurs. « Nous devons donc travailler en synergie pour définir le contenu du concept de  l’ECS », a-t-elle poursuiviEt de soutenir qu’il n y a aucun projet que le ministère de la santé veuille défendre qui n’aille pas dans l’intérêt des populations.

Wamini Micheline OUEDRAOGO

1 COMMENTAIRE

  1. La solution, c’est d’apprendre la fidélité et de réserver la sexualité pour le mariage. Alors seulement, plus de maladies transmises sexuellement.

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