Développement du secteur des hydrocarbures : La CEDEAO mise sur un marché régional

Les conclusions issues de la réunion seront adoptées par les instances de l’organisation.

La Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tient, les 6 et 7 février 2020 à Ouagadougou, une réunion conjointe des ministres en charge des hydrocarbures et de l’environnement. Ils vont examiner et approuver les documents de politique et stratégie visant à développer le secteur des hydrocarbures dans un environnement sain.

Le développement du secteur des hydrocarbures réside dans l’instauration d’un marché régulé tout en protégeant l’environnement. Telle est la conviction de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). C’est pourquoi, elle tient les 6 et 7 février 2020 à Ouagadougou, une réunion conjointe des ministres en charge des hydrocarbures et de l’environnement de l’espace.

Selon le commissaire énergie et mines de la commission de la CEDEAO, Sédiko Douka, il va s’agir d’examiner et d’approuver les documents portant harmonisation des spécificités des carburants, les limites d’émissions de gaz et particules par les véhicules et l’élimination du soufre dans le carburant ainsi que la règlementation sur l’âge des véhicules. « Cela permettra de créer un véritable marché intra régional de produits pétroliers, d’offrir de nouvelles opportunités d’investissement sur toute la chaine de valeur et de mieux structurer des projets régionaux d’infrastructures du secteur », a-t-il souligné. A l’entendre, l’Afrique de l’Ouest dispose de huit raffineries qui fonctionnent avec des rendements en dessous de 30% pourtant, la demande est en perpétuelle hausse.

D’où le recours massif au marché de l’importation à hauteur de 75%. « Aussi, le carburant utilisé dans nos Etats contient un taux élevé de soufre, de benzène et des aromatiques polycycliques. Ces substances sont nocives pour la santé et la combustion entraîne des rejets d’émissions toxiques qui polluent l’environnement. Nous souhaitons que l’élimination du soufre comme cela a été fait pour le plomb commence dès janvier 2021 », a indiqué le commissaire de la CEDEAO. Les échanges vont aussi porter sur l’utilisation du Gaz de pétrole liquéfié (GPL) pur. A cet effet, une stratégie régionale pour la vulgarisation du GPL en énergie de cuisson domestique a été élaborée.

Elle sera soumise pour approbation. A l’écouter, le taux d’accès est de 12% avec une offre concentrée dans les villes. « Les populations sont confrontées aux questions de disponibilité des produits, de l’insuffisance des infrastructures de stockage, de l’éloignement des circuits de recharge et des prix relativement en hausse. Ce qui accroît leur dépendance au bois de chauffe et au charbon de bois pour les besoins de cuisson. La mise en œuvre de cette stratégie viendra donc réduire cette dépendance », a fait savoir le ministre en charge de l’environnement, de l’économie verte et du Changement climatique, Nestor Batio Bassière. L’extension du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest qui regroupe le Ghana, le Bénin, le Togo et le Nigéria à deux autres pays que sont la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso fait également partie des sujets de discussion.

Le projet concerne la construction de pipelines multiproduits de transport d’hydrocarbures, d’une part, entre Bolgatanga au Ghana et Bingo au Burkina Faso, et, d’autre part, entre Ferkessédougou en Côte d’Ivoire et Ouagadougou. « Ce qui va assurer la durabilité de l’approvisionnement des pays en hydrocarbures. C’est pourquoi nous devons soutenir cette initiative », a soutenu le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré. Dans le même ordre d’idées, Nestor Batio Bassière a annoncé que les échanges vont porter sur le plan d’actions environnemental 2019-2025 de la CEDEAO, le mécanisme de coordination régionale pour la gestion des produits chimiques et des déchets dangereux et la feuille de route régionale pour les économies de carburant.

« Ces documents, une fois approuvés, seront soumis par la suite aux différents organes statutaires  pour adoption », a précisé M. Douka. Pour le Premier ministre, cette réunion va permettre aux pays de l’espace d’avoir une réglementation harmonisée en termes d’approvisionnement, de qualité et de protection de l’environnement. « Je souhaite que les conclusions puissent contribuer à renforcer les différentes décisions au niveau des pays », a-t-il renchéri.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

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