Le président de ABC-Trans, Amadouba Ouattara (droite) : « Nous appelons le gouvernement à nous débarrasser de cette oligarchie économique et commerciale ».

L’Alliance burkinabè des chargeurs et transporteurs (ABC-Trans) et le Groupement des transporteurs de minerais du Burkina (GTMB) ont, au cours d’une conférence de presse tenue, hier jeudi 6 février 2020 à Ouagadougou, dénoncé « la concurrence déloyale » exercée par la société Kanis Logistics, dans le transport de minerais.

Alors qu’ils pensaient faire de bonnes affaires grâce à la création, en 2014, de nouvelles cimenteries (CIMBURKINA, CIMAF et CIMFASO), des petits transporteurs de minerais se disent déçus. Face à la presse dans l’après-midi du jeudi 6 février 2020 à Ouagadougou, les présidents de l’Alliance burkinabè des chargeurs et transporteurs (ABC-Trans), Amadouba Ouattara et du Groupement des transporteurs de minerais du Burkina (GTMB), Pato Nacoulma, ont soutenu que leur espoir a vite tourné à la frustration et au cauchemar. Aux partenariats sans contrat matérialisé au début, a regretté M. Ouattara, se sont substituées des pratiques discriminatoires dans les délais de paiement et la délivrance de bons de chargements.

«  La palme revient à CIMFASO appartenant à CIM-METAL GROUP qui s’est adonné sans scrupule à la concurrence déloyale avec sa filiale Kanis Logistics alors que ses camions acquis par le truchement du Code des investissements étaient destinés à l’approvisionnement de la cimenterie. Le groupe a poussé ses tentacules dans les cimenteries concurrentes. Cela a désorganisé le marché du transport avec, pour conséquence immédiate, la faillite de certains petits transporteurs par l’accaparement de leurs parts de marché », a-t-il déploré. CIMFASO, à ses dires, a été rejointe par CIMBURKINA et CIMAF qui ont créé des partenariats avec respectivement la société Illiassou Moumouni et la Continentale des transport et distribution (COTRADIS).

«  Outre CIMFASO, Kanis Logistics a un contrat d’exclusivité chipé des mains de DAMCO dans la gestion du fret généré par l’exploitation de la mine de zinc par Nantou Mining depuis le 1er janvier 2020. Il transporte la tonne de minerais à 24 000 F CFA alors que le prix appliqué en 2014 était de 37 000 F CFA. Le tarif est trop faible et ne permet pas, en princip,e de se faire une marge bénéficiaire », a-t-il informé.

Ce qui lui a fait dire que le contrat cache une concurrence déloyale à la fois contre les transporteurs et les cimentiers. «  En effet, le transport du zinc est conditionné par celui du clinker (une matière première pour la production du ciment). Aussi, pour aller chercher du clinker à Lomé, les petits transporteurs doivent d’abord livrer du ciment à Fada N’Gourma contre des modiques sommes qui ne couvrent pas les charges avant de revenir passer par Koupéla pour se rendre dans la capitale togolaise. Le groupe compense ainsi ses tarifs de transport à perte par la marge sur le ciment dont le coût de production s’en trouvera amoindri », a-t-il expliqué.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis des autorités ? Que comptez-vous faire si vous n’obtenez pas gain de cause ? A ces questions, les animateurs de la conférence de presse ont souligné qu’il faut que le gouvernement prenne la mesure de la situation et mette fin au contrat entre Kanis Logistics et Nantou Mining. Car, ont-ils relevé, l’on ne saurait tolérer un système qui cause la chute de centaines de petits transporteurs au profit d’un individu. Quant à la suite à donner à leur sortie médiatique, Amadouba Ouattara a annoncé que des méthodes de lutte dures sont envisagées. Mais avant, ils tiendront une assemblée générale pour décider de la conduite à tenir.

Eliane SOME
Elianesome4@gmail.com
Rahissa CESSOUMA
(Stagiaire)

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