Le DG de l’INSD, Boureima Ouédraogo : « En dépit du contexte sécuritaire difficile, on n’a pas enregistré de perte en vie lors de la phase du dénombrement ».

Au cours d’une conférence de presse, le vendredi 14 février 2020, le directeur général de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), Boureima Ouédraogo et ses collaborateurs, ont dressé le bilan du 5e Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH).

Le dénombrement de la population vivant au Burkina Faso, la phase la « plus importante » et la « plus délicate » du 5e Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) selon les spécialistes, est désormais terminé. L’opération, a été conduite en deux phases du 16 novembre au 15 décembre 2019, puis du 13 au 31 janvier 2020. Elle a concerné 95% du territoire. 20135 agents recenseurs, 4924 contrôleurs, et 425 délégués communaux, entre autres ont été déployés sur le terrain.

C’est le bilan du dénombrement présenté par l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), lors d’une conférence de presse organisée en collaboration avec le Fonds des nations unies pour la population (UNFPA), le 14 février 2020. « Sur un total de 368 communes et arrondissements, 2 communes du Bam, 4 du Sanmatenga, 2 du Yagha et une du Soum n’ont pas été recensées. Par ailleurs 59 communes ont été partiellement recensées », a révélé le directeur général de l’INSD, Boureima Ouédraogo. Le directeur de la démographie, Adama Tiendrebéogo, a expliqué que ces communes ont été mises en attente à cause de l’insécurité.

«  Des techniques statistiques combinant l’utilisation d’images satellitaires et d’autres sources de données vont être utilisées pour obtenir une estimation des effectifs de population dans les localités concernées », a-t-il poursuivi. Par rapport aux « nombreux » ménages non recensés à Ouagadougou, le DG de l’INSD préconise de relativiser. Pour lui cette situation s’explique par diverses raisons notamment le refus de certains ménages, l’absence des membres au moment du passage des agents recenseurs et les omissions. Cela dit, il a rassuré qu’une enquête post censitaire va permettre de corriger les données.

Des résultats fiables

Une version soutenue par une figure indépendante chargée de veiller au respect des normes, le conseiller technique principal du recensement, Charles René Sylva. Pour l’expert, la question des omissions est réelle mais elle ne saurait remettre en cause les résultats du dénombrement. « Dans le cas du Burkina Faso, tous les principes et standards internationaux en matière de recensement ont été respectés », a-t-il insisté.

Selon Adama Tiendrebéogo, l’utilisation des nouvelles technologies, pour la première fois, permet un suivi en temps réel de la collecte, une meilleure capacité de supervision et une dissémination plus rapide des résultats. La prise en compte des populations déplacées internes a été possible grâce justement à cette innovation. A ce propos, le représentant-résident de l’UNFPA, Auguste Kpognon, a félicité l’INSD pour la qualité du travail abattu. « L’innovation technologique est inexorable et je salue le courage de l’INSD », a-t-il déclaré.

Le représentant-résident de l’UNFPA, Auguste Kpognon, a félicité l’institut pour la conduite des opérations du 5e RGPH.

M. Kpognon s’est dit, par ailleurs, soulagé qu’aucun incident sécuritaire sérieux n’ait été signalé concernant les agents déployés. Le DG de l’INSD, pour sa part, a expliqué que les retards dans le paiement des honoraires des agents du fait de la généralisation du paiement électronique ne concernent que la dernière tranche. Ils se justifient par la nécessité d’apurer les listes en vue de limiter les erreurs.

En effet, à l’écouter, certains agents ont disparu après avoir reçu la 1ère tranche des honoraires, d’autres n’ont pas pu toucher effectivement le versement parce que le numéro communiqué était erroné. « Les dispositions sont prises pour le paiement province par province après les vérifications d’usage. Dans plusieurs provinces, les agents ont reçu le reliquat des honoraires. Nous voudrons rassurer que ceux qui sont encore dans l’attente seront bientôt satisfaits », a-t-il rassuré.

Les résultats provisoires en avril 2020

Interrogé sur les résultats provisoires du dénombrement, M. Ouédraogo a donné rendez-vous aux journalistes en avril 2020. « Les données du recensement sont en traitement afin que les résultats préliminaires puissent être publiés en avril prochain. La publication des résultats définitifs est prévue en août 2020, une célérité rendue possible grâce à l’innovation technologique », a-t-il répondu.

Au cours de la conférence de presse, le directeur général de l’INSD a fait de la pédagogie sur l’importance du recensement général de la population. Ainsi, il a souligné que le RGPH permet de générer des indicateurs sur les effectifs de la population, sa répartition géographique, ainsi qu’un nombre important de caractéristiques démographiques, sociales et économiques.

« Ces informations sont indispensables à l’élaboration, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des politiques et programmes de développement répondant aux besoins des populations. Le recensement donne des informations statistiques à un niveau désagrégé qu’aucune autre opération statistique ne le permet. C’est pourquoi notre pays avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers s’est fait obligation de dénombrer sa population tous les 10 ans », a-t-il indiqué.

De ce fait, il a remercié les partenaires techniques et financiers qui accompagnent le Burkina dans l’exécution du 5e RGHP. Il a salué l’engagement des autorités à tous les niveaux, et les populations des villes et des campagnes pour l’accueil cordial réservé aux agents recenseurs et leur pleine adhésion à l’opération.

Nadège YE

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