Les Togolais se sont rendus aux urnes, le samedi 22 février 2020, pour élire leur président des cinq prochaines années. Dans la capitale du pays, Lomé, le scrutin s’est globalement bien déroulé. Un tour dans quelques bureaux de vote laisse présager une participation moyenne.

Samedi 22 février 2020, jour de scrutin au Togo. Après deux semaines de campagne électorale, le peuple est invité à choisir parmi les sept prétendants à la présidence du Togo, celui qui va le gouverner durant les cinq prochaines années. Il est 9 heures 30 minutes à l’école primaire publique de la poudrière, situé sur le Boulevard du 13-Janvier, dans le quartier Pa Desouza. A la devanture de l’établissement, des dizaines de motos sont garées. A l’intérieur des files d’attente sont formés devant les neuf bureaux de vote que comporte ce centre. D’autres électeurs recherchent leurs noms sur les tableaux où sont affichées les listes électorales. Batana Manzamaesso est le président du bureau de vote 8. Il confie que le scrutin se déroule bien sans difficultés et que les bureaux se sont ouverts à 7h00 comme prévu. Sur la liste de son bureau, 487 électeurs sont inscrits, mais il estime que l’affluence n’est pas encore à la hauteur de ses attentes. « Voter est un droit citoyen et je suis là pour choisir mon président. Quel que soit la situation que le pays vit, quand il y a des élections, tout citoyen doit aller voter pour changer les choses », laisse entendre Djigbodi Kossi Vitossou, après avoir mis son bulletin dans l’urne. Cependant, il dit ne pas avoir confiance aux politiciens, mais souhaiterait que le prochain président puisse développer le pays. Il ne sert rien, dit M. Vitossou, de faire des promesses et ne pas les réaliser. Par ailleurs, il invite les Togolais à accepter les résultats des urnes parce qu’après tout « c’est le Togo qui gagne ». Illiasou Chitou est venu accomplir son devoir citoyen, mais ne retrouve pas son nom sur la liste affichée. Mais une fois dans le bureau de vote, il retrouve son nom. Ce qui lui permet d’accomplir son devoir citoyen. « Je suis venu voter pour la paix dans notre pays », lâche Illiassou Chitou. Vous aviez voté pour l’alternance ou la continuité ? « Je suis apolitique. Que le meilleur gagne », clame-t-il. Pour vous qui est le meilleur ? Il Lâche un grand sourire sans y répondre. Pour Bruce Henry Joël, les différents candidats à la présidentielle ont donné, chacun son message. Il revient, selon ses dires, à chaque Togolais de voter celui qui va lui permettre d’avoir une vie meilleure. Il dit être convaincu que tout votant va apporter le changement dans le pays.

Le rêve de l’alternance

Le changement, Patience Adjaké, âgée d’une vingtaine d’années, en rêve depuis quelques jours. Celle qui vote pour la première fois a porté son choix sur le candidat n°7 : Abgéyomé Kodjo. Il dit croire au porte-flambeau de la Coalition des forces démocratiques(CFD) pour changer la vie des milliers de diplômés qui, faute d’emplois se sont convertis en vendeurs de charbon, de poisson… « Nous en avons assez du système. Depuis mon enfance, c’est le président Faure que je connais. Ma mère aussi n’a connu que les Gnassingbé. Et, je ne veux pas que ce soit ainsi pour mes enfants.  Trop c’est trop. Nous ne sommes pas dans un royaume », lance la nouvelle électrice. Un tour, à l’école primaire catholique Saint Augustin Amoutivé, dans le quartier d’Adoboukomé, l’affluence n’est pas celle des grands jours. Le centre comporte sept bureaux de vote. « Tout se déroule bien. Les bureaux ont ouvert à 7h00 et tous les représentants des candidats sont présents », renseigne le président du bureau de vote 2, Papa Akoto. A petits pas, Caroline Dedé Dalmeida, de 78 ans d’âge ne retrouve son nom sur la liste des votants du bureau 3. Sa carte d’électeur en main, elle cherche désespérément une solution à sa situation. Ses multiples explications semblent « convaincre » le président de son bureau de vote, Agboh Koku Apoin. « La CENI nous a donné un numéro vert pour vérifier nos bureaux de vote. Elle nous a même confirmé que mon nom figure sur la liste via SMS et je dois voter au bureau 3. Arrivé à mon bureau, il ne veut rien comprendre », déplore la sexagénaire. Après plusieurs « médiations », elle est autorisée à voter. Aimé Kakou Dotsé estime que voter pour Agboyomé, c’est voté pour l’alternance. Les partisans de Faure disent qu’ils feront un coup « K.O », vous partagez leur avis ? « C’est la fin qui justifie les moyens. Je compte sur mon candidat et c’est lui qui va gagner », lance-t-il avec confiance. Au centre de votre de l’Institut technique Saint Joseph, également, aucun incident n’est à signaler. Adanleté Ekué, un sexagénaire, une canne en main, ne voulait manquer ce scrutin. Il laisse entendre son vœu de paix pour le Togo. « Il faut aussi améliorer le salaire des ouvriers dans le pays », ajoute-t-il. Dans l’après-midi le constat est le même au lycée Kodjoviakopé, …des électeurs venaient accomplir leur devoir citoyen avant la fermeture des bureaux de vote à 16 heures. Pour ce scrutin,  9 383  bureaux sont ouverts. Au moins 280 observateurs électoraux internationaux ont été accrédités.

Joseph HARO

Abdel Aziz NABALOUM

emirathe@yahoo.fr

Envoyés spéciaux à Lomé, TOGO

 

 

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