Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux de la commune de Ouagadougou, dans un article intitulé « les folles dépenses du Maire » paru le 10 février 2020 dans le numéro 197 du journal d’investigation « Courrier confidentiel », des révélations graves sont faites sur la gestion scabreuse au niveau de la commune de Ouagadougou. Le maire Armand Béouindé a engagé la commune dans un véritable gouffre financier en contractualisant en crédit-bail avec la société FIDELIS finances Burkina, l’acquisition de 77 véhicules. La commune devra payer à FIDELIS, chaque mois, un montant de plus de 77 millions FCFA soit un total de 4 milliards 631 millions 158 mille 130 FCFA pour 5 ans. Le comble c’est qu’au bout de ce contrat, les véhicules n’appartiendront pas à la Commune.

Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux de la commune de Ouagadougou, le mouvement le Balai Citoyen, interloqué par ces informations, vous interpelle sur ces actes immoraux et inacceptables, et il prend à témoin l’opinion publique dans cette énième affaire au goût de mauvaise gestion.

Invité de l’émission dialogue de la radio Oméga le 23 février 2020, le maire de Ouagadougou Armand Beouindé a, en effet, affirmé que « c’est un vote qui a eu lieu pour décider d’utiliser ce procédé (le crédit-bail) pour acquérir les véhicules. La délibération a ensuite été transmise à la commission technique interministérielle qu’on appelle CTI qui l’a approuvée. » Selon le Maire, le processus d’acquisition s’est déroulé dans la légalité et dans la transparence la plus totale.

Suite à ces révélations, le service de communication de la mairie a cru bon de faire un droit de réponse qui mentionne que « la pertinence de l’acquisition des véhicules a été saluée par l’ensemble des conseillers municipaux qui ont voté, à l’unanimité, la délibération N°2019-010 lors de la session extraordinaire du 12 avril 2019. »

Selon cette délibération, vous, conseillers municipaux, auriez approuvé sans réserve les résultats des travaux de la commission communale d’attribution des marchés.

Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux de la commune de Ouagadougou, quid de la pertinence et de l’opportunité d’une tel contrat ? Pourquoi estimer que la commune devrait nécessairement avoir recours à un crédit-bail de plus de 4 milliards de francs CFA pour la location de véhicules ? Une coordination efficace au plan stratégique et opérationnel avec les services des impôts de votre ressort n’aurait-elle pas permis de mobiliser plus et d’effectuer ces dépenses sur fonds propres de la commune au lieu de s’engouffrer dans un endettement improductif ?

Il ressort également que les véhicules des maires d’arrondissements remplacés dans le cadre de ce contrat de crédit-bail n’ont été mis en circulation qu’en 2012. Ces véhicules ne sont vieux que de 8 ans. C’est là aussi un élément qui prouve que ce n’est pas la gestion rationnelle des ressources publiques qui intéresse le maire mais seulement l’aboutissement d’un montage financier dans lequel il a des intérêts particuliers.

Dans sa parution du 25 février 2020, le « Courrier confidentiel » a fait de nouvelles révélations sur l’affaire qui font clairement ressortir que le maire Armand Beouindé a des intérêts économiques avec l’entreprise attributaire du marché de véhicules. Ce dernier ne le nie pas. Quatre de ses proches (son épouse et ses trois enfants) sont actionnaires de l’entreprise Raynal Assurances IARD qui s’occupe de l’assurance de ces 77 véhicules avec une participation financière de 42 millions de Fcfa au capital. Par ailleurs, Raynal Assurances détient 10% de parts d’actions de FIDELIS Finances Burkina, société qui pilote l’opération de crédit-bail sous contrat avec la commune. Il y a donc un conflit d’intérêt manifeste conformément à l’article 36 du décret n°2017‐0049/PRES/PM/MINEFID du 1er février 2017 portant procédure de passation, d’exécution et de règlement des marchés publics et aux délégations de services publics qui dispose que : « Ne sont pas admises à participer aux marchés publics et aux délégations de service public, en raison de conflits d’intérêts : les personnes morales dans lesquelles les membres de l’autorité contractante, de l’Autorité  de  régulation  de  la  commande  publique,  de  la  structure  chargée  du contrôle de la commande publique, la personne responsable des marchés ou les membres  des  commissions  d’attribution  des  marchés  ou  sous‐commissions techniques  possèdent  des  intérêts  financiers  ou  personnels  de  nature  à compromettre  la  transparence  et  l’intégrité  des  procédures  de  passation  des marchés publics ». Si tous ces faits sont avérés, le Maire Armand Béouindé doit en répondre devant des juridictions compétentes.

Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux de la commune de Ouagadougou, le maire Armand Béouindé s’était déjà signalé de fort mauvaise manière en 2018 en voulant imposer des reformes visant l’augmentation du seuil d’approbation des marchés publics de 100 millions à 1 milliard, la capacité de faire conclure des marchés de gré à gré de 50 millions à 500 millions et la procédure de marché par consultation restreinte de 50 millions à 500 millions. Face à cette velléité de renforcement du pouvoir du maire de la Commune de Ouagadougou dans les passations de marchés, une crise était née et avait bloqué les travaux de la session du conseil municipal de Ouagadougou avec des échauffourées le jeudi 18 janvier 2018.

Tout porte donc à renforcer notre conviction que la motivation principale de Armand Béouindé en accédant à la mairie de Ouagadougou est de monter des « deals » pour mieux capter les ressources publiques plutôt que la planification et la mise en œuvre de stratégies de développement pour une collectivité territoriale de 3 millions d’habitants qui – soit dit en passant – investit officiellement 4 milliards FCFA par an pour la gestion des déchets avec les résultats désastreux que nous voyons tous.

Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux de la commune de Ouagadougou, il est temps d’arrêter les frais et de réduire les actions néfastes d’un maire affairiste à la tête de notre commune.

Le mouvement le Balai Citoyen vous exhorte donc à faire le nécessaire pour convoquer une session du conseil municipal afin de statuer sur le sort d’un individu qui ne connait ni son rôle ni ses limites.

Le pays vous regarde, l’Afrique et le monde vous regarde. Vous avez, à travers cette affaire, une mission historique. Allez-vous l’accomplir ou la trahir et trahir, par la même occasion, les millions de burkinabè qui vous ont fait confiance ? Tout compte fait, cette affaire, comme les autres malversations de deniers publics, ne restera pas impunie et le Balai Citoyen vous exhorte à choisir, dès à présent, le camp du peuple et de la justice pendant qu’il est encore temps.

 

Notre nombre est notre force !

Ensemble, on n’est jamais seul !

 

Ouagadougou, le 26 février 2020

Pour le Balai Citoyen, la Coordination Nationale.

 

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