Résurgence de la polio au Koulpélogo : plus de 200 000 enfants à vacciner à Ouargaye et Bittou

En marge d’une tournée dans la région du Centre-Est, la ministre de la Santé, Pr Claudine Lougué, accompagnée de l’épouse du Président de l’Assemblée nationale, Reine Sakandé a lancé, le round 1 d’une campagne de vaccination contre la poliomyélite, le vendredi 28 février 2020 à Cinkansé dans la province du Koulpélogo.

Moubassiratou Béogo, un bébé de deux mois habitant la commune de Cinkansé, peut grandir sans crainte de contracter la poliomyélite. Pour cause, elle a été la première à recevoir une dose de vaccin contre la maladie des mains de l’épouse du Président de l’Assemblée nationale, Reine Sakandé. C’était dans la matinée du vendredi 28 février 2020 à l’occasion du lancement officiel du round 1 d’une campagne de vaccination contre la poliomyélite dans les districts sanitaires de Ouargaye et Bittou. Prévue pour se tenir du 28 février au 2 mars 2020, cette campagne, d’un coût global d’environ 200 millions FCFA concerne les enfants de 0 à 5 ans. Pour les 45 formations sanitaires concernées par l’opération, a indiqué la ministre en charge de la santé Pr Claudine Lougué, environ 200 000 enfants sont visés.

Poursuivant, elle a signalé que l’organisation de cette campagne fait suite à la découverte d’un cas de poliomyélite sur un bébé de deux ans. « Un enfant ayant quitté Ouargaye pour le Togo avec sa famille a été détecté comme malade de la poliomyélite. Les services de santé togolais nous ont donc fait le retour et cette campagne vise à protéger les autres enfants de la commune. Car, le risque de survenue d’une épidémie était imminent », a-t-elle indiqué. Selon les explications de la Représentante résidente de l’UNICEF, Anne Vincent, le virus découvert sur cet enfant n’était pas le virus sauvage, mais un virus issu d’une souche de vaccin. C’est donc un cas de polio dérivé qui constitue, à ses dires, une des rares conséquences de l’utilisation des vaccins oraux. « Le vaccin oral est très facile à utiliser et nous a permis de faire des campagnes de très grandes échelles, mais l’inconvénient avec ce type de vaccin est qu’il contient un virus qui est atténué mais qui est encore vivant. Il peut donc se retrouver dans l’environnement et affecter exceptionnellement un enfant », a-t-elle détaillé.

Ne rater aucun enfant

Face aux insuffisances liées à ce type de vaccin, elle a noté que le Burkina Faso est passé à un nouveau type de vaccin qui, lui, est injectable et a l’avantage d’utiliser un virus mort. « Il ne présente aucun risque de contamination », a-t-elle précisé. Pour la représentante résidente de l’OMS, Dr Alimata Diarra, c’est dommage qu’un cas apparaisse au Burkina Faso au moment où le pays était en phase de certification d’éradication de la maladie. Elle a salué la prompte réaction du gouvernement burkinabè qui a très rapidement organisé cette campagne afin de réduire les risques d’épidémie. Elle a noté que l’OMS soutient cette campagne à travers un appui matériel et financier de plus de 100 millions F CFA. Elle a, en outre, indiqué que quatre rounds de vaccination seront organisés dans les deux districts ciblés afin d’être sûr de toucher tous les enfants dans la tranche d’âge ciblée. A l’issue du lancement de la campagne de vaccination, la ministre et sa délégation ont visité le poste de contrôle juxtaposé Cinkansé-Togo, Cinkansé-Burkina Faso.

Là, les visiteurs ont pu se rendre compte de l’opérationnalisation des services de santé qui ont pour tâches principales de contrôler la température des voyageurs, de les sensibiliser aux mesures d’hygiène de la main et vérifier leurs carnets de vaccination. « Nous avons trouvé des services déjà ouverts et des personnes engagées à ce que le contrôle se fasse bien. Les deux pays travaillent en bonne intelligence pour que les populations soient bien traitées tant au niveau du contrôle douanier et policier qu’au niveau du contrôle de santé. Nous en sommes plus que ravis », a laissé entendre la ministre Lougué.

Nadège YAMEOGO

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