La Chambre des métiers de l’artisanat du Burkina Faso a animé une conférence de presse, le 27 février 2020, pour exprimer l’opposition farouche des artisans au projet de rattachement des villages artisanaux au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou.

Face à la presse, le président de la Chambre des métiers de l’artisanat du Burkina Faso(CMA-BF), Jacques Athanase Sédogo, entouré d’autres membres du bureau consulaire et de responsables associatifs d’artisans, visiblement remontés, ont clamé leur opposition farouche au projet de rattachement des villages artisanaux au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO).
Le président de la CMA-BF a indiqué que les villages artisanaux constituent des cadres de formation, de production et de promotion des métiers et des produits de l’artisanat et principalement ceux de l’artisanat d’art. Le Burkina a opérationnalisé son 1er village artisanal en 2000 à Ouagadougou.

A ce jour, deux autres villages artisanaux ont été créés, à savoir le Village artisanal à Bobo-Dioulasso (VAB) financé par la Chine Taïwan, avec une contribution de l’Etat et celui de Kaya, construit par la Loterie nationale du Burkina(LONAB), à l’occasion de la célébration des festivités du 11-Décembre 2016.
Dans la recherche de solution pour une meilleure organisation et gestion de ces infrastructures, a expliqué M. Sédogo, plusieurs options, de la création d’une Agence de gestion des villages artisanaux (AGVA), pilotée par la direction générale de l’artisanat à leur rattachement au Salon international du SIAO en passant par la cession des villages artisanaux aux conseils régionaux, ont été explorées. Pour le président de la CMA-BF, son institution remplit toutes les conditions pour le rattachement des villages artisanaux. Il en veut pour preuve, l’exécution réussie des marchés de l’Etat de plus de dix milliards par les artisans et ce, par l’entremise de la CMA-BF. Pour lui, sa structure n’a pas bénéficié d’accompagnement conséquent afin de lui permettre de prendre son envol. Le vice-président du bureau consulaire, Jean Marie Tompoudi de renchérir en relevant que la CMA-BF a sollicité un budget de trois cents millions pour cinq ans de fonctionnement contre huit cents millions prévus pour l’AGVA sur une période de trois ans. Pour lui, son institution a pour mission de travailler à l’organisation, à la formation et à la promotion du secteur de l’artisanat alors que le SIAO n’intervient que dans la promotion.

Les VA étant des outils de l’artisanat et essentiellement de l’artisanat d’art, quoi de plus logique que de les rattacher à la CMA-BF pour une meilleure efficacité au profit des acteurs du secteur et du développement socio-économique du Burkina Faso. En réponse à des questions de journalistes, les artisans ont dit déplorer le manque de dialogue avec la tutelle et ce, depuis l’arrivée du ministre Harouna Kaboré, à la tête de ce département. Il est également reproché à celui-ci, chargé de l’artisanat, de n’avoir pas jusque-là visité la CMA-BF. «Nous attendons de la tutelle qu’elle joue son rôle d’accompagnement, de réglementation et de recherche de partenaires Techniques et Financiers pour accompagner la dynamique », a conclu Jacques Athanase Sédego.

Honoré KIRAKOYA

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