Baisse du prix du carburant: Inopportune, selon des consommateurs

La plupart des pompistes continuent de servir le carburant au prix habituel.

Les prix des hydrocarbures vendus à la pompe ont, depuis le 3 avril 2020, connu une baisse de 30 F CFA (Super 91, Gasoil) et de 20 F CFA (Pétrole). Cette décision du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures (CIDPH), loin d’être saluée, connaît un accueil quelque peu mitigé auprès de certains consommateurs et de gérants de station à Ouagadougou. Une équipe de Sidwaya a fait le tour de quelques stations d’essence.

Vingt-quatre heures après l’annonce de la baisse du prix des hydrocarbures (Super 91, Gasoil, 30 F CFA et 20 F CFA pour le Pétrole), l’affichage de la pompe de certaines stations, en cette matinée du samedi 4 avril 2020, reste inchangé. Le prix du litre d’essence est toujours fixé à 660 francs CFA au lieu de 630 F CFA à la station Total « Présidence », située à quelques encablures du palais de Kosyam.

Les techniciens, s’est justifié le gérant de la station, Alassane Nonguerma, ne sont pas « encore passés » pour en parler, comme à l’accoutumée. Les prix, a-t-il juré la main sur le cœur, seront réajustés après le passage de l’équipe des professionnels des hydrocarbures. Quelques clients venus faire le plein ont jugé « inopportune » la baisse du prix des hydrocarbures dans ce contexte de quarantaine où les populations sont appelées à limiter leur déplacement.

C’est le cas d’ailleurs de Smaila Koutogma. « Il y a d’autres d’urgences en ce moment que la baisse des prix des hydrocarbures », a-t-il déclaré. Il a soutenu que le gouvernement devrait plutôt baisser les prix des denrées alimentaires et non ceux des hydrocarbures. « Actuellement, de nombreuses personnes, en raison du COVID-19, et de la quarantaine, ont limité leur déplacement. Des entreprises et autres structures de la place ont également fermé. A quel souci répond cette baisse? », s’est-t-il interrogé.

A quelques mètres de ces lieux, notamment à la Station Shell, le pompiste, Karim Ouattara, partage le point de vue de Smaïla Koutogma. Pour lui, il ne s’agit pas d’une baisse. « Avant cette prétendue baisse, il y a eu une semaine auparavant, une augmentation de 25 francs CFA. Cela est passé presse qu’inaperçu. Nous n’avons même pas eu le temps d’appliquer cette hausse que l’annonce de cette baisse des hydrocarbures est intervenue. Ce n’est pas sérieux.

On sent du tâtonnement », a-t-il dénoncé, tout en ajoutant que la baisse du prix des hydrocarbures n’est pas la « vraie » priorité. Pour Fabrice Kaboré, un agent de bureau, cette baisse du prix des hydrocarbures vient à point nommé. Il a, toutefois, déploré la lenteur dans les prises des mesures de ce genre. « Il a donc fallu attendre plus de deux semaines, la crise sanitaire du Coronavirus pour voir le gouvernement prendre des mesures sociales. C’est un mauvais timing », a-t-il regretté.

D’après lui, le gouvernement attend toujours que la population se plaigne avant de réagir, aucune anticipation. Autre station, autre constat. A la station Total, en face du parc Bangréwéogo, le responsable des lieux qui a préféré garder l’anonymat a indiqué que cette baisse sera éphémère. Selon lui, elle ne fera pas long feu. « Dans quelques mois, les prix des hydrocarbures connaîtront à nouveau une hausse au Burkina due à l’augmentation des prix internationaux. C’est un cercle vicieux », a-t-il commenté.

Obissa Juste MIEN
(Collaborateur)

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