Confinement des cités universitaires : les étudiants veulent une restauration gratuite

Depuis le mercredi 1er avril 2020, les cités universitaires sont en confinement dans le cadre de la lutte contre le coronavirus (COVID-19). Au constat des deux premiers jours, la mesure est globalement respectée à la Patte d’Oie, Gounghin et Larlé à Ouagadougou, mais leurs locataires souhaitent la gratuité de la restauration.

Jusque-là, il n’y aucun cas confirmé de coronavirus (COVID-19) parmi les étudiants résidant dans les cités universitaires du Burkina Faso. Pour se prémunir contre la maladie, les étudiants, sur initiative propre et avec l’onction du Centre national des œuvres universitaires (CENOU), sont confinés, à compter du mercredi 1er avril 2020. Au premier jour de cette mesure, les portes de la cité universitaire de la Patte d’Oie sont hermétiquement fermées.

« Personne n’entre, personne ne sort », a précisé le vigile à l’entrée. En plus des dispositifs de lavage des mains, les étudiants confinés devisent sous des hangars, respectant la distance de sécurité d’un mètre. « Toutes les mesures pour freiner la propagation du COVID-19 sont les bienvenues. Le confinement n’est pas facile, mais nous savons qu’il vise à nous protéger », a soutenu le délégué général des étudiants de la cité, Barthélemy Konombo. De façon pratique, a-t-il expliqué, les étudiants ont compris la dangerosité de la maladie et les sensibilisations se poursuivent dans la cité pour le respect des mesures. Les sorties, a-t-il renchéri, ne sont autorisées qu’en cas « d’impérieuse nécessité » comme les maladies et les retraits d’argent. Autre cité, même réalité. A Larlé dans la cité des filles, le dispositif de lavage des mains est bien en place. Les filles échangent devant la télévision, dans la matinée du jeudi 2 avril 2020. Dans l’ensemble, la mesure est bien accueillie par les étudiantes.

« Nous avons été surprises par la mesure mais elle est nécessaire au regard de la propagation rapide de la maladie », a confié la secrétaire à l’information de la cité, Balguissa Savadogo. Le confinement limitant les mouvements, les filles se sont organisées en s’adonnant à des parties de jeux de cartes, des séances de sport entre autres, pour « tuer le temps », a ajouté Mlle Savadogo. La cité de Larlé ne disposant pas de Restaurant universitaire (RU), une équipe a été constituée pour l’achat des condiments nécessaires à la cuisine pour la quarantaine de résidentes.

La balle dans le camp du CENOU

A la cité de Gounghin, communément appelée « Cité chinoise », la porte est ouverte à notre arrivée sur les lieux. Et pour cause, la mesure fait des grincements de dents au sein des étudiants. « Certains refusent de comprendre la mesure parce qu’ils estiment qu’ils ne peuvent pas être confinés sans mesures d’accompagnement. Malheureusement, nous ne disposons pas de moyen de pression sur eux. Nous avons donc ouvert la porte quitte à ce que le CENOU prenne des dispositions pour le respect de la mesure », a laissé entendre le délégué général de la cité, Frédéric Bakouan.

En dehors des cours, les étudiants mènent de petites activités pour subvenir à leurs besoins et ce confinement crée à leur niveau, un dénuement total, a fait savoir Barthélémy Konombo. Dans les cités universitaires, les étudiants souhaitent donc la gratuité de la restauration durant le temps du confinement. Sur la question, le directeur régional des œuvres universitaires de Ouagadougou, Issa Ouédraogo, a précisé que des concertations sont en cours entre le CENOU et ses partenaires pour étudier la faisabilité de cette gratuité. Les étudiants demandent également l’équipement des différentes infirmeries pour prendre en charge les éventuels cas de maladie. « Nous avons un service de santé et de l’action sociale qui prend en charge les cas de maladies et de problèmes psychologiques.

Le CENOU accompagne déjà les étudiants qui sont dans des situations particulièrement difficiles, à travers le fonds de secours universitaires. Cet accompagnement pourra se poursuivre si des cas avérés sont constatés », a-t-il relevé. Aux dernières nouvelles, des échauffourées ont éclaté entre les étudiants de la cité de Kossodo et les forces de l’ordre en lien avec le non-respect du confinement, dans la nuit du 31 mars au 1er avril.

Jean-Marie TOE &
Monique OUEDRAOGO
(stagiaire)

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