Hommage aux blouses blanches !

Depuis le 9 mars 2020, le Burkina Faso se bat contre le coronavirus. Au fil des jours, le nombre de cas confirmés, de personnes contact, de malades guéris et de décès augmentent. A titre d’exemple, à la date du mardi 7 avril, le pays des Hommes intègres a enregistré au total 384 cas confirmés, 127 personnes guéries et malheureusement 19 décès. Certes, ces chiffres classent notre pays en tête des Etats de l’Afrique de l’Ouest, mais plutôt que de voir le verre à moitié vide, il faut le voir à moitié plein.

A y voir de plus près, il faut s’en réjouir parce que les efforts conjugués des uns et des autres ont permis la guérison de 127 personnes, soit plus de six fois le nombre de décès et 33% du nombre de cas confirmés. On aurait bien aimé n’avoir que quelques dizaines de cas et zéro décès, mais le fantôme est déjà dans la maison et il faut plutôt travailler à l’en extirper. Comparativement à bien de pays dits développés avec des systèmes sanitaires nettement plus performants, le Burkina Faso fait des pieds et des mains pour contenir plus efficacement le mal.

A ôter les 127 guéris et les 19 décès du nombre de cas confirmés, le pays se retrouve avec 248 personnes suivies, ce qui est en soi, un nombre raisonnable.
Derrière ces chiffres, il y a nos gouvernants et autorités sanitaires qui, depuis le 9 mars, s’arrachent les cheveux pour non seulement contenir le mal ou même l’anéantir, mais aussi et surtout, atténuer les effets pervers des mesures restrictives sur l’économie à l’échelle de chaque Burkinabè et partant, de tout le pays.

Plan de riposte, accompagnement des acteurs touchés, allègement des charges fiscales, gratuité de l’eau et de l’électricité pour les ménages modestes, acquisitions de réactifs, de masques et de matériels médicaux …, tout est mis dans la balance pour permettre aux Burkinabè de vivre dignement, malgré cette guerre imposée par la pandémie.

Ces chiffres reflètent aussi la générosité de personnes morales et physiques, de citoyens, nantis ou pas, qui se sacrifient en nature ou en espèces, pour aider les autorités à faire à cette nouvelle donne. Sur le chiffre d’affaires de leurs entreprises ou de leur propre bourse, ils contribuent à mieux prendre en charge les malades, à protéger les agents de santé et les populations et surtout à offrir la pitance quotidienne à ceux qui en sont privés du fait des mesures gouvernementales.

Ces chiffrent sont également l’œuvre de Burkinabè qui, ayant compris la dangerosité de la maladie et son rythme de propagation sans précédent, se sont autoconfinés pour ne pas la propager, parce qu’ayant été en contact avec des personnes testées positives. A ce lot de « civiques », il faut ajouter tous ceux qui respectent religieusement les consignes données par le gouvernement, au sacrifice de leur liberté et pour la plupart, de leur pain quotidien.
Mais derrière ces chiffres, il faut d’abord et surtout voir les professionnels de la santé, du

Professeur à la fille de salle en passant par le médecin, l’anesthésiste, le réanimateur et l’infirmier qui côtoient à longueur de journée la mort pour sauver la vie des autres. Au détriment de leur repos, au risque de contaminer leur famille, dans un stress extrême, ils puisent au plus profond de leur savoir pour coordonner, faire les tests, soigner, réanimer … guérir.

A leurs côtés, virologues, épidémiologistes, cliniciens et acteurs de la médecine traditionnelle sont au laboratoire pour trouver un remède. Aujourd’hui, plus qu’hier, ces femmes et hommes en blouse blanche, ces héros nationaux qui se battent contre le COVID-19, méritent, bien plus qu’un hommage national, de meilleures conditions de vie et de travail. L’après-coronavirus doit constituer un nouveau point de départ pour le secteur de la santé.

Jean-Marie TOE

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