Pandémie du COVID-19: les préoccupations du Conseil économique et social

Le Conseil économique et social, dans les lignes qui suivent, invite le gouvernement à poursuivre la réflexion afin d’adapter les mesures prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus aux réalités socioéconomiques du Burkina.

La maladie du « COVID-19 » qui secoue le monde entier et particulièrement notre pays ne saurait laisser personne indifférent. Cette pandémie est venue bousculer nos certitudes, remettre en cause certaines de nos pratiques et est en train de dérégler sérieusement notre civilisation. La maladie est une réalité à la fois sanitaire mais aussi sociale et économique. A la survenue de la maladie, les plus hautes autorités du pays ont pris un certain nombre de mesures dans le sens de l’endiguer et de la circonscrire. Ainsi en est-il de la prise de mesures comme le couvre-feu, la mise en quarantaine des ville touchées, la fermeture des lieux de culte, des marchés, des yaars, des bars, des maquis ainsi que le port obligatoire des masques. A cela s’ajoutent les mesures sociales prises par son Excellence Monsieur le Président du Faso pour aider les couches vulnérables à pouvoir supporter un tant soit peu cette nouvelle donne. Il s’agit de la gratuité de l’électricité et de l’eau, de la suspension de certaines taxes, de la suspension de loyers, de la distribution des vivres, de la réouverture de boutiques témoins, etc. Le Conseil économique et social (CES) salue à sa juste valeur ces mesures, félicite le gouvernement sous le leadership de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, l’encourage et l’exhorte à continuer dans ses efforts pour faire encore plus et mieux surtout pour les couches les plus vulnérables. Au niveau des mesures prises pour limiter la propagation de la maladie, le CES invite le gouvernement à poursuivre la réflexion afin d’adapter nos mesures à nos réalités socioéconomiques. A cet effet, le CES voudrait saluer la prise de mesures concertée avec les acteurs pour l’allègement de certaines mesures telles que le couvre-feu ou la réouverture graduelle programmée des marchés. Le président du CES invite instamment les autorités à toujours privilégier la concertation afin d’engager un maximum d’acteurs dans la lutte contre la maladie. En ce qui concerne le plan de riposte contre le COVID-19, le CES salue les efforts des hommes et des femmes de la santé ainsi que de tous les autres acteurs impliqués dans la recherche de solutions à ce mal. Il importe de doter ses hommes et femmes de moyens matériels conséquents pour mener à bien leurs missions. Ces personnes qui sont à l’avant-garde doivent être encore plus responsabilisées afin de trouver le remède efficace contre cette maladie. C’est pourquoi le CES propose que des dispositions soient prises pour des dépistages massifs au niveau des localités touchées. Cela permettra l’isolement immédiat des personnes testées positives et de rompre ainsi la chaine de transmission de la maladie. Le CES, au regard des conséquences de cette maladie sur le court, moyen et long terme, reste convaincu que pour nous en sortir, il faut faire appel à notre intelligence collective et à un engagement fort de l’ensemble de nos compatriotes, une sorte d’union sacrée des filles et fils de tout bord (politique, économique, scientifique, culturel, social, syndical…). Dans ce sens, le CES invite le Gouvernement à travailler dans un élan d’apaisement du climat social et dans l’optique de rassembler toutes les composantes de la Nation afin de canaliser toutes les compétences et tout le génie créateur de nos compatriotes pour ce combat contre la maladie. Cette maladie peut et doit être une opportunité pour taire et même faire table rase sur certaines divergences et voir l’avenir plus large ensemble. Le CES invite les populations à respecter les gestes barrières et les mesures prises par les autorités pour lutter contre la maladie. Il encourage et exhorte les Burkinabè d’ici et d’ailleurs ainsi que les partenaires du pays à un élan de solidarité en faveur des plus défavorisés d’entre nous. A travers une discipline individuelle et collective, nous parviendrons à bout de la pandémie. En outre, le CES lance un vibrant appel à ne pas perdre de vue que la lutte contre le terrorisme et l’insécurité reste toujours d’actualité. Il réitère ses félicitations, son encouragement et tout son soutien aux Forces de défense et de sécurité qui ne ménagent aucun effort pour lutter contre ce fléau. Egalement, il interpelle la conscience collective de l’ensemble des Burkinabè que la situation de nos frères et sœurs déplacés internes du fait de l’insécurité est toujours préoccupante. Oui ! Près de 800 mille personnes ont été obligées de fuir leur localité et elles ne comptent que sur nous. Ne les oublions pas !

Que Dieu bénisse et protège
le Burkina Faso !

Révérend Dr Moïse NAPON
Président du Conseil Economique
et Social

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