Présence supposée de cas COVID-19 sur le site de Nantou Mining : Il n’en est rien, selon le DG, Daniel Martini

Nantou Mining

Des cas positifs de COVID-19 à la mine de zinc de Perkoa… L’information a fait couler beaucoup d’encre et de salive dans le Centre-Ouest. Dans un entretien entretenu qu’il nous a accordé, mercredi 15 avril 2020, sur le site de la mine, le docteur en géologie et en mines, Damien Marini, directeur général de Nantou mining et Nantou explorations, met fin aux rumeurs.

Sidwaya (S.) : Début mars 2020, beaucoup d’informations ont circulé sur d’éventuels cas positifs de coronavirus sur votre site. Qu’en est-il exactement ?

Daniel Marini (D. M.) : Il y a eu 68 personnes qui ont été mises en quarantaine, il y a cinq semaines de cela. Il y a donc très longtemps. Depuis 5 semaines, nous avons pris des mesures. Nous sommes des précurseurs dans la prévention et la lutte contre le coronavirus. Tout le monde portait déjà le masque avant qu’on en parle partout. Ces personnes ont été mises en quarantaine pour deux raisons.

Certaines venaient d’arriver de l’étranger, et elles ont été systématiquement mises en quarantaine. Ensuite, nous avons eu deux cas positifs, il y a cinq semaines, à Ouagadougou, pas ici sur le site. Toutes les autres personnes qui ont été en contact, de façon directe ou indirecte, avec ces deux personnes ont aussi été mises en quarantaine.

Ces deux personnes positives ont été testées deux fois négatives et elles ont repris le travail, il y a trois semaines. Celles qui avaient été en contact avec ces deux, au nombre de 68, sont toutes sorties de quarantaine. En parallèle, certaines d’entre elles, cinq notamment, ont été testées pour s’assurer. Elles ont été déclarées négatives.

S. : Aujourd’hui, quelles sont les mesures prises pour éviter de nouveaux cas ?

D. M. : Nous avons complètement fermé le site. Plus personne ne sort, plus personne ne rentre. C’est exceptionnellement vous qui avez eu accès. On vit en autarcie. 400 personnes vivent ici sur place. On est passé de 100 personnes logées à plus de 400. D’autres ont pris leurs congés. Nous précédons à des examens médicaux systématiques pour chaque personne, prise de température, symptômes, contrôle par les médecins de la clinique sur place.

A ce niveau, nous avons multiplié par trois l’effectif de la clinique. Il y a des masques, des gants partout. On a les gels hydro- alcooliques et du savon pour se laver les mains. La température est prise à l’entrée du site, dans les messes, les bureaux, les différents restaurants. Il y a les agents de la sécurité qui passent prendre la température à l’improviste et partout. Jusque-là, tout va bien.

Il y a des rotations. On y fait très attention. On a étendu les rotations de 5 jours de travail et 2 jours de repos 28 jours de travail et 28 jours de repos, pour permettre de rester plus longtemps et de s’assurer de leur état de santé sur place.

Nous sommes en train de réfléchir à mettre ceux qui sont en repos en quarantaine avant qu’ils ne commencent à travailler afin d’avoir un bon contrôle et suivi médicaux de ces personnes. On a le respect strict des gestes barrières qui sont essentiels et prioritaires pour rompre la chaîne de la contamination.

S. : Quelle est la contribution de la mine à la lutte contre le coronavirus, au niveau local et national ?

D. M. : Nous avons embauché des crieurs publics dans les 13 villages environnants, pour informer et sensibiliser la population. Nous avons aussi diffusé des messages en mooré et lélé, sur la radio locale « La voix du Sanguié », pour s’assurer justement que les règles d’hygiène contre le COVID-19, sont respectées.

Au niveau national, nous avons donné 50 millions F CFA. On a été l’une des premières entreprises minières. La Chambre des mines du Burkina a remis un chèque de 200 millions FCFA à l’Etat dont 50 millions FCFA de Nantou Mining. Nous avons été l’un des principaux donateurs, à hauteur de 25% pour l’instant.

S. : Cette situation a-t-elle un impact sur les activités de la mine ?

D. M. : Bien-sûr. Le premier impact est psychologique et moral. C’est difficile pour les travailleurs. C’est difficile de ne pas rentrer régulièrement pour voir leurs familles. En parallèle, c’est un virus qui fait ressortir tous les autres, les rumeurs, l’ostracisme, les fausses informations…

Il faut donc se battre contre toutes les fausses rumeurs. Quand on a mis les gens en quarantaine pour le bien-être de tous, par exemple, nous avons entendu dire qu’il y avait 60 personnes qui étaient en train de mourir ici. Ce sont des aberrations. Le deuxième impact concerne le business. Nous produisons du zinc. Le cours du zinc s’est effondré à plus de 30%, alors que l’or a augmenté de plus de 30%. C’est une catastrophe. On se bat pour survivre actuellement.

S. : La production a-t-elle aussi pris un coup ?

D. M. : La mine continue à produire normalement. C’est un peu plus dur, plus difficile que ça l’était auparavant. L’usine qui valorise le bon grain de l’ivraie, tourne plutôt bien, sans trop de problèmes techniques. Il y a cinq semaines, nous avons fait de grosses réserves de nourriture, de pièces, de carburant… pour être autonome. Actuellement, nous avons des stocks nous permettant de vivre en autarcie pendant deux à trois mois sans trop de problèmes. Nous avons dépensé beaucoup plus évidemment, mais nous avons anticipé.

Interview réalisée par
Djakaridia SIRIBIE

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