Riposte au coronavirus: le CHR de Kaya préparé à toute éventualité

Dans le cadre de la prise en charge d’éventuels cas testés positifs au coronavirus, Sidwaya a rencontré les premiers responsables du Centre hospitalier régional de Kaya (CHR/K), le mardi 7 avril 2020.

Le Centre hospitalier régional de Kaya (CHR/K) est prêt à prendre en charge d’éventuels cas positifs de coronavirus. C’est l’assurance donnée par le Directeur général (DG), Auguste Joël Somda, le mardi 7 avril 2020. « Nous envisageons même faire de la simulation de prise en charge d’un cas testé positif, afin de rectifier le tir », ajoute-t-il. Selon lui, les préparatifs ont débuté depuis fin décembre 2019 avec la formation des préparateurs de Solution hydroalcoolique (SHA). « Ces aménagements concernent trois aspects, notamment l’acquisition, l’organisation interne et la réhabilitation de salles », fait savoir M. Somda. A l’entendre, l’aspect acquisition a touché trois volets, à savoir les ressources humaines, l’équipement de matériel et les intrants. « Nous avons acquis, essentiellement, en urgence quatre lits, quatre matelas, deux concentrateurs d’oxygène, quatre respirateurs (en cours), des masques spécifiques pour le personnel soignant et de matériel de soins, pour un coût global estimé à 50 millions F CFA », a déclaré M. Somda. Il ajoute aussi que sa structure dispose toujours des combinaisons dotées, lors de la maladie à virus Ebola qui peuvent servir pour la protection du personnel soignant. Pour une prise en charge des malades, des salles de soins ont été réhabilitées.
« Nous avons aménagé une salle à deux lits pour des cas suspects en attente de confirmation. Deux autres salles à deux lits chacune ont été dégagées pour le confinement des cas testés positifs. Une autre salle à deux lits est dédiée à la réanimation des cas graves », rassure la Directrice des soins infirmiers et obstétricaux (DSIO) du CHR/K, Géneviève Sawadogo. « D’autres salles pourront être réquisitionnées en fonction de l’évolution de la situation », renchérit M. Somda. Quant à l’aspect organisationnel, le Directeur de la qualité (DQ) du centre, Germain Dabiré, souligne que deux équipes ont été mises en place : une Equipe d’intervention rapide (EIR) et celle de coordination. « Un service d’hygiène veille aussi au port obligatoire des bavettes, au lavage systématique des mains et à la restriction des visites dans le centre », a-t-il poursuivi.

Vétusté du bâtiment

Au Service de laboratoire (SL), une équipe d’investigation est chargée de gérer des cas de suspicion. « Après investigation, s’il s’agit d’un cas suspect, nous faisons le prélèvement pour des analyses, afin de confirmer ou d’infirmer le résultat », a expliqué le chef du SL, Barnabé Sanou. Pour ce faire, son souhait est de voir son équipe renforcée en Garçons et femmes de salle (GFS), Préparateurs d’état en pharmacie (PEP) et pharmaciens dont deux par catégorie d’emploi. Notre périple nous a ensuite conduit à l’Unité de technologie pharmaceutique (UTP). Là, le PEP, Aimé Balma et ses collaborateurs, travaillent d’arrache-pied pour préparer la SHA. « Avec la pandémie, actuellement, nous sommes passés de 50 à 63,67 litres de SHA par semaine », dit M. Balma. Il manifeste sa satisfaction quant aux préparatifs de lutte contre le COVID-19. « Il n’y a pas d’inquiétude pour le moment. Avec l’initiative prise, même s’il y a des cas confirmés, nous pourrons gérer la situation », se réjouie-t-il. Cependant, son service fait face à d’énormes difficultés, à savoir le manque de personnel et d’intrants nécessaires, l’insuffisance de flacons de SHA et la vétusté du bâtiment. « Les locaux de la pharmacie et du UTP sont exigus alors que nous utilisons des produits inflammables. Ce qui constitue un grand danger pour le personnel soignant et patients », apeure M. Somda. C’est pourquoi, il lance un appel à toutes les bonnes volontés à un sursaut ‘’patriotique’’ pour la réalisation dans ‘’l’urgence’’ d’un autre bâtiment adapté. M. Somda met l’occasion à profit pour soumettre son cahier de doléances. A l’entendre, il s’agit, notamment, du renforcement des équipements tels que des pulvérisateurs, les distributeurs automatiques de SHA, des flasheurs, du matériel de protection individuelle à usage unique et du personnel. Il invite aussi les populations à réduire les visites non nécessaires dans son centre. Le personnel soignant apprécie diversement les dispositions prises pour assurer leur protection. « Nous ne sommes pas satisfaites parce que l’équipement n’y ait pas comme les combinaisons. Nous n’avons que des masques et SHA. Mais, il n’y a pas que ça pour se protéger. Le matériel de protection des agents de santé est peu », s’inquiète l’infirmière d’Etat, Mme Ouédraogo, au service d’urgence médico-chirurgicale. De ce fait, elle souhaite que les agents de santé soient équipés davantage. Par contre, le médecin généraliste, Nelly Traoré, se dit satisfait. « Outre les mesures d’hygiène, au sein des urgences, des équipes ont été renforcées dans le but justement de pouvoir détecter des éventuels cas de COVID-19 », apprécie-t-elle.

Emil Abdoul Razak SEGDA
Segda9emil@gmail.com

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