Dé-confinement à Wuhan: Le témoignage d’une étudiante burkinabé

 Natacha Altini Goumbri est une étudiante burkinabè en 1re année de génie civil à Wuhan University dans la province de Hubei en Chine. A Wuhan, qui a été l’épicentre du coronavirus dans l’Empire du milieu, Mlle Goumbri a vécu le confinement durant trois mois. Depuis le 8 avril dernier, la ville s’ouvre au monde et les habitants reprennent peu à peu leurs habitudes. Elle nous relate son expérience du dé-confinement et du confinement.

Wuhan, chef-lieu de la province de Hubei, en Chine, premier épicentre du coronavirus, sort lentement de son confinement depuis le 8 avril 2020 après trois mois d’isolement du reste du monde. Natacha Altini Goumbri, originaire du Burkina Faso, est inscrite en 1re année de génie civil à Wuhan University. A l’instar de tous les habitants de la ville, elle a vécu au rythme du confinement qui a été imposé pendant trois mois pour endiguer la propagation du coronavirus. Cette mesure ayant porté ses fruits, les autorités ont décidé de dé-confiner la ville. Les populations apprennent à retrouver le grand air depuis deux semaines. Mlle Goumbri et ses camarades étudiants ont, depuis lors, droit par jour à deux heures de sortie dans l’enceinte de l’université. « Nos responsables ne nous permettent pas de franchir la porte de l’université. Mais c’est vraiment la joie de pouvoir sentir la nature, faire du sport, car c’était l’inactivité totale durant le confinement », confie-t-elle. Pour bénéficier de ces deux heures de sortie, les étudiants sont organisés par groupes pour qu’ils ne se retrouvent pas en grand nombre dans la cour. Selon Natacha A. Goumbri, il y a des étudiants qui profitent de ce moment « récréatif » de 8h à 10h, d’autres de 10h à 12h, et ce jusqu’à 16h. Mlle Goumbri qui s’attendait à « une liberté totale » après trois mois de réclusion savoure tout de même cet instant qui lui permet de renouer avec l’extérieur.  « Au regard de la situation actuelle, c’est compréhensible, les deux heures de sortie », relativise-t-elle.

Comment a été le confinement de trois mois ? Pour Natacha A. Goumbri, cette période a été éprouvante tant la psychose avait gagné les esprits. « Nous étions bien enfermés dans nos chambres, on sortait du building juste pour prendre le repas qui nous était offert par l’université. Un vrai confinement ! Nous ne pouvions même pas franchir la clôture du bâtiment pour atteindre la cour de l’école où autrefois on se promenait librement. Chaque jour, Une équipe venait prendre notre température pour s’assurer qu’aucun étudiant ne présentait les symptômes de la maladie », raconte-elle.

« Notre ambassade nous a soutenus »

Face manque de provisions qu’avait occasionné la fermeture des supermarchés et des marchés, souligne Goumbri, l’université avait décidé d’offrir trois repas par jour aux étudiants étrangers. Elle précise que l’ambassade du Burkina Faso en Chine a volé à leur secours pendant cette période. « Nous avons pu compter sur notre ambassade qui nous a soutenus et a fait monter nos doléances auprès de nos hautes autorités. Le gouvernement, par le biais de l’ambassade, nous a aidés financièrement », confie-t-elle. Entre compatriotes burkinabè vivant à Wuhan, l’élan de solidarité a été également au rendez-vous, ce qui leur a permis de tenir bon.

Les cours du second semestre devraient reprendre le 17 février 2020, mais le nombre de contaminés avait considérablement augmenté à Wuhan. C’est ainsi

que l’université a opté pour les cours en ligne. « Nous sommes actuellement en mi- semestre et tout se passe bien. Les professeurs sont zélés et très rigoureux, ils nous encouragent à prendre les cours en ligne au sérieux. Chacun devant son écran, c’est la concentration. Nous suivons le programme normal comme si nous étions présents réellement en classe.  C’est formidable », se réjouit Natacha A. Goumbri.  Elle dit être de cœur avec ses compatriotes burkinabè qui font à la pandémie et les encouragent à respecter les mesures de protection édictées par les autorités sanitaires afin de limiter la propagation à grande échelle.

Karim BADOLO

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