Des éclairs dans la grisaille

A travers quasiment toute la planète, le décompte macabre se poursuit. La pandémie du COVID-19 endeuille des familles ici comme ailleurs et porte des coups sévères à une économie mondiale ébranlée dans ses fondements. Comme des éclairs dans la grisaille ambiante, le Burkina Faso, malgré le terrorisme, la lancinante crise humanitaire et la fronde sociale, avance sur la voie du développement et se bat pour rétablir l’ordre partout où les flibustiers du 21e siècle tentent d’imposer leur diktat.

Ainsi, le “déverrouillage “ effectif de Djibo par l’armée et son approvisionnement à partir de Ouahigouya et de Ouagadougou, donnent la preuve que le peuple burkinabè et ses dirigeants n’entendent pas plier l’échine devant les hommes armés non identifiés qui avaient mis la capitale provinciale du Soum sous coupe réglée depuis fin mars 2020.

L’annonce du gouvernement se voulait tout de même prudente. « Il peut y avoir des périodes de tensions mais nous allons travailler à ce que l’étau se desserre petit à petit autour de cette ville », a déclaré le ministre porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou. Dans cette province frontalière du Mali, après Nassoumbou, Tongomael et Baraboulé qui semblent aujourd’hui échapper à un contrôle, c’est au tour de Djibo de subir les coups de boutoir de l’hydre terroriste.

Et il faudrait urgemment bien plus qu’un approvisionnement pour rétablir une situation sécuritaire, humanitaire et administrative normale. Pour l’heure, Djibo a des allures d’une forteresse en proie à des enlèvements-exécution par des hommes en armes, que l’ONG Human right Watch a décrits dans son dernier rapport.

En attendant que les enquêtes ouvertes par le procureur militaire sur la responsabilité supposée des forces de défenses et de sécurité burkinabè, il faut reconnaître que la situation reste volatile et mérite une synergie d’actions permanente et plus étendue avec les partenaires du pays dans la lutte contre le terrorisme.

Car, la meilleure façon de sécuriser Djibo est de se donner les moyens de prendre pied durablement dans les villes de son hinterland, sur les principaux axes qui y mènent et sur les chantiers routiers majeurs à l’arrêt pour cause d’insécurité.

Dans la grisaille, pointent aussi des éclairs à propos de la bataille de l’énergie. Les temps de canicule, et les programmes de délestages ne font plus les unes, grâce aux avancées conséquentes dans ce domaine. De 325 mégawatts de puissance disponibles en 2015, on est passé à 700 en 2020. Ce qui permet de traverser la période de pic de la demande avec une réserve de 94 mégawatts.

Pour la première fois, et ce depuis une dizaine d’années, le pays a atteint l’équilibre entre l’offre énergétique et la demande. Cela, grâce à l’action combinée des interconnexions avec les pays voisins, le renforcement de la production thermique, la centrale solaire de Zagtouli inaugurée en 2016, les mini-centrales solaires et le backup solaire qui a permis à bon nombre de ménages de prendre leur indépendance énergétique.

Au-delà de la production, il y a l’extension visible du réseau dans les zones périurbaines. Mais au regard des taux d’accès à l’électricité assez faibles (68% en zones urbaines et seulement 5% en milieu rural), le défi reste de taille.

Enfin, le Coronathon, avec 300 millions de F CFA récoltés en une soirée, a montré le degré de solidarité active du peuple burkinabè et sa capacité à s’accorder sur l’essentiel. Avec le dialogue politique qui se dessine, l’horizon peut se dégager pour peu que l’intérêt supérieur de la Nation prévale.
Souhaitons que le mois béni de ramadan apaise les cœurs !

Par Mahamadi TIEGNA

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