Mesures fiscales pour les micro-entreprises : « Nous n’en bénéficions pas », Martial Wilfried Bado, promoteur de K-risme

Le promoteur de K-risme, Martial Wilfried Bado : « Nous avons une machine d’une capacité de production de 750 calepins par jour qui est à l’arrêt ».

Le 2 avril dernier, lors de son discours à la Nation, le président du Faso a pris un certain nombre de mesures fiscales afin d’alléger les charges des entreprises. Mais, pour les microentreprises, ces mesures semblent n’avoir pas d’effets comme le fait savoir Martial Wilfried Bado, promoteur de K-risme.

K-risme est une microentreprise, spécialisée dans la création d’objets de papèterie en pagne africain. Il s’agit notamment d’agenda, de bloc-notes, de registres, etc. Selon son promoteur, Martial Wilfried Bado, l’objectif est d’apporter une valeur ajoutée à travers le savoir-faire africain. Créée en 2018, K-risme avait pris son envol avec un taux de croissance de 67% en début d’année.

Mais depuis l’avènement de la maladie à coronavirus, confie le promoteur, cet élan s’est rapidement ralenti. « Nous n’avons pas tardé à sentir l’impact de la maladie parce que dès les deux premières semaines de l’apparition, nos activités se sont ralenties parce qu’il n’y avait plus de séminaires, les rassemblements, … Nos outils sont commandés dans les administrations. Du coup, quand tout cela s’est arrêté, nous nous sommes dit qu’il fallait repenser le business », explique Martial Wilfried Bado.

A l’écouter, seules quelques commandes qui étaient déjà en cours ont été livrées. M. Bado fait savoir que le chiffre d’affaires a baissé de l’ordre de 90%, les 10% constituant essentiellement des ventes unitaires. Face aux effets néfastes de la pandémie, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a, dans son discours à la nation du 2 avril dernier, pris des mesures économiques en faveur des entreprises.

Parmi elles, « l’exemption de la contribution des microentreprises du secteur informel » pour les mois d’avril à juin. Bien que concerné par cette mesure, le promoteur de K-risme dit ne pas en bénéficier concrètement. « L’eau et l’électricité ne sont pas des charges significatives pour nous mais plutôt les impôts. Pourtant au niveau des services des impôts, il y a des difficultés pour appliquer le ratio », martèle-t-il.

La preuve, soutient le premier responsable de K-risme, nous sommes allés récemment pour payer une partie et c’est pour toute l’année 2020 que l’on nous a imputé. Toutefois, il ne manque pas de suggestions aux premières autorités du pays.

Pour lui, la situation actuelle du Burkina vis-à-vis du coronavirus a prouvé l’intérêt d’avoir des industries dans la communauté. « Je demande alors une stratégie de lobbying de notre pays, que les autorités développent leur influence pour que nous puissions renforcer les capacités de nos entreprises pour qu’elles puissent s’industrialiser. C’est la seule manière de dynamiser le secteur économique », lance Martial Wilfried Bado.

Joseph HARO

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