Ouagadougou: des commerçants réclament la réouverture des marchés

Fermé depuis le 26 mars dernier, le marché de Sankar-yaar dans l’arrondissement n°2 de la ville de Ouagadougou a connu, le lundi 27 avril 2020, une manifestation des commerçants qui réclamaient la réouverture de leur lieu de commerce. A effet, ils ont barricadé l’avenue de la Liberté qui longe le marché côté nord.

Les usagers de l’avenue de la Liberté ont été bloqués, dans la matinée du lundi 27 avril 2020, aux alentours du marché de Sankar-yaar dans l’arrondissement n°2 de Ouagadougou. Des commerçants ont déposé des barricades sur la voie pour manifester leur désapprobation face à la fermeture de leur lieu de commerce, fermé depuis le 26 mars dernier par décision de l’autorité municipale pour lutter contre la propagation de la maladie à COVID-19. « Nous nous débrouillons à Sankar-yaar ici mais depuis plus d’un mois le marché est fermé et nous réclamons notre pain quotidien. Si nous n’arrivons pas à vendre, nous ne pouvons pas avoir à manger, c’est pourquoi nous demandons aux autorités de rouvrir le marché », a lancé Khaled Badini, un des manifestants. Il a rassuré que les mesures sanitaires édictées par le gouvernement vont être appliquées si toutefois ils ont accès à leur lieu de commerce. Son collègue Daouda Boundaogo a reconnu que la mesure de fermeture vise à freiner la propagation de la maladie mais l’inactivité pourrait causer plus de dégâts. « Présentement, nous sommes assis à la maison à cause de la maladie alors que nous n’avons rien pour nourrir nos familles », a-t-il argué. De son côté, Souleymane Sawadogo a estimé qu’avant de fermer le marché, les autorités municipales devraient rencontrer les commerçants afin qu’ils s’accordent sur les modalités. « La souffrance que nous endurons dépasse celle du coronavirus. Les malades du coronavirus, eux au moins, sont nourris chaque jour, mais nous, nous n’avons rien à manger », a dénoncé M. Sawadogo. Il a dit ne pas connaÎtre un collègue malade du COVID-19 et appelle les autorités à être attentives à leurs préoccupations. Emmanuel Sawadogo, vendeur d’ustensiles de cuisine, a souligné que le respect des décisions des autorités à des limites. « Les autorités doivent nous dire quand est ce qu’elles vont rouvrir le marché. Dans le secteur informel, beaucoup vivent au jour le jour, si bien que s’ils ne viennent pas au marché, ils ne peuvent pas avoir à manger », a soutenu Emmanuel Sawadogo. Plusieurs manifestations similaires ont eu lieu à Dix-Yaar, Nabig- Yaar et dans d’autres marchés de la capitale pour les mêmes motifs.

Joseph HARO

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Le maire Armand Béoindé rassure

Dans l’après-midi, le maire de Ouagadougou, Armand Béoindé, a échangé avec ceux des arrondissements à propos du mouvement d’humeur des commerçants. A l’issue de cette rencontre, il s’est confié à la presse. « Nous avons constaté ce matin, qu’un certain nombre de commerçants ont manifesté leur impatience face à la fermeture de leurs marchés, surtout que Rood-Woko a été rouvert la semaine dernière, avec la promesse d’en faire autant pour les autres sous un certain nombre de conditions. Ces conditions sont en train d’être remplies, c’est-à- dire, nettoyer ces marchés, créer à l’intérieur une nouvelle organisation pour respecter la distanciation, demander aux commerçants de réduire le nombre de clients et d’avoir des dispositifs de lavage des mains. Le port du masque est devenu obligatoire et cela vaut aussi pour les commerçants », a déclaré le bourgmestre de la capitale. Il a par ailleurs indiqué : « A partir de la semaine prochaine, nous allons rendre compte au gouvernement avant de pouvoir prendre l’arrêté de réouverture de ces marchés ».

A.C

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