Ramadan et le travail

Louanges à Allah comme il sied à la majesté de Sa face ainsi qu’à la grandeur de Son trône. Louanges infinies à Lui pour Ses innombrables bienfaits. Que Sa paix et Ses bénédictions se déversent abondamment sur Son noble Prophète Mouhammad ainsi que sur ceux qui le suivent.
On ne peut que s’étonner et s’interroger sur la place et la valeur du travail en Islam au regard du comportement de beaucoup d’entre nous en ces temps de pénitence. Déjà que notre attitude au travail justifie, largement, l’état de développement de nos pays, l’impression est que, dans bon nombre d’administrations, l’accomplissement du travail se résume à juste la présence physique. Nous trichons avec nous-même au travail alors qu’ailleurs (les contrées développées) la sincérité est de mise et cela, très souvent, sans aucun lien avec une quelconque foi religieuse.
Si à cette paresse habituelle et à l’état d’esprit qui semble être le nôtre, s’ajoutent la chaleur de ces temps qui courent ainsi que la pénitence du jeûne, certains en trouveraient la justification du « faire peu ou de ne plus rien faire ». Si les bureaux ne deviennent pas des dortoirs, s’ils ne deviennent pas juste des cadres pour profiter de la climatisation afin d’atténuer la chaleur, c’est la pandémie du COVID-19 qui vient justifier l’absentéisme notoire. D’autres délaissent tout autre forme d’activité pour ne se consacrer qu’à l’adoration dans son sens premier. Tout cela dénote d’une compréhension erronée de la religion en général et, particulièrement, de l’Islam.
D’abord, il faut préciser que si ‘‘ tout travail mérite salaire’’, tout salaire doit correspondre, aussi, à un travail bien fait. Comment, en tant que musulmans, justifierons-nous la licéité (le caractère halal) de notre salaire si nous avons triché pendant l’accomplissement du travail. Rappelons-nous ces propos du Prophète « comment Allah va-t-Il exaucer cet homme alors que sa subsistance est illicite, ses vêtements illicites, sa monture, illicite ? ». De la licéité de nos rémunérations, procède, également, l’acceptation de nos autres actes d’adoration.
Ensuite, nous ne devons pas perdre de vue que le travail est une adoration en Islam. Il est fait injonction au musulman d’œuvrer et surtout d’œuvrer de la belle manière pour se procurer les grâces de Son Seigneur et cela même pendant le Ramadan. C’est d’ailleurs en Ramadan que nous devons donner le meilleur de nous. La bataille de Badr est une belle illustration pour chacun de nous. Elle s’est déroulée en plein Ramadan et les musulmans étaient en nombre nettement inférieur par rapport au camp adverse mais ils ont remporté, par la grâce d’Allah, la victoire. Si le travail est une adoration, il doit s’accomplir avec sincérité et avec abnégation dans l’espoir d’un salaire licite et d’une rétribution auprès d’Allah. « Celui qui revient le soir tout fatigué pour avoir cherché sa subsistance de façon licite par le travail, voit ses péchés tomber comme les feuilles sèches d’un arbre », nous dit le Prophète.
Le musulman, alors, au service en train de bien accomplir sa tâche est comparable à celui, qui dans la mosquée, accomplit sa prière. Le bureau est, en ce sens, une mosquée. L’enseignant qui éduque ses élèves est en prière comme le médecin qui consulte ses patients tout comme le mécanicien, au bord de la voie, qui répare les engins de ses clients. Il en est ainsi pour tout travail qui a un caractère sacré.
NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI
Tel : 70 95 91 28
Email :nouscom@yahoo.fr

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