Relance de l’économie dans l’espace UEMOA Les chefs d’Etat décident de l’émission de bonds COVID-19

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a participé, par visioconférence, le lundi 27 avril 2020, à une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA) sur le COVID-19.

Au regard des conséquences sociales et économiques dues à la maladie à coronavirus (COVID-19) au sein de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA), les chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace ont décidé de l’émission de bonds COVID-19 et de la suspension du Pacte de convergence. Ces deux décisions ont été prises, hier lundi 27 avril 2020, lors d’une session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat de l’UEMOA, organisée en visioconférence à laquelle le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a pris part. Selon le président du Faso qui en a fait le point, les 8 pays de l’UEMOA enregistrent au total, plus 3 500 cas déclarés de COVID-19 dont 117 décès. Les efforts de chaque pays sur le plan sanitaire, a signifié le chef de l’Etat, ont été salués et l’ensemble des programmes agrégés s’élèvent à plus de 5 000 milliards F CFA mobilisés de façon interne et à travers les institutions de l’UEMOA et les partenaires extérieurs. « Des mesures ont été déjà prises au niveau de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest pour qu’il y ait de la liquidité afin de faire face au financement des secteurs privé et public. Il s’agit notamment de la possibilité du report d’échéance de 3 mois et celle pour les banques primaires d’être refinancées en liquidité par la banque centrale », a-t-il relevé. La mise en place de bonds COVID-19, d’une durée de maturité de 3 mois renouvelable une fois, a estimé le président Kaboré, vise à permettre aux Etats de mobiliser des ressources. « Les réflexions se poursuivent pour voir si ces bonds peuvent être renouvelables à souhait », a-t-il dit, avant d’ajouter que des orientations ont été données aux institutions de l’UEMOA, afin de mener la réflexion sur une longue durée. En effet, a-t-il expliqué, la réflexion actuelle s’est faite sur la base d’une fin de la pandémie d’ici au mois de juin. « Cette hypothèse nous amène déjà à un taux de croissance à 2,7% alors qu’il devait être de 6,6%. Sur la même période, nous aurons un taux d’inflation qui va évoluer jusqu’à 2% alors qu’il était prévu à 1,1%. Si la maladie se prolonge, nous serons dans une récession », a-t-il fait savoir.
Quant au Pacte de convergence UEMOA, il doit être en phase avec celui de la CEDEAO, permettant le contrôle multilatéral des économies avec des règles qui veulent par exemple que le déficit budgétaire n’excède pas 3%. « Au regard de la situation actuelle, la conférence a décidé de suspendre ce pacte en attendant qu’il puisse être rediscuté lors du prochain sommet en juillet 2020 à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire », a noté le président du Faso. Au titre des aspects sanitaires, les chefs d’Etat ont décidé d’une coordination des actions avec la CEDEAO à travers l’Organisation ouest africaine de la santé (OOAS) pour avoir une vision globale de la situation. Ils ont souhaité une coopération entre les ministères en charge de la santé, des transports et de la sécurité des différents pays, d’une part, la solidarité et la coopération entre les scientifiques, d’autre part, en vue du développement de l’industrie pharmaceutique et de l’amélioration des soins de santé en lien avec la pharmacopée traditionnelle.

Jean-Marie TOE

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