Levée des mesures restrictives : Le Premier ministre appelle à la vigilance

Le Premier ministre, Christophe Dabiré, à propos du coronavirus : « Chacun doit veiller à se protéger et à protéger les autres ».

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, s’est prononcé sur la levée progressive des mesures de restriction des libertés prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, le mardi 5 mai 2020, à Ouagadougou. A l’occasion, il a répondu à quelques questions des journalistes

A l’apparition du coronavirus, le gouvernement a pris des mesures restrictives de libertés pour endiguer la propagation de la maladie. Deux mois après, ces mesures sont en train d’être progressivement levées. A ce titre, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a toutefois indiqué, dans une adresse aux médias, le mardi 5 mai 2020, à Ouagadougou, que le COVID-19 demeure « un problème de santé publique au Burkina Faso et dans le monde ».

« En effet, après un temps d’observation de l’application des différentes mesures, le gouvernement a pris l’option d’une reprise des activités, dans le souci d’alléger les souffrances des populations, tout en maintenant le cap dans la lutte contre l’épidémie sur le plan national », a-t-il déclaré. A l’entendre, la réouverture des classes, des marchés et yaars et la reprise de certaines activités socioéconomiques a fait l’objet d’une concertation avec les acteurs concernés.

« Ces concertations que nous avons menées ont permis de prendre en compte des préoccupations et propositions de chaque groupe d’acteurs en vue de faciliter la mise en œuvre des décisions sur le terrain », a précisé le chef du gouvernement. Pour que la maladie ne connaisse pas un rebond, le Premier ministre a appelé au sens élevé de responsabilité de chaque citoyen. A l’occasion, il a rendu un hommage au personnel médical et aux jeunes volontaires dont «l’engagement patriotique» a permis de sauver des vies.

N’y a-t-il pas lieu de craindre un rebond de la maladie avec le réaménagement des mesures de restriction des libertés ? « C’est un risque que nous avons pris, mais il est calculé. Il faut que chaque Burkinabè comprenne qu’en ne respectant pas les mesures barrières, il peut être à la base de la propagation de la maladie », a réagi M. Dabiré.

Pour lui, si le port du masque a été généralisé et rendu obligatoire, c’est parce qu’il est un facteur de réduction de la contamination de la maladie à un taux de 70%. Et d’inviter la population à prendre conscience de la situation pour que l’allègement des mesures restrictives de libertés soit bénéfique. « Mais nous nous réservons le droit de revenir sur ces mesures. Et c’est un droit régalien », a-t-il
prévenu.

Est-ce la pression populaire qui a amené le gouvernement à un allègement des mesures restrictives de libertés ? Aux dires du Premier ministre, il n’en est rien. « A partir du moment où nous avons décidé la réouverture des écoles en étalant cela dans le temps, nous avons voulu faire en sorte que les élèves et les étudiants ne soient pas les premières victimes du coronavirus », a-t-il argué.

Il a précisé que ces décisions ont été prises à la suite des discussions avec les partenaires de l’éducation. Il en a été de même, a-t-il indiqué, pour les transports où les transporteurs ont eux-mêmes défini les conditions de la reprise de leurs activités. « Ceux qui manifestent dans la rue ne sont pas au courant des efforts faits par le gouvernement pour intégrer les préoccupations des populations aux décisions qu’il prend », a clarifié le Premier ministre.

« Force doit rester à la loi »

Le port obligatoire du masque est entré en vigueur le 27 avril dernier, mais l’on constate que beaucoup ne s’y conforment pas. Que comptent faire les autorités pour un respect de la mesure ? « Nous avons pris cette décision, parce que le port du masque peut contribuer à la réduction de la contamination communautaire de la maladie.

Pour le chef du gouvernement, le port du masque doit être respecté par tous.

Il y a une phase de sensibilisation pendant laquelle les gens vont s’adapter. Après cela, nous serons obligés de passer à une phase répressive, c’est-à-dire de contrôle du respect de la mesure parce que force doit rester à la loi », a détaillé le chef du gouvernement. Une crise de confiance est née à la suite de la gestion de la crise sanitaire au Burkina Faso au point que certains demandent la démission de la ministre de la Santé.

En réponse à ces appels à la démission, le Premier ministre a fait remarquer que presque partout dans le monde, tous les pays ont connu des difficultés dans l’organisation, la coordination et la réponse face à la pandémie. « Même ceux qui sont mieux organisés que nous ont connu des difficultés.

Ce n’est pas la responsabilité d’un individu, c’est une responsabilité collective. Les populations sont pressées d’avoir des réponses rapides à leurs préoccupations, mais le gouvernement essaie d’y apporter des solutions qui ne sont pas toujours satisfaisantes», a-t-il expliqué.

Et de reconnaître qu’il y a eu des dysfonctionnements au niveau de l’administration et du ministère de la Santé. Le Premier ministre a confié qu’un travail d’évaluation est en train d’être fait pour voir les limites dans la gestion de la crise sanitaire afin de renforcer le système de coordination de la lutte contre la maladie.

« Sauver l’année scolaire »

Des terroristes profitent de la situation du coronavirus pour gagner du terrain dans certaines régions. Que fait le gouvernement ? « Nous sommes tous responsables du fait qu’il n’y a pas de visibilité sur le travail que fait le Burkina Faso sur le front du développement et de la lutte contre le terrorisme.

Mais des efforts sont faits à différents niveaux », a répliqué Christophe Dabiré. Il a soutenu que la crise sanitaire a occulté les autres compartiments du développement socioéconomique. Selon lui, les départements en charge de la défense et de la sécurité continuent de faire leur travail dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Est-ce que le gouvernement a décidé de prendre langue avec les syndicats de l’éducation pour aplanir les divergences inhérentes à la reprise des cours ? Le ministre en charge de l’éducation nationale, d’après le Premier ministre, s’est entretenu avec les acteurs sur la réouverture des établissements. « Le ministre en charge de l’éducation nationale a rencontré une partie des syndicats sur la réouverture des écoles.

Il y a un certain nombre de syndicats qui ont fait une déclaration pour s’associer à la décision gouvernementale», a indiqué le Premier ministre. Dans le souci de désamorcer le front social, a-t-il souligné, une correspondance a été adressée au monde syndical pour l’inviter au dialogue gouvernement-syndicats et les responsables syndicaux ont promis de proposer une date. «Lorsque je suis arrivé à la tête du gouvernement, j’ai pris l’engagement d’apurer tout ce qui est passif avec les organisations syndicales. J’invite les syndicats de l’éducation nationale à faire en sorte que nous puissions sauver l’année scolaire», a-t-il rappelé.

Karim BADOLO

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