Reprise des cours : tous à la tâche !

Alors que le gouvernement met les bouchées doubles pour la reprise des cours dans les écoles et lycées après plus d’un mois et demi de suspension à cause de la pandémie du coronavirus, la polémique enfle et les critiques fusent de partout. En effet, depuis l’annonce de la réouverture des salles de classe progressivement à partir du 11 mai 2020 sur l’ensemble du territoire national, des voix s’élèvent pour critiquer cette décision.

La majorité de ceux qui sont contre la reprise estime que l’épidémie de coronavirus, qui a entrainé la suspension des cours et la fermeture des établissements, n’est pas encore totalement maîtrisée et que le retour des élèves dans un contexte pareil pourrait faire exploser les chiffres sur la maladie au Burkina Faso.

On peut comprendre aisément leur position dans la mesure où le coronavirus est une maladie très contagieuse et contre laquelle on déconseille les rassemblements. Mais il est aussi du devoir de l’exécutif d’envisager la reprise des activités dans le strict respect des mesures barrières. Cela pour éviter une paralysie totale du pays.

Dans le domaine de l’éducation comme partout ailleurs les différents acteurs doivent s’organiser dans ce sens. La dangerosité du coronavirus n’est plus à démontrer vu le bilan humain très lourd qu’il a provoqué depuis son apparition sur la planète en décembre 2019. Au total 3 660 829 cas confirmés dont 252 682 décès ont été enregistrés à travers le monde à la date du 5 mai 2020.

Le COVID-19 est une menace sérieuse, mais nous devons apprendre à vivre avec le virus en respectant les mesures visant à briser la chaîne de contamination à grande échelle. La réouverture des marchés et yaars, la reprise des activités des transports en commun et la levée de la quarantaine des villes du Burkina Faso ayant au moins un cas positif de COVID-19 attestent de cette réalité.

Les acteurs de l’éducation doivent unir leurs efforts pour créer les conditions nécessaires à la reprise des cours pendant cette période redoutable de coronavirus pour sauver l’année scolaire 2019-2020. Plutôt que d’entretenir une polémique inutile et de s’adonner à des critiques stériles. Le système éducatif burkinabè souffre déjà des conséquences énormes de la crise sécuritaire que connaît le pays du fait des attaques terroristes qui touchent la quasi-totalité des régions ces quatre dernières années.

En effet, à la date du 12 mars 2020, on recensait selon les données du ministère en charge de l’éducation nationale, 2 512 établissements fermés, obligeant 349 909 élèves et apprenants à rester à la maison et 11 219 enseignants et formateurs en arrêt d’activités pédagogiques avec pour corollaire des déplacements de populations et d’élèves. Hormis les graves conséquences d’une année blanche, un tel scenario pourrait être considéré comme une victoire pour les groupes terroristes qui verront ainsi accomplir l’un de leurs plans machiavéliques.

Les syndicats de l’Education et les organisations de la société civile doivent veiller à ce que les mesures annoncées par le gouvernement, telles que la distribution des masques aux élèves, aux enseignants et aux personnels administratifs, l’installation des dispositifs de lave-mains soient effectives avant le début des cours.

Les parents d’élèves, quant à eux, sont appelés à jouer un rôle très important par la sensibilisation de leurs enfants sur les dangers de la maladie et ce qu’il faut faire pour éviter d’être contaminé. Changer les habitudes n’est pas une tâche facile, surtout lorsqu’il s’agit des enfants, mais c’est le prix à payer si nous voulons mettre nos enfants à l’abri. Et chacun doit en prendre conscience, particulièrement les parents qui ont toujours considéré l’école comme un lieu pour se débarrasser de leurs rejetons à l’oreille dure.

Beyon Romain NEBIE
beynebie@gmail.com

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