Coronavirus au Burkina : Des stratégies pour continuer l’offre des services de santé

L’animatrice du projet ‘’C’est la vie’’, Bénédicte Kansono, en pleine séance de sensibilisation sur la SSR au Complexe scolaire les ‘’Orides’’ avant l’affection du COVID-19.

La maladie à coronavirus a contraint l’association SOS/Jeunesse et défis (SOS/JD) à réadapter ses actions de sensibilisation en matière de Santé sexuelle de la reproduction (SSR) et de Planification familiale (PF) au profit des jeunes et adolescents. Des initiatives de lutte contre la pandémie ont été mises en place.

Plus d’activités-terrain jusqu’à nouvel ordre, ni de regroupement de jeunes et d’adolescents pour des sensibilisations sur la Santé sexuelle de la reproduction (SSR) et la Planification familiale (PF). Celles de lutte contre les grossesses non désirées (GND) en milieu scolaire et non scolaire, l’abandon du mariage d’enfants et des Mutilations génitales féminines (MGF), ainsi que bien d’autres actions en faveur des communautés sont suspendues ou sont en stand by.

Des travaux réalisables, comme des rencontres de coordination et de finalisation de certains documents avec des partenaires, se font désormais à distance, à travers les médias en ligne et les réseaux sociaux. C’est la situation actuelle que vit l’association SOS/Jeunesse et défis (SOS/JD), depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Le chargé de projet SOS/JD, Etienne Koula, a expliqué qu’avant cette maladie, des thèmes étaient développés auprès des jeunes avec le projet ‘’C’est la vie’’, pour améliorer leurs connaissances en matière de SSR, de compétences en santé maternelle et infantile et de violences basées sur le genre.

Pour l’animatrice dudit projet, Bénédicte Kansono, des séances de causeries éducatives et des projections de films étaient également faites en milieux scolaire et estudiantin, avec des jeunes de 15 à 27 ans, scolarisés ou non. Elle a noté que dans ces deux milieux, nombreux sont ceux qui ne maîtrisent pas des notions sur la SSR.

C’est la raison pour laquelle, à son avis, leur santé est généralement influencée par un taux élevé de la prévalence au VIH/SIDA et aux IST, parce qu’il leur manque des informations pour se protéger. « Moi-même, je n’avais aucune information sur la SSR, parce que je ne savais pas que lorsqu’une fille était victime d’un viol, elle pouvait se rendre à l’hôpital 72 heures après l’acte et se rendre aussi dans une association de lutte contre les violences faites aux femmes», a avoué Mlle Kansono.

Elle a indiqué que lors des sensibilisations, les parents d’élèves pensaient que c’était une manière de pervertir les enfants, étant donné qu’eux-mêmes ne leur parlent pas de sexualité. « Nous ne faisons pas l’apologie. Notre objectif est d’amener les jeunes à changer de comportement sur leur vie sexuelle, en évitant les relations sexuelles précoces, qui sont souvent les causes des grossesses précoces et non désirées, suivies d’avortements clandestins et d’abandons scolaires», a-t-elle justifié.

A l’entendre, le message passe bien, car des étudiants sollicitaient des projections de films sur la SSR, lorsqu’ils ont des activités. Certains se déplaçaient jusqu’au siège de SOS/JD pour des conseils plus approfondis où ils sont souvent orientés vers les Centres d’écoute pour jeunes et l’ABBEF.

En cette période de pandémie, il est difficile, selon elle, d’aller vers les communautés pour des sensibilisations. « Nous sommes sur la phase II du projet, qui va consister à une campagne média et communautaire, mais avec le COVID-19, nous allons démarrer probablement les activités en juillet », a-t-elle précisé.

Le chargé de projet SOS/JD, Etienne Koula, a confié que l’association dispose de préservatifs et de pilules de renouvellement. « Les préservatifs peuvent être donnés à ceux qui le demandent mais pour les pilules de renouvellement, il y a une réglementation qui doit être suivie. Nous n’avons pas pour le moment, l’autorisation de prescrire ce contraceptif », a-t-il laissé entendre.

La championne SSR pour SOS/JD, Roukiattou Ouédraogo, a, pour sa part, regretté que malgré l’existence des services de SSR, les chiffres sur les GND restent toujours parlants. Il faudra que dans la lutte contre la propagation de la maladie à coronavirus, les jeunes adoptent des stratégies en associant aussi la sensibilisation sur la SSR.

« En tant que championne et société civile, nous menons des plaidoyers pour que des structures engagées dans la lutte contre le COVID-19 aient un accompagnement financier. Car beaucoup d’associations ont négocié avec leurs partenaires pour convertir les ressources commises à d’autres tâches, en achat de kits de lave-mains, de gels hydroalcooliques», a-t-elle souligné.

Une sensibilisation ‘’pointue’’

Mme Ouédraogo a affirmé qu’en manière de sensibilisation sur la SSR, il y a des jeunes consciencieux qui s’engagent réellement et qui veulent être des modèles. Par contre, d’autres captent difficilement les messages. « Nous ne pouvons pas rêver de changer le monde. Mais nous faisons le peu que nous pouvons apporter, afin qu’il y ait un changement de comportement des adolescents sur la SSR», a-t-elle souhaité.

Le chargé du projet, M. Koula, a fait savoir que pour la Planification familiale (PF), avec le projet ‘’jeunes femmes mariées’’, plus de 300 femmes ont été mobilisées dans la région du Centre et 300 autres dans le district sanitaire de Diapaga à l’Est, avec trois messages clés. Il s’est agi pour les acteurs du projet, de travailler pour que la jeune femme ne puisse commencer à procréer qu’à partir de 18 ans.

« Si la femme n’a pas atteint cet âge, un travail est mené avec les belles-mères et les maris, pour qu’elle puisse utiliser une méthode contraceptive jusqu’à 18 ans », a-t-il dit. Pour la 2e information, la femme devrait attendre au moins six mois, avant de penser à une éventuelle grossesse après une fausse couche.

Quant au dernier message, elle doit s’assurer de tous les autres paramètres par rapport à l’utilisation d’une quelconque contraception tel le counseling obligatoire pour la PF. « Nous accompagnons parfois les femmes avec des contraceptifs. Le projet aussi avait prévu un accompagnement auprès des zones ciblées et des femmes pouvaient bénéficier de ces méthodes », a justifié M. Koula.

L’insécurité grandissante et l’avènement du COVID-19 ont ralenti les activités de l’association dans certaines de ses zones d’intervention, mais des acquis, à son avis, ont été engrangés en matière de santé sexuelle avec tous les acteurs intervenants.

Afsétou SAWADOGO

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