Rester vigilant

Après la levée de la quarantaine des villes touchées par le COVID-19, le Premier ministre, Christophe Dabiré, a annoncé, le mardi 5 mai dernier, l’allègement des restrictions de libertés en vue de permettre la relance de l’activité économique.

Comme dans d’autres pays, le gouvernement a opté pour une reprise progressive et concertée des activités, « dans le souci d’alléger les souffrances des populations, tout en maintenant le cap dans la lutte contre l’épidémie », a précisé le Premier ministre lors d’une conférence de presse.

Cette démarche prudentielle se justifie amplement, car le moindre relâchement dans le respect des mesures-barrières et spéciales de restriction des déplacements peut être sanctionné par de fâcheux rebonds plus difficiles à juguler.

D’où cette nécessité de responsabilité collective. En somme, il ne faut pas baisser les bras, comme l’a souhaité le chef du gouvernement. En effet, les mesures étatiques contre le COVID-19 ont permis au Burkina Faso, jusque-là, de déjouer les sombres prédictions. Ceux qui ont prédit une hécatombe sur le continent se perdent aujourd’hui en conjecture, même s’ils n’en démordent pas pour autant.

En attestent les dernières prévisions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant l’Afrique qui reste, il faut le dire, le continent le moins touché par le COVID-19. L’organisation redoute jusqu’à 190 000 morts de la pandémie en Afrique.

Ces projections, à prendre très au sérieux, doivent motiver la prise de mesures encore plus volontaristes à l’échelle institutionnelle et communautaire pour vaincre définitivement la pandémie.

Le report de la reprise des activités scolaires et universitaires et le maintien des mesures spéciales telles que le couvre-feu réaménagé, la fermeture des aéroports de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, des frontières terrestres et ferroviaires, l’interdiction des cérémonies de mariage et de baptême regroupant plus de 50 personnes, peuvent s’analyser dans cette perspective.

Ces mesures permettent notamment d’envisager davantage les diverses implications d’une reprise coïncidant avec l’installation de la saison pluvieuse.

Deux cas emblématiques devraient guider les grandes orientations de ce processus graduel d’allègement a priori salvateur pour des secteurs vitaux de l’économie nationale.

Le Japon, premier pays à fermer ses écoles en fin février, les a rouvertes partiellement le 6 avril, avant de les refermer une semaine plus tard et de durcir les conditions de confinement à la suite d’une multiplication des cas de COVID-19.

Avec 1 086 cas, le Ghana a levé, le 20 avril, la mise en quarantaine de ses deux métropoles (Accra et Kumasi). Deux semaines plus tard, le nombre de cas a doublé au 2 mai (2169 cas), amenant ce pays à égaler statistiquement le géant Nigéria.

Si au Burkina Faso, il est encore trop tôt pour se faire une idée précise des premières évaluations après- allègement, les chiffres restent volatiles.

Le pays, malgré une relative amélioration des statistiques dont le taux de létalité, n’est donc pas à l’abri de rebonds, si les mesures-barrières ne sont pas respectées.

L’autre mesure-barrière spéciale à observer dans le processus d’allègement est la discipline, pour ne pas brûler par les deux bouts les résultats acquis. Car, ce serait bien dommage que l’on retourne à la case-départ.

Par Mahamadi TIEGNA

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